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DEATH CONCEPTUEL  |  STUDIO

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1994 The Cube
2003 Incubation
2013 Cu3e
 

- Style + Membre : Sup

SUPURATION - Cu3e (2013)
Par DARK MORUE le 14 Avril 2013          Consultée 3154 fois

Eh ben, ceux là on les attendait plus.
Bon certes, 1 album tous les 10 ans, pour SUPURATION, c'est normal. Sauf que là, vu que S.U.P est muet de son côté, ça veut dire que ça nous a fait 5 ans sans news, et ça c'est assez inhabituel.
Surtout que cet album a été pas mal repoussé, date de sortie super floue, genre on sait absolument tout dessus en théorie mais la pratique rien du tout. Enfin, la fermeture ninja de Holy Records doit pas y être pour rien (ouaip, ici c'est Listenable qui s'y colle). Du coup ça faisait un petit moment que nos Français du nord avaient pas donné signe de vie. Enfin, l'album nous faisait coucou depuis fin 2011 quoi, on a fini par arrêter d'y croire... Et le voilà. Là, tout beau tout mignon.
Donc on nous avait annoncé la 3ème partie de cette trilogie cubique, narrant les évènements se déroulant après "The Cube". Moi qui croyais qu'avec tout ce bordel de cubes et de sphères l'histoire était finie, j'en ai pour mes frais. Et euh... Ben ils ont pas menti, c'est exactement ça. À tous les points de vue.

Si vous êtes familier de "The Cube" et "InCubation", alors vous vous sentirez immédiatement chez vous avec "Cu3e". C'est aussi simple que ça.
On a absolument tout ce qui permet de reconnaître la formation, déjà dans la forme. Le superbe digipack à l'artwork aussi soigné qu'évocateur, le son de guitare abyssal, Ludovic qui reprend le micro tout seul comme... Ben comme dans SUPURATION. Et surtout le concept bizarre, qui nous éloigne définitivement du terre-à-terre "Incubation" pour repartir dans l'incompréhensible mais classieux ésotérisme géométrique de "The Cube". Parce qu'une fois encore, on découvre que les voyages de notre âme post-mortem, ça ferait un putain de sujet de devoir de maths. Et on a même une référence absolument épique dans les toutes dernières secondes, que les fans de S.U.P reconnaîtront et apprécieront immédiatement (et je ne spoilerais rien, na). Si vous en voulez plus, y'a carrément les traductions intégrales sur le site officiel, pas d'excuses pour passer à côté de la dimension conceptuelle donc.

Et pour la musique ? Ben comment dire... C'est pareil. Peut-être même trop. On est plus que plongé dans l'univers du groupe, on est même carrément en plein retour arrière. Les clins d’œil sont innombrables, autant par les riffs que certaines lignes de chant (encore mieux quand les paroles en question sont "sensation of déjà-vu" huhu), trouvables dans absolument tous les morceaux. Les mêmes tics de composition, la prod identique à "Incubation". Cette trilogie n'est pas une suite conceptuelle, c'est un unique album de plus de 2h. Tout simplement. Mais cette fois, plutôt que déterrer et bricoler un nouvel album avec du vieux comme "Incubation", on réécrit intégralement un autre "The Cube". Ressortir le même album avec 20 ans d'écart, pour s'insérer dans une suite avec un parfait mimétisme, sacré défi...
Après, justement à cause de ces hommages auto-repompés dans absolument tous les sens, l'écoute à la suite des trois volets fait très très mal passer ce dernier opus. Nan mais vraiment, je l'ai fait une fois, je recommencerai pas. Si pour les riffs de "Introversion" y'a aucun souci, j'ai par contre énormément de mal avec les 45 premières secondes de "Consummate" qui nous font un copier/coller intégral de l'éponyme du premier opus par exemple...

Donc, juste pour une question de fraîcheur, "Cu3e" est peut-être moins bon que ses aînés, tout simplement parce qu'on l'a déjà entendu avant. Mais, il est quand même absolument magistral, parce que malgré cela, on ne l'a jamais entendu nulle part ailleurs.
Et d'ailleurs ça démarre très très fort avec les deux premiers titres, qui ont la bonne idée d'envoyer des leads un peu plus stridentes et urgentes que le reste, dans un esprit très proche du SEPTIC FLESH des débuts... Et sinon, on aime SUPURATION parce qu'ils font du SUPURATION. Toujours ce grain de guitare venu des entrailles de la terre (merci Dan Swanö !), ce growl surpuissant doublé de chant clair nasillard et céleste, et ces riffs... Mais ces riffs qu'on sait pas d'où ils les sortent... Et cette accélération lumineuse, touchée par la grâce tout en étant brutale, sur "The Delegation" après un chant martial et plaintif martelant son hommage à "1308.JP.08"...
Rien qu'à bouffer LE morceau formant le gros de l'album, "Consumate" qui, passé son intro, prend aux tripes avec des guitares toujours plus travaillées, quelques gros riffs bulldozers, un chant hypnotique, parties totalement mécaniques et groovy à la fois dans la pure tradition (dés 1:23, dur de faire plus S.U.P que ça quand même)... Le tout noyé dans une ambiance étrange, véritable kaléidoscope de lumière rouge sombre totalement éloigné de ce qu'on a l'habitude d'entendre en Death Metal... Parce que oui, en 1994, ils étaient plus qu'en avance sur leur temps. On se rend compte 20 ans après que ce son sonne toujours aussi visionnaire. Même pas du Metal du futur, carrément le Futur du Metal. Jamais égalé car même pas imité...

Et quel final boudiou. Plus l'album avance et plus l'ambiance tend vers l’oppression. La voix claire de plus en plus présente, et pas pour rien, toujours accrocheuse mais prenant des colorations sombres et froides, en écho avec la désincarnation totale du concept. La charge émotionnelle qui arrive dans la tronche avec l'explosion de guitares plaintives sur "The Flight" est incomparable. Le meilleur morceau de l'album, parmi ce que le groupe ait sortit de plus touchant, renouant même au début avec les évocations de plaines brûlantes croisées sur "Hegemony"... Si l'album reste très homogène, sans aucun moment faible, c'est bien ce final un poil dégraissé de l'aspect "The Cube 2" qui porte le tout vers les sommets. Le titre final étant clairement là pour boucler la boucle... Et peut-être même carrément refermer l'histoire de SUPURATION, montrer que le futur se trouve en SUP, que le lien entre les deux groupes est encore plus ténu qu'on aurait pu l'imaginer...
Qui sait. Rien ne sert de s'avancer. Après tout un cube c'est constitué de carrés. Sur un carré, il n'y a qu'une seule face, par contre il y a quatre côtés. Donc un quatrième album ? C'était foireux ça, il est temps d'aller dormir.

S.U.P et ses autres noms est probablement le plus gros outsider de la scène Metal française. Continuellement en train de rompre toutes les conventions et créer de nouveaux genres tranquillement dans leur coin, expérimenter et ouvrir la voix, se projetant pour nous montrer à quoi pourrait ressembler le Death Metal de demain s'il était malencontreusement plongé dans un bain d'azote, digitalisé puis réinjecté dans un fragile esprit humain.
Et ce "Cu3e" est là pour nous prouver une chose : nous ne sommes de toute façon pas prêts à encaisser une telle formation. Un groupe nous ressortant une seconde fois le coup de maître de 1994, qui sonne encore comme visionnaire en 2013.
En attendant de les revoir bientôt sous leur patronyme à trois lettres. Que la boucle soit bien bouclée. Mais à rien ne sert de s'attendre à quoi que ce soit, jamais ils n'ont véritablement sorti deux fois le même album... Du moins jusqu'à celui-là. D'où mes pauvres 4 étoiles, note volontairement bridée par le côté parfois trop référentiel, bien que pris à part cet album soit aussi méritant que ses deux illustres aînés, que notre Possopo a eu la sagesse de gratifier d'une note maximale bien méritée.

◻ ◻ ◻ : Le cube boucle la boucle, référentiel et surtout conseillé aux fans, mais surtout une œuvre surpuissante et poignante qui vient illuminer le paysage francophone de son aura intouchable...

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   DARK MORUE

 
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- Ludovic Loez (chant, guitare, basse)
- Fabrice Loez (guitare)
- Thierry Berger (batterie)


1. Sinergy Awakes
2. Introversion
3. The Disenthrall
4. Consummate
5. The Incongruents
6. The Delegation
7. Datadance
8. The Flight
9. The Climax



             



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