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2011 The Thousandfold Epic...
 

- Style : Blood Ceremony, Luciferian Light Orchestra, Jess And The Ancient Ones, Spiral Skies
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The DEVIL'S BLOOD - The Thousandfold Epicentre (2011)
Par WËN le 5 Mars 2016          Consultée 2059 fois

2009. Sorti de quasiment nulle part et sans autres signes avant-coureurs qu’un couple d’EPs, THE DEVIL’S BLOOD venait mettre un sacré bordel sur la scène néerlandaise – et Metal en général - avec son premier opus "The Time Of No Time Evermore". Dur d’être passé à côté du phénomène d’Eindhoven tant leur rock-psyché abrasif teinté d'occultisme et leurs messes grandiloquentes à forte teneur en hémoglobine et autres artifices sataniques ont pu défrayer le petit monde de l’underground. La tribu Lemouchi (Farida ‘The Mouth Of Satan’, chant et Selim ‘SL’, guitares) et leurs comparses, directement inspiré des travaux de COVEN et, dans une moindre mesure, de BLACK WIDOWS et du SAB', vont ainsi rapidement s’imposer comme les leaders, ni plus ni moins, de ce revival rock occulte à chant féminin (aux côtés de BLOOD CEREMONY, outre-Atlantique, qui débarquent à peu près au même moment, mais encore un peu hésitant quant à sa direction à l’époque).

Toujours sous l’égide de Ván Records (et de Metal Blade pour le marché d’outre Atlantique), il n'aura guère fallu qu'un couple d'années - mais 11 mois d'enregistrement tout de même - à la troupe néerlandaise pour nous présenter le successeur de son premier méfait. Si "The Time Of No Time Evermore" se voulait un sulfureux recueil de petits brûlots pour la plupart immédiats et maladivement addictifs, le moins que l'on puisse dire de ce "Fire Burning" de single lâché en avant-première, c'est qu'il ne saurait lui non plus manquer d'attiser la flamme de tout amateur de ce hard si délicieusement occulte et borderline. Foncièrement Heavy et suppléé d’orgues vintages, ce titre enchaînant peu ou prou là ou l’opus précédent se terminait, n’a au final d’autre but que de rappeler le combo au bon souvenir de ses plus fervents servants au moment où "The Thousandfold Epicentre" déboule dans les bacs.

Pourtant … Malgré ce morceau accrocheur et alléchant s’il en est, l'envie de THE DEVIL’S BLOOD de s'envoyer en l'air en d'inexplorés horizons avec ses nouveaux acolytes (le quatuor s'étant fait sextet), va vite se révéler tant inéluctable qu'incontestable. Et pour cause : les p'tits bataves, par une approche proposant de nets changements, nous balancent, là, comme ça, sans prévenir, de nouvelles et déjà bien jolies choses. Via quelques grooves célestes irrésistibles ("On The Wings Of Gloria", "The Madness Of Serpents", "Cruel Lover") et son lot d’envolées mélodiques so '70s (l’énergique "She", "Fire Burning", le court solo de "Die The Death"), le groupe se propulse dans de toutes autres dimensions, se démarquant nettement de ses influences. Longtemps autoproclamé 'groupe hommage' aux formations citées en introduction, TDB s’émancipe enfin pour nous faire part ici de ses véritables talents d’orfèvre. Et laissez-nous vous dire que lorsqu’il s’agit de nous tailler une pépite à l’éclat intemporel, le combo ne fait pas dans la demi-démesure. Preuve en est avec cette grandiloquente pièce fleuve éponyme, véritable chef d’œuvre de composition, épique et bourré de feeling, parfois proche de la BO de film (n’y décelez-vous pas une saveur toute Morricone là-dedans ?) se révélant, par ses multiples rebondissements et ses guitares inspirées, simplement parfaite en ses moindres détails. D’ailleurs, son enchaînement à ces autres petites perles que sont "She" et "Fire Burning" est SIMPLEMENT l’un des tous meilleurs moments du genre qu’il m’est été donné d’entendre (et si vous connaissez mieux, s'il vous plaît, partagez) ! Même les mélodies nocturnes posées et plus ambiancées de "Everlasting Saturnalia", prouvant que F. a travaillé son chant, parviennent encore à faire mouche après un tel déluge d’idées.

D’une manière générale les compositions s’étirent et gagnent résolument en prestance. Sous des dehors plus lisses, la production se veut dans l’ensemble bien moins rêche qu'auparavant dans la tessiture de ses guitares. Et même si les quelques résiduelles volutes de souffre qui nimbent ces "Die The Death" et "Within The Charnel House Of Love", voire ce fameux "Fire Burning", semblent tout droit extraites des bouillonnants clubs de ses débuts, THE DEVIL’S BLOOD, tout en parvenant à conserver la fraicheur de ses refrains, parait dorénavant désireux de privilégier l’imprévisibilité de ses breaks à l’immédiateté de ses structures, rompant la ronronnante uniformité que pouvait parfois laisser transparaitre "The Time Of No Time Evermore". Pourtant dans sa ferveur occulte, le groupe n’a rien perdu de sa verve et reste plus que jamais fidèle à sa ligne de conduite (SL racontant à qui veut bien l’entendre que Satan le guide tant dans sa vie que dans son processus créatif). Cet artwork si délicieusement sobre d’apparence (ouvrez seulement le livret pour juger de la réelle folie qui habite cette œuvre) est d’ailleurs là pour nous affirmer que TDB, plus que jamais, se plaît à jouer de la dualité de sa musique et du message ambigu qu’il aime à tirer de celle-ci : Là, un refrain travaillé et diablement efficace, ici, une ode à Satan. Tout va bien.

Seule ombre au tableau, cette interminable incantation d’un quart d’heure qui conclut par un demi-flop, une œuvre intelligemment et prestement menée. En effet, "Feverdance, déroulée en un long crescendo (d’ailleurs plutôt efficace dans ses dernières minutes, tous clavier dehors), demeure tellement longue à se mettre en place, qu’il ne sera malheureusement pas rare de décrocher passé les soixante premières minutes du disque (une durée d’ailleurs plus qu’honorable). Une inélégance sans gravité mais d’autant plus regrettable que le break planant de "The Madness Of Serpents" se retrouvait à faire amplement le boulot, sa brusque décélération psychédélique offrant un final idéal sans besoin d’embrayer sur cette ultime expérimentation. Quitte à mettre en parallèle les pièces de clôture de ses deux disques, l’ambitieuse et psychédélique "The Anti Kosmik Magick" (11:11 au compteur) en charge de boucler son aîné s’avérait être, elle, un franc succès.

Mais ce n'est pas ce léger écart qui empêchera THE DEVIL’S BLOOD de toucher au divin via cet album qui, dans son genre, frôle le statut de chef d’œuvre. Néanmoins, nous nous devons de souligner que ce "The Thousandfold Epicentre" a déchiré les aficionados du combo en son temps, d’aucuns criant au génie tandis que d’autres s’indignaient de sa facilité d’accès au détriment de la fougue corrosive de ses débuts, preuve s’il en est que le groupe aime à diviser. Dur de trancher à propos de cette maligne évolution tant les deux albums possèdent leurs qualités propres, mais sachant que Selim et sa bande ne pouvaient se permettre de se répéter (un clone de leur premier jet n’eut bénéficié que de peu de crédit), cette richesse musicale ainsi exacerbée assure à TDB une domination pour le moment toujours incontestée dans son créneau. Mieux, cet album aura un effet catalyseur sur une scène rock-psyché/occult/revival encore éparpillée et, en enfonçant bravement quelques portes, permettra à une myriade de formations tant talentueuses que prometteuses (JESS AND THE ANCIENT ONES, SABBATH ASSEMBLY, DEMON INCARNATE, LUCIFERIAN LIGHT ORCHESTRA, MOUNT SALEM et bien d'autres) de s’offrir une place sous le soleil (de Satan). A suivre …

4,5/5.

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- F. (chant)
- Sl. (guitare, claviers, compositeur)
- R (guitare)
- J. (basse)
- M. (batterie)


1. Unending Singularity (intro)
2. On The Wings Of Gloria
3. Die The Death
4. Within The Charnel House Of Love
5. Cruel Lover
6. She
7. The Thousandfold Epicentre
8. Fire Burning
9. Everlasting Saturnalia
10. The Madness Of Serpents
11. Feverdance



             



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