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VARGRAV - Netherstorm (2018)
Par ISAACRUDER le 26 Mars 2018          Consultée 1957 fois

Depuis la mort d'EMPEROR difficile de trouver de quoi se sustenter quand il s'agit de s'imaginer explorateur des Carpathes, la torche à la main, en quête d'un château antique où nous attendent des succubes et autres délices européens ancestraux. L'Empereur avait su créer cette atmosphère délicieusement magique qui fait la spécificité d'un Black Metal désormais vu comme kitsch, dépassé. Les claviers irriguaient la terre d'un souffle épique, tragique, tandis que les guitares cisaillaient l'espace comme un hiver éternel. On voudrait revenir dans ces mythes ténébreux, sans aucun doute, mais pas de panique, je vous donne la clef pour rouvrir le château du Comte : VARGRAV, projet finlandais sponso par des types de SATANIC WARMASTER, vient faire renaître la légende.

"Netherstorm" est certainement ce qui s'est fait de mieux depuis la mort de l'Empereur. VARGRAV apparaît de nulle part, comme un rejeton bâtard envoyé dans les steppes de Sibérie, qui vient réclamer son trône. Ou comme une créature infecte préparée dans les laboratoires du château gothique, héritier artificiel nécessaire pour l'Empereur stérile. Non, soyons clair, VARGRAV pourrait être un enfant légitime. Quand le riff d'entrée de "Shadowed Secrets Unmasked" s'élève comme une vapeur glaciale, c'est tout un univers qui apparaît. La peur des forêts de Roumanie, impénétrables. La mystique des fjords du Nord, les espaces glacés du Québec, la profondeur des bois allemands, pétris de contes. C'est le fantasme du vampire qui vient te choper la nuit, histoire de devenir Brad Pitt et de pouvoir jouer le décadent pour l'éternité. C'est la forteresse en haut de la montagne, gardée par des putains de gobelins, c'est un Nazgûl qui survole la Terre du Milieu sur un blast grandiloquent. VARGRAV fait ressusciter toute la magie du Black Metal originel. Il le fait si bien que son artwork est déjà une merveille, corpse paint, torche, neige, cuir et mollet-chaussette sur fond de logo-château : carré d'as, rentrez chez vous.

VARGRAV c'est EMPEROR mais en moderne, avec une production mi-catacombes mi-immensité des lacs de Sibérie. La puissance évocatrice d'un riff comme celui de "Limbo Of The Abysmal Void" est incroyable. Riff-serpent, riff-démoniaque, qu'on croirait sortir d'un roman de Lovecraft. Comme s'il détenait en lui les mystères des forêts scandinaves. En un riff, VARGRAV fait de son "Netherstorm" une merveille. À l'instar de MGŁA, son Black Metal est taillé pour et par le riff. Il dessine les monts, les arbres, les hautes tours, tandis que les claviers, subtils renforts de guerre, peignent cet univers de noir, de blanc, de rouge, de couleurs seulement connues des ténèbres. La batterie, elle, traditionnelle, donne le sentiment de traverser les abysses sur un dragon vitesse Mach VII, dans l'esprit d'un NAĐRA.

Si "Nertherstorm" est un album extrêmement véloce et puissant, force est de constater que VARGRAV peut aussi déployer un Black Metal plus mid-tempo sur l'excellent "Obidient Intolerant Ensnared", qui rappelle WOLVES IN THE THRONE ROOM dans cet aspect davantage contemplatif, les riffs comme de lentes processions dédiées à une divinité païenne. Puis les claviers envahissent l'espace. Plan fixe. La statue de la déité, au visage effacé par le temps, apparaît dans sa majesté. Elle se dresse immense comme feu le colosse de Rhodes. Les silhouettes encapuchonnées viennent y déposer leurs offrandes. À l'occasion, un petit sacrifice y est organisé, parce que c'est aussi ça la tradition, et ça paye pas de mine, un sacrifice, c'est autre chose que trois-quatre fleurs déposées sur un tombeau.

"Netherstorm" est un album qui ne contient aucune faiblesse, si ce n'est cette outro dispensable. Chaque titre vient apporter un chapitre nouveau à cette histoire fantastique. "Ethereal Visions Of A Monumental Cataclysm", bien plus grandiose, donne le sentiment d'écouter du WAGNER sauce Black finlandais. La splendeur des claviers, la puissance de la voix, les riffs incroyables et mémorables, tout concourt à nous précipiter la gueule dans la poudreuse, lancés par un Falcon décoré de corpse paint, nouvelle attraction touristique efficace qui permet de saisir d'emblée le spectacle éclatant devant nous. La nuit comme une toile de Van Gogh, les étoiles-supernovas qui quadrillent le tapis du ciel, les nuages comme des vagues qui dansent sur de l'asphalte, la neige linceul de mort sur un sol depuis longtemps oublié. Puis la roche qui s'élève en une montagne splendide, le pic terrifiant qui forme une lance défiant le ciel. À son sommet, le château décoré de la lune immense comme un oeuf de planète, et le tonnerre qui forme des blessures dans l'espace impérial. Du balcon de la plus haute tour du château on peut voir un homme. La main comme un calice tendue vers nos gueules ouvertes, il absorbe le tonnerre. Puis d'un mouvement ancestral et mystérieux, il s'en fait une couronne aux pointes acérées. De loin on devine ce qui est écrit dessus.

L'Empire contre-attaque.

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- V-khaoz (tout)


1. Netherstorm
2. Shadowed Secrets Unmasked
3. Limbo Of Abysmal Void
4. Ethereal Visions Of A Monumental Cataclysm
5. Obidient Intolerant Ensnared
6. Outro



             



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