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SYNTHPHONIA SUPREMA - The Future Ice-age (2010)
Par JEFF KANJI le 5 Juillet 2012          Consultée 1741 fois

Après l’explosion True-Metal de la fin des années 90 et du début des années 2000, après la vague Metalcore et le Slam Death, les metalleux sont face à un dilemme qui est d’évoluer/réinventer le Metal ou rester dans les clous pour s’assurer une pérennité de plus en plus incertaine. Comme le disait feu Mefisto dans un édito très complet (fusions/évolutions), le Metal s’est métamorphosé et à défaut d’inventer un nouveau style qui fera école et amènera un nouveau développement, son passage à l’âge adulte l’amène à essayer de se mélanger à ses congénères. On assiste ainsi aux fusions de styles les plus improbables depuis quelques années, le mélange Thrash et Hardcore ayant plutôt pas mal fonctionné à en juger par l’essor des BULLET FOR MY VALENTINE et autres KILLSWITCH ENGAGE.

L’un des genres les plus réfractaires à l’évolution et le plus timoré en matière d’expérimentation reste sans doute le Heavy Metal (et le Black Metal qui par nature l’est encore plus), bien installé sur ses cavalcades de double grosse caisse, ses lignes de chant haut-perchées et ces nappes de claviers symphoniques au tout venant. Si on modifiait ne serait-ce qu’un seul de ces éléments, on parviendrait sans doute à amener un nouveau souffle au style.

C’est sans doute ce que s’est dit SYNTHPHONIA SUPREMA, combo italien formé en 1999 en pleine période de gloire pour le Heavy. Visiblement féru d’euro-dance et d’électro autant que de RHAPSODY et consorts, SYNTHPHONIA SUPREMA, après un premier opus sorti en 2006, a décidé d’enfoncer le clou et de justifier son patronyme un peu étrange ou synthétiseur et symphonie semblent devoir se mêler pour le meilleur. Et si ce n’est pour le pire (faut pas pousser non plus), la formule a une saveur bien étrange. Comme le dirait l’un de mes amis : "C’est pas inintéressant, mais c’est assez particulier".

Je m’explique, SYNTHPHONIA SUPREMA ouvre son nouvel opus par un morceau introductif "Future Hammerblows" qui dépeint une ambiance froide et mécanique pas éloignée de Terminator. Pas mal, le cadre et l’ambiance sont posés et les synthés Trance font leur apparition, on sent que ça va démarrer en trombe…
Et patatras, le groupe se vautre d’entrée ! La transition (le terme est mal choisi) nous amène à "Dominatron" à l’ossature Heavy tout ce qu’il y a de plus traditionnelle, si ce n’est ce clavier qui nous change des nappes de cordes symphoniques. De plus le morceau, malgré sa structure limpide, souffre de lignes de chant tout bonnement atroces. Matracker a une excellente voix, qui se rapproche de celle de Ramon Messina (SECRET SPHERE) sans le côté couinant. Non le problème est bien l’écriture. Si le tempo soutenu nous rapproche de DRAGONFORCE, on préfèrera le travail d’un groupe de la trempe de PATHFINDER dans ce domaine. Ponctué de petits interludes bienvenus (tous réussies en revanche), l’album n’est pas indigeste pour autant. Il faudrait juste que ce p**** * de chanteur la ferme un peu plus souvent car en plus d’affaiblir la puissance des morceaux, son chant, assez répétitif, donne l’impression que les morceaux se ressemblent un peu tous (flagrant sur "I, Storm") pour laquelle le groupe a même tourné un clip.

Fort heureusement, après ce départ en demi-teinte, où la batterie programmée (un peu mécanique) tente d’amener puissance et vitesse, usant même de quelques blasts-beats, le clavier, instrument maître ici, va sauver "The Future Ice-Age" du naufrage grâce à ses soli bienvenus. Si l’on pourra reprocher le manque de variété dans les sons utilisés, les claviers assurent une certaine cohérence d’ensemble. "Iced Waterfalls", plus mid-tempo que ces congénères, s’avère être un morceau percutant, assez atmosphérique, dans l’ambiance d’un EVERGREY époque "In Search Of Truth". Bien développé, en alternant riffs et mélodies de piano, ce titre est une franche réussite qui occulte complètement le début d’album. "Phoenix’s Return" reprend le rythme de départ, les breaks bienvenus et les rythmiques parfois plus plombées le distinguant un peu plus de la masse. Je suis assez client du solo de clavier à 3:05 porté par une batterie épileptique. Une nouvelle fois, on pourra regretter le manque de dynamisme du chant sur les parties les plus rapides. "Electrodoom" prend des airs de FEAR FACTORY avec sa rythmique cybernétique. Dommage que le morceau soit alourdi par quelques reprises inutiles ; un peu de concision sert parfois l’efficacité. "Future Ice-Age" est porté par un très bon riff et constitue un autre excellent morceau de cette galette, qui comporte globalement une face B bien meilleure. Le chant se révélant conquérant et habité sur "Synthetic Aurora", aux sonorités plus électro que jamais.

SYNTHPHONIA SUPREMA nous propose donc un album de Power Sympho assez traditionnel dans le fond, amenant une ambiance plus sombre que d’ordinaire et des sonorités électro-dance en lieu et place des nappes et orchestrations plus traditionnelles. Le groupe devra néanmoins affiner son songwriting (les lignes de chant en priorité) s’il veut enfoncer le clou, quitte à s’éloigner un peu des carcans du Speed (où il n’est pas le plus pertinent) en laissant libre cours aux aspirations plus atmosphériques et progressives que l’on sent latentes chez les Italiens. Le jeu en vaut la chandelle, et je resterai attentif à l’évolution de ce jeune padawan qui peut, s’il en démontre le talent, faire de grandes choses à l’avenir, même si sa formule n’est pas si révolutionnaire qu’elle voudrait le faire croire.

Très bon : "Iced Waterfalls", "Future Ice-Age", "Synthetic Aurora"

2,5/5

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   JEFF KANJI

 
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- Fryderyk T (guitare, synthétiseur)
- Dany All (claviers, programmation)
- Matkracker (chant)


1. Future Hammerblows
2. Dominatron
3. Beyond The Next
4. I, Storm
5. Iced Waterfalls
6. Phoenix’s Return
7. Electrodoom
8. Future Ice-age
9. Synthetic Aurora
10. Nos
11. Enemy = Loser
12. Aurora Symphonica (acoustic Bonus Track)



             



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