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POST-BLACK METAL  |  STUDIO

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HARAKIRI FOR THE SKY - Iii: Trauma (2016)
Par LYRR le 21 Octobre 2016          Consultée 1591 fois

De tous les rejetons de la scène Post-Black germano-autrichienne, HARAKIRI FOR THE SKY fait figure d'exemple en matière de qualité. "Aokigahara", sorti en 2014, était une véritable bombe, un bijou de noirceur mélodique aux invités tous plus talentueux les uns que les autres : que du bonheur – ce qui est paradoxal lorsque l'on parle d'une musique qui ne véhicule que la douleur et la dépression. Deux ans plus tard est paru "III: Trauma", qui continue sur la lancée de son prédécesseur d'un point de vue stylistique. Mais en est-il le digne successeur pour autant ? La réponse est oui, sans hésitation aucune, et voici pourquoi.

Tout d'abord, avant d'analyser le contenu de l'album, un premier constat : il vaut mieux avoir son temps avant de se décider à se lancer dans l'écoute de ce disque, car il dure tout de même une heure quinze pour huit titres. Au moins, on ne pourra se plaindre de s'être fait avoir au niveau de la quantité par rapport au prix de l'œuvre (€8 sur Bandcamp, on a vu pire). Bien qu'il faille souvent se méfier des albums à rallonges – répétitifs, lents à se développer, inégaux ; les défauts potentiels ne manquent pas – "III: Trauma" ne verse heureusement jamais dans l'ennuyeux, porté par des riffs inspirés et un chant déchirant.

Il faut dire que M.S. et J.J. sont de bons musiciens. L'on n'a pas ici droit à un album joué avec les pieds – sauf la grosse caisse, s'entend – ou composé à la va-vite à grand renfort de riffs génériques réchauffés au micro-onde. Non, l'on ressent sur "III: Trauma" la même application que sur un disque d'AGRYPNIE ou de DER WEG EINER FREIHEIT, la même volonté de bien faire afin d'emporter l'auditeur vers des abysses musicaux aux reflets d'une noire profondeur.

Ensuite, il faut bien reconnaître à HARAKIRI FOR THE SKY une certaine maîtrise de la mise en place d'une progression musicale cohérente dans ses compositions. Sans tomber dans le Prog Metal à tiroirs, chaque titre parvient à développer sa personnalité à travers une structure solide aux multiples facettes, avec des changements d'atmosphères et des envolées mélodiques de toute beauté – écoutez donc "Thanatos" pour vous en convaincre. Certains se plaindront du côté "easy-listening" des titres ; oui, c'est du Post-Black bien propre, pas du Raw Black qui sent le vieux bouc et la chapelle brûlée. Mais il est important de préciser que l'on est à des lieues de DEAFHEAVEN et consorts : les amateurs de Metal extrême mélodique seront comblés par le talent de ces musiciens et la qualité de leurs productions.

Niveau variété des couleurs, il y a aussi de quoi plaire : "Funeral Dreams" balance entre puissance et mélodie ; "Dry This River" est teintée d'ombre et de tristesse, avec ses ambiances d'une douceur désespérée ; "Viaticum" transpire la douleur et la dépression… Il n'y a pas de moment de relâche : la qualité des titres est constante, ce qui participe grandement à la cohérence globale du disque et à sa capacité de captiver l'auditeur pour toute sa durée, ce qui est remarquable.

Au moment de lister les points négatifs du disque, je me sens bien emprunté : il y a honnêtement peu à dire. L'on pourra peut-être lui reprocher son monolithisme, qui peut s'avérer rédhibitoire si l'on n'est pas un inconditionnel du genre. Ou bien encore le manque d'audace créative : tout est fort bien exécuté, mais peu novateur dans l'ensemble. Et, finalement, si J.J. avait fait le choix de chanter en allemand plutôt qu'en anglais, tout aurait été presque parfait : les intonations de la langue de Goethe se marient particulièrement bien au chant hurlé de type Post-Black – il suffit d'écouter les performances de Seuche de FÄULNIS ou de Torsten d'AGRYPNIE pour s'en convaincre. Mais là, on est dans le chipotage.

C'est donc avec enthousiasme que je vous recommande l'écoute de "III: Trauma". Que des bons titres, pas de temps morts : on tient sûrement là l'un des albums les plus convaincants de l'année. Bien loin des poncifs du genre, HARAKIRI FOR THE SKY signe ici une œuvre riche en contenu, très professionnelle et sans faiblesse véritable. Il ne lui manquait qu'une petite étincelle d'audace, celle que l'on retrouvait sur "Aokigahara", pour pleinement s'imposer. Bref, que du bon.

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   LYRR

 
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- M.s. (tous les instruments)
- J.j. (chant)


1. Calling The Rain
2. Funeral Dreams
3. Thanatos
4. This Life As A Dagger
5. The Traces We Leave
6. Viaticum
7. Dry The River
8. Bury Me



             



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