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DANCE GAVIN DANCE - Mothership (2016)
Par PINPIN le 8 Février 2017          Consultée 1468 fois

Le metalleux n'est pas forcément plus tolérant que le non-metalleux. Ce constat est pour le moins surprenant, non ? Au contraire, les incessantes remarques sur ses goûts musicaux - le fameux "c'est que du bruit", l'indémodable "il gueule parce qu'il sait pas chanter" – subies par le metalleux aurait pu l'élever au-dessus de tout ça. Ce mépris pour ses goûts devrait l'avoir rendu apte à accepter qu'il ne puisse pas toujours comprendre les goûts musicaux d'autrui. Même si une Trap de LIL JON, un Brostep de SKRILLEX ou encore l'autotune de PNL lui font saigner les oreilles, il devrait tolérer qu'une autre personne puisse aimer ces groupes, et bien souvent, c'est cas.

Mais une irréductible frange des metalleux se complaît dans cette ségrégation imaginaire, plaçant les groupes de Metal appréciés au-dessus du reste, refusant qu'on les descende, dénigrant le Neo et le Post-Grunge tout en prenant parfois du plaisir en se mettant dans la position de victime : "Oh mon dieu, tous ces haineux envers A7X et METALLICA, c'est quand même pas très sympa".

Ah la la, je me moque, c'est pas cool ! Sachez que cette raillerie s'applique aussi à l'ancien moi, frustré du traitement moqueur réservé au Core - ça se voit à travers certaines chroniques. Mais c'est fini, à présent je ne vis que par cette citation d'un grand penseur contemporain, j'ai nommé Léo Grasset :


"La vrai tolérance c'est peut-être juste de s'en battre monumentalement les couilles."
(DBY#24)


Pourquoi cette introduction ? Eh bien c'est un encouragement à l'ouverture d'esprit parce qu'on va quand même parler du dernier DGD, groupe qui depuis quelque temps est parti très, très loin dans son délire Post-Hardcore fusion Bubblegum-Pop, Funk, Emo, Soul, Expérimental. Alors si "Mothership" ne vous plait pas et vous offense en tant gardien du bon goût musical, rappelez-vous ce que je serais en train de faire de manière monumentale s'il vous prenait d'écrire un commentaire rageux ou pas constructif.

Ce troisième album successif avec Tilian Pearson et sa voix suraiguë, parfois trafiquée, continue dans le style proposé par "Instant Gratification", une alternance de passages très Pop, légers, et de passages gueulés et intenses. Grâce à l'album live "Tree City Sessions" la performance de Tilian Pearson est enfin crédible, ce chanteur est réellement capable et doué, le vocodeur entendu régulièrement sur l'album est un choix stylistique, pas de la compensation. Ici Tilian ajoute parfois des pointes d'agressivité à son chant, habituellement doucereux et soyeux.

Je mets les projecteurs sur Tilian parce qu'il est l'une des deux variables vraiment attendues au tournant. A contrario le chant de Jon Mess est une institution, la batterie de Matt Mingus un point de repère, Will Swan est toujours aussi doué et sait s'entourer de bons musiciens et producteurs.

La seconde grande variable est l'inspiration de Will Swan et de DGD pour les compositions, sur ce plan le groupe semble intarissable, il y a même un surplus d'inspiration qui part dans des side-projects comme SECRET BAND ou SIANVAR. DGD assimile tout ce qui se fait de populaire en son temps et le recrache à sa sauce, pour moi ça en fait le groupe Pop le plus original de ces dernières années. La progression de DGD est à mettre en parallèle avec celle des BEATLES, d'abord proches des standards de leurs époques respectives, ils ont su expérimenter et développer leurs univers personnels au fur et à mesure des albums.

Bien sûr je suis très subjectif, j'adore le groupe et j'aime bien l'album. Celui-ci n'est pas surprenant mais remplit tous les critères d'un bon DGD : joyeux et pétillant comme c'est pas permis, varié, et sans prétention malgré le déploiement de technique. "Mothership" propose aussi quelques innovations, par exemple la flûte en intro sur "Young Robot" qui rappelle l'utilisation qu'en ont faite KING CRIMSON et JETHRO TULL. Autre nouveauté : un blast bien violent sur "Petting Zoo Justice", histoire de nous montrer pourquoi il y a le mot Hardcore dans leur description de groupe. Le break sur "Chocolate Jacktalope" est un ajout moins heureux, il faut apprécier l'autotune saturé, ce qui n'est pas encore mon cas, mais qui sait, un jour j'aimerais peut-être ces dix secondes de 1'34" à 1'44".

Évidemment l'album est rempli jusqu'à ras-bord de ces petits riffs guillerets façon Will Swan, trafiqués avec des pédales d'effets qui les rendent lumineux; encore heureux, c'est tout de même l'ingrédient de base de DGD. Autre élément traditionnel : les paroles absconses de Jon Mess, parmi lesquelles la palme revient à "I'm ridding a rhino pico de gallo", complètement idiot.

Pour les connaisseurs, ce "Mothership" est un classique de chez DGD. Pour les autres, oubliez tout ce que vous connaissez et écoutez cet album comme si c'était la première fois que vous entendiez de la musique.

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   PINPIN

 
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- Tilian Pearson (chant clair)
- Jon Mess (chant)
- Will Swan (guitare)
- Tim Feerick (basse)
- Matthew Mingus (batterie)


1. Chucky Vs. The Giant Tortoise
2. Young Robot
3. Frozen One
4. Flossie Dickey Bounce
5. Deception
6. Inspire The Liars
7. Philosopher King
8. Here Comes The Winner
9. Exposed
10. Betrayed By The Game
11. Petting Zoo Justice
12. Chocolate Jackalope
13. Man Of The Year



             



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