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HAIL SPIRIT NOIR - Mayhem In Blue (2016)
Par PERE FRANSOUA le 30 Janvier 2017          Consultée 2776 fois

Chroniquer une nouveauté avec probité est un exercice périlleux. On manque souvent du recul nécessaire, sans compter que bien des disques requièrent maturations où se révèlent avec le temps. Les œuvres de HAIL SPIRIT NOIR en sont l'exemple type. Elles grandissent en vous et déploient tout leur suc avec le temps et le temps c'est Satan(*).
Il n'y a qu'à voir l'effet en perpétuelle mutation que me procure à chaque écoute leur très attendu nouvel album. En quelques semaines je suis passé par tout un tas d'états.

Tout d'abord ce fut un plaisir évident à retrouver nos Grecs fous et leur patte unique qui transpire malgré les vicissitudes de leur style. On se laisse surprendre par leur audace d'être encore plus Psyché et plus Prog qu'avant, presque jusqu'à l'indécence. On est également surpris par l'immédiateté de leur art devenu accrocheur dès la première écoute.

Les écoutes continuent et l'on en vient à trouver que le côté Metal extrême n'est plus aussi présent. Les blasts sont toujours là mais le cœur ne semble plus y être. A trop vouloir plonger l'art noir dans le Prog vintage il en ressort blanchi et affaiblit. Ce genre de groupe fonctionne en marchant sur le fil périlleux de l'hybridation audacieuse entre deux mondes opposés, or dès que l'on penche trop d'un côté on retombe au pays des groupes au style marqué édulcorant légèrement leur musique avec un style alien.

On réécoute alors les précédents albums, en particulier l'excellent "Oi Magoi". Les guitares y étaient plus en avant, l'écriture plus touffue. Eh oui, HAIL SIPIRT NOIR serait bien devenu trop soft, le côté sataniste et occulte devenant finalement un moribond cheveu sur la soupe Psyché-Prog.
On se dit que c'est dommage mais on continue les écoutes car les morceaux sont tout de même bien écrits et bien foutus. Tellement bien foutus d'ailleurs que l'ennuie relatif qu'on pouvait encore ressentir sur les deux premiers opus n'a pas lieu d'être ici.

En fait le disque est continuellement bon, chaque mélodie vous rentre dans la tête, chaque passage fait mouche.
On se rend compte alors que la mixture n'est pas si douce qu'on avait cru. Bien au contraire, le soufre est là, les blasts sont en nombre suffisant, la guitare au bon son vintage mord comme il faut, les textes sont particulièrement durs et vicieux et la voix extrême de Theoharis est vraiment géniale, bien rauque et haineuse tout en restant compréhensible.

Fichtre, bigre ! En fait cet album est une tuerie.

Dès le début "I Mean You Harm" ("je te veux du mal") met tout le monde d'accord en enchaînant les bons plans, d'un Rock Psyché endiablé plus sixties que jamais jusqu'au blast piquant. Des bonnes trouvailles sortent de partout, tel cet orgue Hammond à la fois Yé-yé et Batcave. Quelle efficacité, quelle variété dans ces 3 minutes 56 secondes ! On aurait presque envie de se repasser le morceau tout de go mais c'est trop tard car on a déjà plongé dans les volutes de fumée de "Mayhem In Blue" le titre éponyme qui nous fait dériver au large. Dans un océan de psychédélisme, l'excellent travail sur les claviers de Haris, principal compositeur, se révèle à travers des vagues de sons, flûte et autres bruitages. On retrouve avec joie la très belle voix claire de Dimitris Dimitrakopoulos, toujours crédité comme musicien de session même s'il accompagne avec brio le groupe depuis "Pneuma". On plane avec lui sauf quand la tempête rageuse venue des profondeurs se déchaîne et repeint en noir le kaléidoscope hippie. Orage et éclaircies s'alternent, tandis que le morceau serpent de mer se transforme sous nos yeux.
Les paroles de ce "désordre en bleu" évoque une apocalypse venue des eaux où les "baleines tuent les hommes pour leur graisse", écho à cette étrange pochette où l'on voit d'inquiétantes silhouettes, en cape et bec noir, sortir de la mer pour rejoindre la plage et faire sonner une cloche rouillée accrochée à une potence.

Difficile de tenter de décrire cette insaisissable anguille musicale, à peine posons-nous les mots que l'instant d'après nous sommes déjà loin. Et pourtant les titres gardent toute leur cohérence. Le meilleur exemple étant "Riders To Utopia" bâtit autour de quelques thèmes forts repris, transformés, en constante mutation et intelligemment agencés pour constituer une vraie chanson efficace.

Je pourrais passer comme ça chaque titre en revue tant ils sont réussis, variés et surprenants. Mais, non, ça ne se fait pas. Alors je me contenterai de vous dire que nos grecs font s’enchaîner avec une fluidité déconcertante les ambiances PINK FLOYDiennes planantes, le Metal Progressif, technique, mélodique et prenant que OPETH n'est pas capable d'écrire, et ces moments de furie Black, à la guitare sans disto et au blast d'une batterie organique, qui sont une marque de fabrique du groupe.
Oui nous sommes surpris et charmés par toutes ces trouvailles cohabitant à merveille avec le reste, de l'étrange ritournelle à la Yann Tiersen ouvrant "Lost In Satan's Charm" à la romantique ballade seventies, tous cuivres et cordes dehors, sur le conclusif "How To Fly In Darkness", en passant par la pression montante du vindicatif et tribal "The Cannibal Tribe Came From The Sea".

HAIL SIPIRT NOIR, étrange trio sans batteur fixe et soutenu depuis le début par un second chanteur en guest, vient de dépasser toutes les attentes avec ce troisième opus, inspiré, catchy, surprend et varié. Du haut de ces quarante trop courtes minutes "Mayhem In Blue" a de quoi mériter amplement une Sélection du site.
Plus les écoutes se multiplient et plus le verdict se confirme. Ce qui semblait déjà très réussi avant donne maintenant l'impression de n'avoir été que de bons brouillons dont l'essence trop étalé, trop diluée, avait besoin d'être reconcentré.
On pourrait leur reprocher d'avoir rendu leur musique plus accessible. Faux procès car elle en fait simplement meilleure. Elle gagne en impact et le plaisir n'en est que plus grand.

Note réelle : 4,5/5 car on a toujours besoin de laisser faire le temps et voir si le disque se bonifiera encore. A suivre...

(*)voir "Satan Is Time", 3ème morceau du second album "Oi Magoi". Voir aussi toute la théosophie reliant le Diable à l'enfer de la temporalité et de la matière, Satan étant le seigneur des Limites.

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   PERE FRANSOUA

 
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- J. Demian (basse, guitare accoustique)
- Theoharis (guitare, chant)
- Haris (claviers)


1. I Mean You Harm
2. Mayhem In Blue
3. Riders To Utopia
4. Lost In Satan's Charms
5. The Cannibal Tribe Came From The Sea
6. How To Fly In Blackness



             



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