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THRASH METAL  |  STUDIO

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COMANIAC - Return To The Wasteland (2015)
Par CANARD WC le 1er Décembre 2016          Consultée 803 fois

Le vieux EXODUS avait une sauvagerie bien à lui. Certes, SLAYER était brutal, ANTHRAX sympa, METALLICA incontournable etc. mais aucun autre groupe n’avait ce côté viscéral, limite frappadingue. Je parle bien du EXODUS de "Bonded By Blood", bien aidé par feu Baloff, Paul de son prénom. Tous les groupes de Thrash actuels aussi puissants, techniques, rapides fussent-ils, n’ont pas les mêmes relents, cette dangerosité qui trace une ligne sur le sol, séparant ce qui dérange d’un côté de ce qui ne l’est jamais. Même s’ils sont plus « tout » (violent, technique, brutal etc.), les groupes de Thrash actuels restent fondamentalement moins. Car il y avait cette espèce de folie qui balayait certains albums du genre (dont "Bonded..." hein), une conviction qui rend toute démonstration de force superflue à l’instar du regard d’un certain Anthony Perkins qui, à lui seul, renvoie à la niche toutes les cradingueries gore des slashers actuels. Alors souvent quand je « teste » par intermittence la récente production Thrash, je baille, puis je rêvasse aussi car j’aimerais retrouver ces sensations. Je donnerais cher pour un nouveau "Bonded..." ou un "Taking Over" ou tiens un petit "No More Color", mais non. Rien. Ne m’étonne, me transporte, me ravit. La plupart de temps j’entends du banal, pire cette absence d’imagination des jeunes loups qui me désespère (*). Pour un GAME OVER, il faut supporter 100 merdes en puissance. Alors parfois je contemple cet océan putride et, relevant mes manchons de Canard, je pars au charbon, me résigne pour vous à plonger encore et encore les mains dans le caca tel un Sisyphe de banlieue. Faut-il être maso, inconscient ou juste sourdingue pour continuer à s’infliger pareil traitement ?

Fermez les fenêtres, j’ouvre le gaz.
Non, attendez. Pas encore. Un instant, j’en tiens un ! Un bon album de Thrash récent. Pas un de ceux provenant d’un ressuscité du genre, non bien un nouveau petit groupe, suisse qui plus est (CORONER rules) avec un skeud à la hauteur d’un 3/5 les yeux dans les yeux. J’en reviens pas, je revis un peu même, c’est vous dire mon état de désespérance. Quoiqu’il en soit, ces quelques minutes de plaisir pourraient bien repousser de quelques années mon envie de passer l’arme à gauche.

Volontairement, j’ai évoqué EXODUS et feu Baloff Paul de son prénom car ce "Return To The Wasteland" (avec sa pochette moche indigne d’un add-on non officiel de Fall Out) fait inévitablement penser au regretté "Bonded By Blood" (l’album hein pas le groupe tout nouveau tout beau) avec donc de forts relents d’un certain "Kill..."/"Ride..." d’un obscur groupe de Thrash US dont on parle trop (cf. "…And There Is No Job"). Pour ma part, j’ajouterais bien que le nom du groupe m’a rappelé aussi ARTILLERY (et son album impeccable "By Inheritance") soit un autre bon présage, tant il est vrai que niveau production ça reste du bon boulot (rappelons que RASMUSSEN himself avait joué les presse-boutons à l’époque), qu’on retrouve du riff infernal à tous les étages et même une certaine solennité.

Toujours est-il que ce "Return..." est réjouissant, s’écoute avec plaisir de A à Z. Homogènement réussi donc, avec cette furia que Jonas Schmid draine à merveille à l’instar d’un certain feu Baloff Paul de son prénom mais je me répète. Les titres s’imbriquent bien les uns dans les autres, se succèdent harmonieusement avec même des petites idées un peu partout. On retrouve dans COMANIAC le « un peu de tout » qui fait le charme du Thrash qui tabasse (pléonasme), des breaks, des décélérations SLAYERiennes mais aussi des chœurs martiaux et surtout le retour des soli à l’ancienne très réussis ("1,2 Rage"). Le résultat agit comme un rouleau compresseur sur nos tympans ("Secret Seed" : le plus EXODUS-like) et réussit à retrouver l’esprit du genre ("Fist Of Friends") sans se départir des envies de vitesse et autres tout-azimuteries comme sur "Killing Tendancy". Les plus versés en Thrash ès qui encule trouveront sans doute que "Solitude" donne dans le OVERKILLien, preuve s’il en est que les petits suisses thrasheurs savent varier les plaisirs. Grand bien nous en fasse.

"Return To The Wasteland" porte bien son nom. Cet album est un retour sur les terres désolés du Thrash des temps anciens. Débordant d’énergie, COMANIAC donne un coup de jeune à tout ce merdier, à grands coups de riffs énergiques, on ressent cette envie de tout péter, de vous secouer les puces ce qui est philosophiquement parlant la mission principale du Thrash. Un tabassage en règle donc, option paire de baffes et le besoin pressant de réécouter rapidement la galette pour vérifier la puissance de ce qui vient de se produire. Par les temps qui courent, c’est toujours bon à prendre. Dommage que le trio de fin "Rake – Monsters – Flakhead" sentent un peu la redite, présente de légers signes d’essoufflement (d’où mon 3/5 intransigeant) et nous abandonne avec l’impression du ballon de baudruche qui se dégonfle un brin. Si on se quitte avec ces trois petits titres un peu en-deçà, on gardera le sourire aux lèvres tout de même.


Le Thrash est artistiquement décédé aux alentours de 1993. Une décennie de règne, quoi. Le Revival Thrash, s’il ne présente que peu d’intérêt dans l’ensemble, permet avec ce genre d’album de jouer un tantinet les prolongations. Alors, pour cela, merci à COMANIAC. Et aux quelques autres.

Note : 3,5/5.

Morceaux préférés : les sept premiers.
Morceaux moins préférés : les trois derniers.


(*) Je ne résiste pas à l’envie de vous citer mon Bukowski Charles de son prénom :

« Mes héros s’en sont à jamais allés, et je dois vivre avec mon époque. Avec les nouveaux créateurs, avec les célébrités du jour. Qui me touchent si peu. Je les observe, je les écoute, et je me dis : est-ce donc tout ce qu’ils ont à m’offrir ? C’est qu’ils paraissent si bien dans leur peau… Certes, je vous le concède, ils s’indignent… mais, tout de même, ils respirent la QUIÉTUDE. Aucune fureur ne les habite. La rage, on ne la trouve que chez les artistes ratés qui attribuent leur échec à la quelque sombre machination. Alors qu’ils ont merdé salement. Horriblement. Je n’ai plus personne sur qui focaliser si peu que ce soit. Même s’agissant de moi, je n’y parviens pas. »
(16 mars 1992)
« Le capitaine est parti déjeuner et les marins se sont emparés du navire »

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   CANARD WC

 
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- Jonas Schmid (chant et guitare)
- Raymond Weibel (basse)
- Cédric Iseli (batterie)
- Dominic Blum (guitare)


1. 1, 2, Rage
2. Secret Seed
3. Cut Throat
4. Fist Of Friends
5. Killing Tendency
6. ...and There Is No Job
7. Solitude
8. The Rake
9. Monsters Final Creation
10. Flakhead



             



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