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2013 Amends

THE FALL OF EVERY SEASON - Amends (2013)
Par LYRR le 15 Avril 2016          Consultée 463 fois

Sur la photo de classe du Melodic Doom/Death des années 2000, les mastodontes comme SWALLOW THE SUN, GHOST BRIGADE ou SATURNUS occupent les premiers rangs, faisant de l'ombre à la foule de petits chevelus un peu timides qui peinent à faire apparaître leurs frimousses face à l'objectif. Et ils sont nombreux, ces laissés pour compte du Doom : venus de la terre entière, ils font tout pour que l'on remarque d'une manière ou d'une autre leur présence à grand renfort de riffs écrasants et de mélodies mélancoliques. Las ! Seule une poignée d'en eux arrive vraiment à se démarquer et mérite que l'on s'attarde plus longuement dessus grâce à l'intérêt que parviennent à susciter leurs créations.

Mais, lorsque l'on regarde la photographie de plus près, il arrive que l'on se sente un peu indécis : ce groupe joue-t-il dans la cour des grands ou n'est-il fait que pour rester au maximum dans une semi-pénombre, ni vraiment visible du grand public, ni entièrement inconnu ? THE FALL OF EVERY SEASON, vous l'aurez compris, en fait partie. A l'heure où j'écris ces lignes, ce one-man band norvégien existe depuis plus d'une décennie et n'a produit que deux albums à six ans d'intervalle, ce qui n'est pas beaucoup – il faut bien dire que le sieur Marius Strand, seul homme derrière tous les instruments et le micro, semble être bien plus actif au niveau de l'ingénierie musicale, du mixage et de la production, ayant collaboré via son entreprise « Strand Studio » avec des groupes comme CHROME DIVISION, DEN SAAKALDTE ou encore SOLEFALD, ce qui n'est pas rien. Un homme qui a l'air bien occupé, donc une productivité réduite pour son projet musical solo.

"Amends" est donc le second album de THE FALL OF EVERY SEASON. L'on y retrouve une atmosphère calme et mélancolique qui ne diffère pas de ce que l'on pourrait entendre sur un disque de SATURNUS, avec une présence instrumentale marquée et de longs instants durant lesquels le chant laisse sa place aux guitares et claviers. Les instrumentations sont plutôt réussies ; pas très originales, mais de qualité tout à fait acceptable. Par contre, ce n'est pas au niveau de ses performances vocales que Marius se distingue sur ce disque. Des growls standards, du chant clair faiblard : il veut jouer le Mikael Åkerfeldt (OPETH) ou le Mikko Kotamäki (SWALLOW THE SUN) sans toutefois parvenir à leur niveau de maîtrise, et cela a pour conséquence que les parties chantées – surtout en clair – en deviennent le gros point faible de l'album. Ce qui aurait dû être contemplatif est lancinant, ce qui aurait dû être émouvant est ennuyeux ; cela est dommage pour le reste de la musique. Les passages en growls peuvent être bons, mais Marius n'a définitivement pas une voix entraînée à chanter de manière non gutturale, et son timbre finit par agacer quelque peu sur la durée.

De plus, étant donné que toutes les quatre chansons – "A Portrayal" est un instrumental – ont une durée de plus de dix minutes, il y a immanquablement des longueurs qui s'installent çà et là – par exemple au milieu de "Come, Waves" ou à la fin de "Sole Passenger" ou d'"Aurelia". Ces longueurs sont surtout dues à des passages acoustiques à prédominante instrumentale qui semblent ne pas évoluer, ne pas avoir de but ou de sens à transmettre à l'auditeur ; ils se veulent atmosphériques, mais leur répétitivité peine à captiver l'attention.

Les soli de guitare – notamment sur "Come, Waves" –, eux, sont plus heureux car plus intenses ; leur présence aurait gagné à être favorisée en lieu et place d'autres moments soi-disant d'ambiance mais exempts de tout relief. Il y a des bonnes choses qui méritent d'être soulignées : "The Mammoth" est assez efficace, "Sole Passenger" a quelques beaux passages Doom/Death, et le riff principal d'"Aurelia" n'est pas mal du tout, assez mélodique et expressif. Mais dès que le chant clair arrive, tout s'effondre : l'on peine à continuer à suivre la progression de la musique et à profiter des idées qui sont développées ; à ce niveau, le refrain d'"Aurelia" gagne certainement la palme de l'agacement.

La cohabitation malheureuse du bon et du moins bon est ce qui prétérite l'appréciation de l'album : l'excès de faiblesses érode ses qualités, et son écoute en devient peu intéressante. Ni très original, ni franchement mauvais, même si "Amends" n'a pas de quoi convaincre grâce à sa substance créative, il n'est pas non plus à mettre au rebut : il fera un fond sonore tout à fait convenable lors d'un dimanche après-midi pluvieux consacré aux loisirs domestiques de type littéraire. Certains lui trouveront sûrement des charmes délicats là où je ne perçois que la manifestation d'une languissement certain ; si votre oreille est sensible aux inclinations poétiques un peu maladroites, laissez-vous tenter, vous y trouverez probablement votre compte.

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- Marius Strand (chant, tous les instruments)


1. Sole Passenger
2. The Mammoth
3. A Portrayal
4. Aurelia
5. Come, Waves



             



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