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SLAM DEATH METAL  |  E.P

Lexique death metal
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FETAL DISGORGE - Rape, Degrade, Mutilate (2013)
Par T-RAY le 8 Août 2017          Consultée 731 fois

Chroniquer du Slam a-t-il un sens ? Poser simplement cette question en revêt-il un, d’ailleurs ? Le genre semble tellement exister par et pour lui-même, en dehors de toute ambition artistique ou culturelle par rapport aux autres familles du Metal, Death compris, qu’il faut, pour l'évaluer, ne l’examiner qu'à l’aune du Slam Death lui-même. Lui, et lui seul. Cette sous-branche du Brutal Death vit et évolue en autarcie, en autisme même, ce qui est d’ailleurs faire injure aux autistes qui, eux, peuvent être ouverts au monde qui les entoure plus facilement que le Slam ne s’ouvre au monde musical qui l’entoure. À trop s’ouvrir, en effet, le Slam risque de perdre son essence, ce qui fait que le Slam est Slam. S’ouvrir, c’est se pervertir, un comble pour un genre qui a fait de la perversion et de la perversité, dans l’image et dans le verbe, son fonds de commerce. Régressif, voilà ce qu’il est, et toute notion de progrès lui ferait abandonner ce qui fait son existence même. Le Slam Death fut, est, et sera inchangé. On (je) le chronique, donc, au seul regard de ce qu’il est et de ce qu’il a été. Avec pour grille d'évaluation ce qu’ont fait les aînés du genre, c'est à dire presque pareil que ce que font les cadets, les pupilles et les benjamins.

Tout est dans le presque, en fait, et ce presque est ce qui fait la différence entre le mauvais et le bon Slam. Il n'y a pas de “moyen” dans la (ma) grille de notation du genre, pas d'à-peu-près, pas d’entre-deux. Pas de 2 étoiles sur 5, c’est soit moins (souvent), soit plus (parfois) ou beaucoup plus (très rarement). FETAL DISGORGE est du côté du plus. Du moins sur son E.P. inaugural, présentement chroniqué. Pourquoi ? Parce qu’avec peu, les Américains font beaucoup. Exemple avec le tout premier titre de ce "Rape, Degrade, Mutilate", intitulé "Torturous Impregnation". Certes, le titre commence sur un tempo et des patterns de batterie typiques du Slam. Pas de quoi en faire l'élite du genre, jusqu’ici. La grosse voix de Kenny Palumbo survient assez tôt pour poser le propos, évidemment inaudible, mais c'est le jeu, ma pauvre Lucette. On a connu timbre plus abyssal, mais passons, car le coyote (il vient de l’Arizona) fera mieux par la suite. Question poids, FETAL DISGORGE fait dans le 32 tonnes, ce qui, encore une fois, n’a absolument rien d'original dans le genre.

Mais FETAL DISGORGE est un performer. La rapidité de pied du batteur, Trent Helsell, est évidente. Niveau poignets, le garçon n’est pas mal non plus. Et celui-ci est doté d’une réelle science du break et de l'accélération subite. Palumbo, en la matière, n'est pas en reste. Car le vocaliste est aussi guitariste. Et au beau milieu de ce premier morceau, l’ensemble des membres du groupe s’y mettent pour saisir l’auditeur à la gorge : vitesse de riff multipliée par 3, blasts furieux et basse… Ah non, pas de basse. C'est vrai : ils ne sont que deux musiciens, et pas vraiment multi-instrumentistes ! Mais ils maximisent et, à vrai dire, la production évite à l’auditeur distrait de ne pas se rendre compte de l’inexistence de la basse. De toute façon, l’absence de basse, sur un riffing aussi gras et des guitares aussi downtuned que celles de FETAL DISGORGE, passerait presque inaperçue même avec un son moins épais. Sur ce premier titre, le duo de Phoenix nous propose en réalité deux morceaux en un. À mi-chemin, la musique stoppe net et la voix d’un bon gros redneck se fait entendre, avec glaviot pour toute ponctuation, ouvrant une nouvelle partie, plus lourde et lente, plus typiquement Slam encore. Ce "Torturous Impregnation" est déjà riche d'enseignements sur les slammers de l'Arizona : il ne prennent pas de gants dans l’expression de leur agressivité, font preuve d’une réelle notion du rythme qui fait mal, et font beaucoup avec peu.

Traduire le titre suivant, "Raped In Fecal Matter", serait une gageure. Tout comme penser que la pratique forcée de la scatophilie puisse être inhumaine : doit-on encore rappeler que l'être humain est capable de tout et surtout du pire ? Loin de FETAL DISGORGE toute démarche pédagogique, cependant, le duo de Phoenix a pour unique but la surenchère et l’outrance. Pourtant ce second morceau est plutôt fin dans son exécution et prouve que les deux garçons ont un niveau supérieur au commun des slammers. Ce titre est un peu le parfait petit manuel du Slam Death résumé en un peu moins de quatre minutes. En faut-il réellement plus ? C'est sur un tempo plutôt andante puis un brin plus allegro (c'est beau l'italien sur du Slam, trouvez pas ?) que le titre démarre, avant qu’un break ne vienne calmer le jeu. En l’espace d’une vingtaine de mesures, FETAL DISGORGE en a déjà plus dit et montré que sur le morceau d'ouverture. Et à 1’30, voilà que le duo s’emballe et passe en mode (beaucoup) plus rapide, à coups de guitare tronçonneuse… pour mieux abattre une nouvelle cargaison de grumeaux sur l’auditeur quelques secondes plus tard. Le reste ? Du pur Slam Death dans les règles du lard, gras et roboratif. La juste bande-son pour des travaux de bûcheronnage… Ou pour bosser en abattoir.

Sur "Fetus Finger Puppets", FETAL DISGORGE mitraille d'entrée de jeu avant de repartir sur cet enchaînement typique du Slam : riff rouleau compresseur, accélération ultra-courte, re-riff rouleau compresseur. Le morceau part ensuite sur un plan Death bien Old School qui laisse à penser que le duo connaît ses classiques. Ce titre dévoile une certaine ambiance, délétère et pesante, dans laquelle on se sent pourtant bien. Un peu comme l’on se sent chez soi dans son salon le surlendemain d’une bonne petite sauterie bien arrosée entre amis, même quand il reste des assiettes sales de l’avant-veille sur la table, des bouteilles vides qui roulent en-dessous, des sous-vêtements dégueu qui traînent sur le canap’ et une odeur de graillon collée aux murs. C'est crasseux, mais c’est notre crasse, alors on s’y complaît. L'accélération finale est là pour nous rappeler de tout nettoyer… Au lance-flammes !

"Rabid Bathsalt Baby Injection", outre rappeler à quel point FETAL DISGORGE est vil dans son propos, est là pour nous prouver que l’on peut, dans un même morceau de Slam, être à la fois très rapide et soudainement lent, sans aucun tempo intermédiaire de l’un à l’autre. La voix de Kenny Palumbo y est encore plus broyeuse d'évier que sur les morceaux précédents, signe que le bonhomme en a encore dans le bide. Après l’insémination tortureuse, le viol scatophile, le démembrement comme jeu et l'infanticide, on se demande bien ce que FETAL DISGORGE nous promet comme réjouissances sur son premier L.P., sorti en juin dernier et dont je vous gratifierai naturellement de la chronique. Textuellement et picturalement, on peut d’ores et déjà s’attendre au pire. Mais musicalement, on peut certainement s’attendre à meilleur. Car le duo nous a déjà démontré son niveau technique le temps de ces quatre éruptions de pur Slam Death.

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   T-RAY

 
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- Kenny Palumbo (guitares, vocaux)
- Trent Helsell (batterie)


1. Torturous Impregnation
2. Raped In Fecal Matter
3. Fetus Finger Puppets
4. Rabid Bathsalt Baby Injection



             



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