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DEATH EXPéRIMENTAL  |  STUDIO

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GORGUTS - Obscura (1998)
Par POSITRON le 3 Juin 2018          Consultée 299 fois

Le Death Metal a souffert de cette image de brutalité débile inventée par des sourds et propagée par des malcomprenants incapables d'aller au-delà de ce qui est évident pour le dernier des néophytes. Il a fallu ainsi des années pour que certains artistes du genre soient réhabilités pour le meilleur comme pour le pire au-delà des sphères les plus underground des connaisseurs qui savent et que les autres ils ne savent pas.

L'évolution des frontières d'un genre est toujours l'occasion de chercher à tâtons les pépites perdues dans les tréfonds obscurs du grand Inconnu. Si dans le sillage de ces éclaireurs s'engouffrent parfois tels des cohortes de fourmis suivant les phéromones ceux qui forment le gros de ce que l'on appelle alors un sous-genre, il est nécessaire pour comprendre l'histoire de la piste ou du tunnel d'écouter le premier de ses façonneurs. Tout ceci non pas pour vous apprendre quelque chose – car vous êtes au courant – mais pour introduire ma thèse avec la délicatesse du beurre demi-sel de Guérande :

Pour qui voudrait prétendre à une connaissance, une maîtrise légitime du Metal extrême contemporain, l'écoute et la compréhension de "Obscura", troisième et plus important des albums de GORGUTS est un passage nécessaire.

Thèse dont je l'espère l'évidence crèvera les yeux de quiconque aura pu poser ses oreilles sur "Fas - Ite, Maledicti, In Ignem Aeternum", "Everything Is Fire", "Ulsect", "Omen Ex Simulacra " ou "The Man Closing Up" pour ne parler que des plus connus et faire croire que je possède une culture. En effet le processus créatif à l'origine de "Obscura" repousse les limites de ce que l'on appelle Metal de la mort bien au-delà de ce qui est concevable à l'écoute d'un chef d’œuvre d'intelligence tel que "Slowly We Rot".

Un processus créatif fruit de contraintes artificielles et du refus de poncifs-clés du Death Metal, d'une connaissance extensive de ce qui se fait ailleurs – l'intérêt de Luc pour SCHOENBERG ne cessera de se préciser – d'une recherche de sons à l'oreille les yeux bandés dans le noir et d'un Steeve Hurdle. Décomposés, recomposés, les éléments constitutifs du Death Metal sont réarrangés, déformés, détruits. Tout est incompréhensible à l'oreille, les temps se décalent, les riffs sont joués à l'envers, les mesures boitent, le groove est cassé, la batterie est inhumaine, la tonalité s'efface, la mélodie serpente, les notes sonnent faux, l'harmonie gémit et même la production digitale est effroyablement singulière. Les guitares sifflent, hurlent, vocifèrent dans les anciens langues de Vienne, Delhi ou New York lorsqu'il ne s'agit pas de langages nouveaux, fabriqués pour les seuls besoins de ces incantations.

S'engage alors entre "Obscura" et l'auditeur une lutte dont le second ne peut que sortir perdant : savoir qui cédera le premier. Et par un mimétisme remarquable avec le propos de l'album – échapper à l'état charnel, la philosophie indienne, Osho et la méditation – c'est en abandonnant sa volonté de compréhension que l'auditeur apprécie à sa pleine mesure la tempête qu'il traverse sans chercher à s'orienter dans le labyrinthe ou à déceler l'ordre au sein du chaos.

Il s'agit d'un disque très difficilement pénétrable, bruyant, terriblement long, beaucoup trop long. Il est normal de ne pas comprendre ce disque ou de ne pas l'aimer, de préférer s'en retourner vers des terres plus familières, loin de ces formes irrégulières, ces conditions extrêmes, ces paysages inhospitaliers et je sais que je le répète tout le temps mais cela n'a jamais été aussi vrai qu'ici. Il s'agit cependant pour moi, et je l'espère pour quiconque comprend ce qu'il est, signifie, et représente, d'une œuvre intense et profondément bouleversante.

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   (2 chroniques)



- Luc Lemay (guitare, voix)
- Steeve Hurdle (guitare, voix)
- Steve Cloutier (basse)
- Patrick Robert (batterie)


1. Obscura
2. Earthly Love
3. The Carnal State
4. Nostalgia
5. The Art Of Sombre Ecstasy
6. Clouded
7. Subtle Body
8. Rapturous Grief
9. La Vie Est Prelude
10. Illuminatus
11. Faceless Ones
12. Sweet Silence



             



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