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BRUTAL DEATH TECHNIQUE  |  STUDIO

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PSYCROPTIC - The Scepter Of The Ancients (2003)
Par DARK MORUE le 25 Novembre 2013          Consultée 2861 fois

J'aime ce moment où tu te prépares à écrire sur un album totalement intouchable.
Genre tu te sens tout petit, tu écris l'intro fébrilement, en tremblotant, tout timide, de peur de dire n'importe quoi et de te faire brutalement corriger en commentaire par un fan hardcore (et je peux vous dire qu'il y en a, et non je refuse de nommer le guitariste de CEREVISIA parce que je l'aime pas et son groupe c'est de la merde, d'ailleurs je lui dédicace pas du tout cette chronique).
Maintenant PSYCROPTIC tout le monde connaît. Au moins "entendu parler", vu la place énorme que le groupe occupe au sein du petit monde du Brutal Death Technique. Et si ce groupe s'est vu à ce point propulsé sur le devant de la scène, c'est avant tout grâce à cet album (ainsi que le suivant) qui fait totalement oublier le précédent effort.

Parce que cet album a quand même son importance historique. Suffit de regarder l'année de sortie : 2003. Il se passait quoi à ce moment ? Le Death Metal en pleine résurrection. Comme tout le monde le sait, le genre dominait totalement le début des années 90 avant de se faire brutalement pourrir la tronche par le Black Metal en milieu de décennie, pour se faire bouder et galérer (suffit de voir le nombre de groupes de Death Old School qui se tournaient vers le Stoner ou des trucs plus mélodiques à ces moments-là) et finalement revenir en force avec l'avènement du Brutal Death Technique. On a eu NILE, on a eu NECROPHAGIST, on a eu HATE ETERNAL, et pour enfoncer le clou, PSYCROPTIC. Voilà pour la petite parenthèse culturelle signée Captain Obvious. Plus qu'à expliquer pourquoi cet album déchire à ce point, et là pour le coup ben c'est pas évident à écrire tellement que tout y est naturel.

PSYCROPTIC a ici une belle longueur d'avance sur tout le monde et nous livre le parfait modèle, le Brutal Death Technique à l'image de celui qui sera joué partout 5 ans plus tard. Tous les éléments du premier album réunis et boostés à mort. Cette fois pas de problème de production, même la batterie est juste magnifique et nous dévoile le jeu à pleurer de David Haley (allez écouter "Battling The Misery Of Organon" et tentez de chialer en rythme). Véritable leçon de virtuosité en tous instants, et cette fois portée par un chant génial partant dans tous les sens (et vas-y que ça growle, que ça gruike, que ça hurle, ou que ça envoie des sortes de cris gras de gargouille qui s'étrangle), qui nous sert surtout tube sur tube. Parce que ouais, c'est ultra technique, c'est injouable pour le commun des mortels, mais le but n'est pas ici tant de se toucher le manche qu'en coller plein la tronche à celui qui écoute.
Genre un des morceaux les plus emblématiques depuis passé à postérité, "Skin Coffin". La séquence blastée à fond de chez à fond totalement épique, les riffs épileptiques qui font tous les détours possibles pour quand même converger vers un même point, les enchaînements de notes circulaires, gros lattage de tronche tout en ambiance épique grandiose en sachant rester intimiste. Avouez que ça a de la gueule, que c'est beau, et surtout que c'est typiquement le genre de trucs que quand un groupe nous sort ça, on sait pas où il est allé le chercher. L'inspiration, c'est beau quand même.

Les morceaux cultes de l'album ? Tout le monde les connaît maintenant. Les "The Colour Of Sleep" et son intro d'une lourdeur cataclysmique à la progression d'intensité parfaite, l'ultra catchy au riff désormais culte "Laceratine Forest" ou le très brutal et astral "A Planetary Discipline" sont désormais à juste titre connus de tous les fans de Brutal Death Technique qui se respectent. Et pour cause, tout y est. L'efficacité, la précision chirurgicale avec un niveau technique qui dissuade tout le monde de tenir un instrument dans ses mains, un écoulement tout à fait naturel des événements, et surtout ben... de l'émotion. Dans du Brutal Death Technique, oui. Rendue possible par une production absolument pas plastifiée qui rend le tout très organique, humain. Parce qu'ici c'est joué avec les tripes, c'est viscéral, sans trucage. Furieux, plein de sueur, et distillant une ambiance sombre, d'une forêt d'un noir d'obsidienne en feu, tout en puissance et en grandeur. Et merde, les passages en chant clair intégrés à "The Valley Of Winds Breath And Dragons Fire" catapultent encore le tout dans la stratosphère pour notre plus grand bonheur ! Quoi, comment ça ça veut plus rien dire ? Dualité schizophrène ? Ben oui, c'est ça qu'est bon.

Il est dur de parler d'un tel album. Trop d'informations, trop de choses à ne pas passer sous silence. La complexité, la précision chirurgicale mais surtout la dimension purement humaine, le fait que pour une fois dans du Brutal Death Technique on n'ait pas l'impression que ce sont des robots qui jouent mais simplement des virtuoses donnant une impression presque """garage""" (oui notez les bons gros guillemets), la proximité avec les musiciens qui jouent devant nous, mais au milieu d'une forêt extraterrestre en feu peuplée de créatures difformes. Une ambiance donc quelque peu unique et déroutante, mélangeant tout et n'importe quoi en faisant cohabiter leads spatiales, gros riffs qui savatent la gueule et virées de technicité à s'en décrocher la mâchoire.
Rien que comparer un "Psycrology" doucement ambiancé ou un titre final qui fait rejaillir une forte influence CYNIC à un brûlot comme "Cruelty Incarnate" qui sait taper là où il faut en tordant les membres jusqu'à la fracture et en faisant tournoyer ses riffs prouve aisément à quel point on trouve de tout ce qu'il faut.

Alors abandonnez-vous. Foncez sur cette pierre angulaire du Brutal Death Technique. Cet album culte quelque peu boudé, qui emporte davantage un succès d'aura que d'estime, rayonnant encore sur toute la scène actuelle bien que méconnu des fans de tous les DECREPIT BIRTH, ODIOUS MORTEM ou SPAWN OF POSSESSION, ces derniers n'en étant pourtant qu'une suite logique ayant foncé dans la brèche à ce moment-là entrouverte.

Un album tout simplement indispensable pour comprendre d'où sort la scène actuelle du genre. Et accessoirement l'une de ses meilleures réalisations. Voilà.

"The Scepter Of The Ancients" : L'un des grands albums des années 2000, ayant grandement participé dans l'ombre à l'avènement d'une scène désormais plus qu'établie...

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- Matthew 'chalky' Chalk (chant)
- Joe Haley (guitare)
- Cameron Grant (basse)
- David Haley (batterie)


1. The Colour Of Sleep
2. Battling The Misery Of Organon
3. Lacertine Forest
4. Psycrology
5. Skin Coffin
6. Cruelty Incarnate
7. The Valley Of Winds Breath And Dragons Fire
8. A Planetary Discipline
9. The Scepter Of Jaar-gilon



             



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