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DANCE GAVIN DANCE - Downtown Battle Mountain (2007)
Par PINPIN le 24 Janvier 2017          Consultée 1398 fois

En 2007, à Sacramento, le guitariste Will Swan fomente une tuerie. Certainement inspiré par HOT CROSS et THE FALL OF TROY, il prépare un album qui va influencer la scène et attirer les curieux : "Downtown Battle Mountain".

Alors ça sonne comment ? Le style pratiqué est nommé Post-Hardcore, terme générique indiquant seulement la présence d'éléments caractéristiques venus tout droit du Punk Hardcore (le chant hurlé, les tempos élevés) mélangés à d'autres styles, ici du Post-Rock, du Pop-Rock, voire de la Soul. On est donc assez loin du Metal, d'autant plus qu'il n'y a pas de grosses distorsions omniprésentes dans notre musique favorite. La musique pratiquée est technique (ne vous fiez pas au premier morceau "Untitled"), et très bien construite, tout en restant accessible. Cela dit, rien ne vaut une écoute de "Lemon Meringue Tie" pour comprendre.

Et qui est-ce qui joue ? Comme le temps l'a montré, les trois piliers de DGD sont Will Swan à la guitare, qui nous produit des riffs incroyables, sautillants et des mélodies poignantes, Matt Mingus à la batterie, véloce et novateur, et l'incontournable Jon Mess qui nous crie ses vers délirants avec force et conviction. Je passe vite sur la basse et la guitare rythmique qui font un très bon taf, pour me pencher sur le cas Johnny Craig au chant clair, probablement aussi bon chanteur qu'il est bon escroc et cocaïnomane. Mais sa personnalité n'intervient pas sur la qualité de son chant sur l'album. Craig a un don c'est sûr, il chante les mots, les tord et les étire dans un chant mielleux, maniéré, parfois Soul (*), reconnaissable entre mille – il atteindra des sommets dans EMAROSA.

Pourquoi cette chronique est-elle une FAQ ? Je ne sais pas, ça m'est venu sans y penser, mais c'est cool, tu peux la lire dans le désordre, t'as vu !?

Et l'album est si bien que ça ? Si on remet dans son contexte, vers 2007, le Metalcore, le Deathcore et le Post-Hardcore explosent, même si ces genres existent déjà c'est l'année où les groupes partent dans toutes les directions, et surtout : ça marche auprès du public. Bref dans ce lot de nouveaux groupes qui peuvent passer pour tous identiques auprès d'une oreille peu avertie DANCE GAVIN DANCE tire son épingle du jeu avec son style indie qui surpasse tout ce qu'a pu faire ALEXISONFIRE ou THE FALL OF TROY jusque-là. J'ai longtemps été de ceux qui pensent : "peuh ! Je vais pas écouter ça, c'est pas Metal, c'est pour les fillettes", eh bien c'est DGD qui m'a fait changer d'avis ! Pourquoi bouder son plaisir ?

Pourquoi pas cinq étoiles ? L'album est très réussi et homogène, il y a cependant peu de variation au niveau du son entre les morceaux. Disons que Will Swan a inventé une recette confortable dans laquelle il varie les mélodies superbes, les rythmes effrénés, les riffs, mais il n'ose pas encore s'aventurer trop loin, proposer des morceaux radicalement différents, ce qu'il fera plus tard.

Et la production ? Elle me parait bonne. Rien que ces lignes de basses qui sont bien mises en avant, ça dépote. Je suis pas pro mais je trouve que le mix est très lisible : on distingue très bien chaque instrument, notamment parce que ce n'est pas lourdingue contrairement à ce que veut l'habituel concours de bite (**) des années 2000-2010.

Les paroles, ça donne quoi ? Le Post-Hardcore c'est des textes intimistes, des copines perdues, de la drague, des sentiments. DGD n'échappe pas au cliché, en tout cas pour le chant clair, et ça ne m'intéresse pas des masses. Jon Mess, lui, gueule des trucs complètement absurdes, tout ce qu'il recherche c'est le rythme des mots et ça c'est marrant. Voyez plutôt ce qu'il nous raconte sur "Antlion" : "Carving out some lungs with a stake, Brontosaurus tracks, relax".

Les FAQ comprennent-elle une conclusion ? En théorie, non. Mais il faut quand même que j'en remette une couche sur mon amour de cet album qui véhicule bien des émotions en quarante minutes. Alors on met ses a priori de côté et on jette une oreille à "And I Told Them I Invented Time New Roman" pour avoir une idée du contenu d'un skeud auquel je mets quatre étoiles et demie !

(*) Pas sûr que ce soit le genre exact, peut-être RnB.
(**) Disto et breakdowns à bassdrop.

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- Jonny Craig (chant)
- Jon Mess (chant)
- Will Swan (guitare)
- Sean O'sullivan (guitare)
- Eric Lodge (basse)
- Matt Mingus (batterie)


1. Untitled
2. And I Told Them I Invented Times New Roman
3. It's Safe To Say You Dig The Backseat
4. Strawberry André
5. Lemon Meringue Tie
6. The Backwards Pumpkin Song
7. Antlion
8. Turn Off The Lights, I'm Watching Back To The Futu
9. Open Your Eyes And Look North
10. Surprise! I'm From Cuba, Everyone Else Has One Bra
11. 12 Hours, 630 Miles



             



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