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2010 Indoctrine
 

- Membre : Conqueror, Dread Sovereign

BLOOD REVOLT - Indoctrine (2010)
Par MEFISTO le 27 Octobre 2010          Consultée 2960 fois

L'Ouest canadien produit de plus en plus de groupes de Metal extrême depuis quelque temps, signe qu'il n'y a pas que le pétrole qui enrichit ce coin de pays ! Et c'est tant mieux, car même si je ne veux pas faire de politique, les francophones considèrent les anglophones du Canada comme des fonctionnaires bornés et conservateurs. Donc d'entendre un disque-concept comme "Indoctrine", râpeux et destructeur, sortir de ces montagnes et ces champs de bitume, ça fait tache avec plaisir ! Surtout venant d'un trio de vétérans qui ont officialisé cette union malveillante cette année. Les parties en présence : deux Canadiens et un Irlandais !

La musique de BLOOD REVOLT, comme les paroles, est plutôt violente pour du Death groovy. Vous croirez peut-être entendre du Black crado au début, surtout à cause de la batterie épileptique et de la guitare salie au max, mais les Canadiens jouent vraisemblablement du Death/Groove Metal (genre plutôt populaire ces dernières années). Mais pas du genre jazzy ou big band, plus underground, sans convenance ou politesse. Donc, un contenu aussi noir, sec et violent que la pochette le présume, un Metal énergique, vindicatif et direct.

Effrayant aussi à quelques endroits, dérangeant. La colère tapissée partout est directement liée aux textes, oscillant entre la guerre, la foi et le désordre personnel, évidemment. D'ailleurs, ces trois thèmes principaux se confondent et arment cette machine explosive de la poudre la plus inflammable qui soit. Cette machine est un homme, dans toute sa déchéance et son « animalité », dont on suivra le parcours destructeur du début à la fin du skeud. Ce concept « narratif » est une des forces de BLOOD REVOLT, ça m'a vraiment marqué. Quant on lit "Salvation At The Barrel Of A Gun" ou "My Name In Blood Across The Sky" et qu'on s'invente un champ lexical et une banque d'images qui y sont reliés, eh bien on mixe tout cela et le résultat sonore s'imprègne dans nos tympans à grande vitesse. Peu de place à l'espoir sur "Indoctrine".

Bien qu'il soit archi technique et digne de respect, l'apport du batteur James Read peut tomber sur les nerfs un peu, car il sonne parfois creux. Pour le reste, son instrument est fascinant à entendre, bien que comme l'ensemble de l'album il jouisse d'une production juste. Admettons que le groove intense de la guitare de C. Ross ne nous simplifie pas la tâche… Le saligaud, il se paie une traite d'enfer avec son jeu à la limite du punk et ses grattes supersoniques se collant aux baguettes branchées sur la dynamo de son pote ! Ces deux types détruisent toute la baraque sans artifice, que du brut et de la vélocité, de l'anarchie dans les veines et un sens inné de l'excessivité. Un trait de caractère qu'ils ne cachent nullement, s'assumant entièrement.

Cette authenticité du groupe est en partie le résultat du brio de A.A. Nemtheanga au micro. Le chanteur de PRIMORDIAL endosse ici un rôle très différent. Ceux qui le connaissent bien, et même les autres, risquent d'être foutrement abasourdis lors de la première écoute. Ce type est un vrai diable de boîte à surprises ! Qu'il parle, pousse avec sa voix claire si épique ou hausse le ton, Nemtheanga donne une sacrée leçon de chant à ses congénères. Il « habite » littéralement les huit morceaux de l'opus, il prend son personnage très au sérieux. Et pour cause : il incarne vraiment un mec pour qui la chute est imminente, ça se ressent. Si on est sceptique au début quant à sa présence en ces lieux, on vient à l'apprécier avec beaucoup de patience. Le déclic se produit alors plus tard : peu de vocalistes auraient pu le remplacer dans cette tâche, celle de jouer les martyrs, les grands malades issus des mots et des riffs malsains de cet "Indoctrine". Un opus provocant qui, en assommant notre confort, nous dorlote de sa folie. J'ai hâte de voir comment BLOOD REVOLT se comportera dans le futur après une telle mise en scène.

Oui, car malgré une simplicité volontaire sous-tendant "Indoctrine", une véritable guerre intérieure se trame, une bombe à neutrons est manufacturée et risque d'exploser à tout instant. Dépendant de comment vous allez aborder ce groupe (je vois d'ici un camp qui adore, un autre qui déteste, BLOOD REVOLT est de ce genre), vous saisirez les desseins brutaux du groupe et plongerez dans leur monde où un homme dégénéré aperçoit la liberté au bout d'un canon. Les autres s'arrêteront à la « pauvreté » superficielle du combo. Tant pis pour eux, ils feront comme moi au début : ils cracheront sur "Indoctrine" en ratant peut-être une expérience originale.

Peu attirant dès le premier contact (fiez-vous à moi, ce n'est pas mon style de prédilection) le Death groovy de BLOOD REVOLT est un rendez-vous à ne pas manquer. Lieu : l'asile. Ne soyez pas en retard, "Indoctrine" défile rapidement.

Note réelle : 3,5/5.

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- A.a. Nemtheanga (chant)
- C. Ross (aka vermin)
- James Read (batterie)


1. Salvation At The Barrel Of A Gun
2. Dead City Stare
3. Bite The Hand, Purge The Flesh
4. God’s Executioner, Praise Be
5. My Name In Blood Across The Sky
6. Indoctrine
7. Year Zero
8. The Martyrs Brigade



             



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