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RINGS OF SATURN - Ultu Ulla (2017)
Par T-RAY le 18 Janvier 2018          Consultée 1175 fois

2017. RINGS OF SATURN joue enfin de la musique ! Sept ans après la sortie de son premier L.P. et avec trois albums studio au compteur, le groupe américain semble s'être en partie détourné de son Deathcore technique ultra-compressé pour geeks sur son quatrième opus, "Ultu Ulla". Un disque lancé sous son nouveau label, en l’occurrence Nuclear Blast. Et j’ai dans l'idée que celui-ci n’est pas pour rien dans le relatif éloignement des Californiens de leur “Aliencore” de départ… J’imagine très bien la signature du contrat entre les deux parties. “Bon, les gars, vous voyez le nombre de zéros derrière le premier chiffre ? Si vous voulez palper et enregistrer le nombre d'albums inscrit sur ce document, vous nous faites un peu de ménage dans votre style imbitable, là, parce qu’on vous a signés pour l’originalité du truc, mais pas trop non plus, faut que ça se vende !”.

Je suppute, mais il y une autre raison – certaine, celle-là – qui fait que ce qui est gravé sur "Ultu Ulla" ressemble davantage à de la musique qu'à ce que jouait auparavant RINGS OF SATURN. Cette raison, c'est Miles Baker, le jeune gratteux débarqué dans le groupe à vingt ans, en 2014, peu après la sortie du troisième album du combo, "Lugal Ki En". Non seulement le garçon est un bon technicien, guitare en mains, mais c’est surtout un musicien avec un grand M, au background varié et formé à l'européenne, en théorie comme en pratique. Dans une interview donnée à Metal Injection, Baker y exprime la volonté du groupe, à travers lui, de dépasser les frontières du style RINGS OF SATURN, en s’appuyant sur ses fondamentaux pour y adjoindre des éléments moins extrêmes et plus divers. “C'est une approche gagnant-gagnant”, affirme-t-il. Et l’on ne saurait lui donner tort, après avoir écouté puis assimilé “Ultu Ulla”.

C'est un tout autre RINGS OF SATURN qu’on y découvre. Un ROS qui aurait bouffé du Suédois tant la dose de Melodeath est désormais étonnamment forte dans sa musique, avec un supplément claviers fort bienvenu ! C’est flagrant dès l’ouverture de "Servant Of This Sentience", sur "The Relic"... Et tant d’autres. Le Deathcore déglingo du combo s’est atténué, s'est même fragmenté, permettant de mettre en relief à la fois un facette Death Mélo et une facette Metalcore. Et c'est tout bête, mais on a désormais l’impression que RINGS OF SATURN compose, et ne cède plus à son péché mignon passé : celui d’empiler riffs bourrins et breakdowns épileptiques sur des tempi fous. Avant, son “Aliencore” nous faisait visiter l'hyperespace à vitesse lumière, pour paraphraser les expressions d’une fameuse trilogie devenue octologie (spin-off exclus). Désormais, la musique des Ricains nous emmène à travers l’espace intergalactique en mode croisière, parfois, et nous laisse le temps d'apprécier la balade et d’admirer le paysage.

Si c'est à Miles Baker qu’on doit ce tournant stylistique, béni soit-il ! Car c’est peut-être ce qui pouvait arriver de mieux au groupe : évoluer profondément sans pour autant se révolutionner totalement. Oui, RINGS OF SATURN continue d’aimer immodérément la compression. Enfin, moins immodérément qu’avant mais toujours davantage que le commun des groupes de Metal. Mais elle n’est plus aussi étouffante qu’auparavant, cette compression, ni aussi néfaste à l'audition de ce qui se passe sur ce disque. Elle est plus mesurée, mieux employée, notamment sur une bonne partie des riffs rapides, et sur certains vocaux, comme les growls gutturaux de Ian Bearer, ça fait son petit effet inhumain (hmmm, "Parallel Shift" !) qui colle à l’amour immodéré que portent les Californiens aux extraterrestres de tout poil, si tant est que ces derniers fussent poilus.

Le côté compressé reste malvenu sur de grosses explosions de Deathcore technicobordélique comme RINGS OF SATURN en propose encore par-ci, par-là, (notamment sur l’extravagant "Margidda" ou le plus équilibré "Harvest") car l'on ne bite pas toujours grand-chose à l'avalanche de notes qui nous assaille, mais il s'agit là d’exceptions quand, autrefois, c'était la règle. Car, sur les quatre-cinquièmes de la durée de ce disque, ROS fait preuve de mesure, de parcimonie, d’intelligence dans l’emploi de ses différentes inspirations, de ses divers éléments stylistiques, de ses multiples effets sonores et procédés musicaux. Ouf, on respire ! L'élégant instrumental qu’est "The Macrocosm" en est l’exemple le plus admirable. 6'20 de voyage bigarré aux confins du Death Mélo, du Thrash, du Heavy, du Prog… Un morceau qui s’ouvre sur des guitares classiques hispanisantes et se conclut sur un piano tout en douceur.

En parlant d'instrumental et de guitare classique, le surprenant Miles Baker nous aura décontenancé (pour le mieux) bien avant "The Macrocosm", avec un "Unhallowed" joué de ce seul instrument, avec une inspiration qui semble tout droit provenir de l’Espagne baroque. J’exagère à peine ! L’un des plus beaux titres jamais composés par ce groupe de Deathcore qu’est RINGS OF SATURN n’a absolument rien de Metal ni de Core. Il faut l’entendre pour le croire. Une respiration qui se montrerait bien trop courte si elle s'était faufilée sur les trois premiers albums de la formation californienne, mais pas sur cet "Ultu Ulla" d’une grande variété. ROS y soigne tout, en particulier les intros de ses morceaux, à l’image d’un "Inadequate" assez mal nommé, lancé par une guitare toute flamenca, ou d'un "Harvest" qui démarre sur une sorte d’orgue de barbarie qu’on n’attendait pas là mais qui sert remarquablement au groupe à exposer d'emblée le riff principal du morceau.

Les riffs, bien mélodiques, et accrocheurs comme il faut, ça n’est pas ce qui manque à "Ultu Ulla". C'est simple, ils sont partout, dans quasiment chaque morceau : même un "Immemorial Essence", qui démarre comme tant d'autres titres issus d’albums précédents de RINGS OF SATURN, recèle de petits délices de mélodies tout en puissance. Si l’on a parfois encore l'impression d’entendre des passages musicaux extraits de jeux vidéo 16 bits (ou 32, quel upgrade !), c’est pour le meilleur plutôt que pour le pire, désormais. Car ces passages sont plutôt bien intégrés aux morceaux (ce clavecin si synthétique au beau milieu de "Prognosis Confirmed", par exemple). Et, de manière générale, dès que le quartette interrompt son élan pour offrir un break à l’un de ses membres, c’est davantage pour celui-ci l’occasion d’apporter une ambiance, une couleur supplémentaire, plutôt que pour une démonstration technique gratuite. Finie l’esbroufe, place à la musicalité. Il était temps !

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   T-RAY

 
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- Lucas Mann (guitares)
- Ian Bearer (vocaux)
- Miles Baker (guitares)
- Aaron Stechauner (batterie)


1. Servant Of This Sentience
2. Parallel Shift
3. Unhallowed
4. Immemorial Essence
5. The Relic
6. Margidda
7. Harvest
8. The Macrocosm
9. Prognosis Confirmed
10. Inadequate



             



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