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BLACK INDUS  |  STUDIO

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OBITUS - March Of The Drones (2009)
Par MEFISTO le 15 Décembre 2009          Consultée 1945 fois

One could say, we evolved
One could say we devolved
We gave up all we had,
We laid down and died,
Without as much as a fight,
We bought it all


OBITUS, duo suédois fondé il y a neuf ans, affiche un propos très noir sur son premier album, un des plus désespérants que j'aie entendus concernant la race humaine. Bien sûr, il n'est pas le premier combo à souligner la robotisation de l'individu, mais il n'y va décidément pas de main morte en comparant la fin de notre règne à une marche de drones. Une lobotomie généralisée et opérée par une machine plus grande que nous (cette même machine, ironiquement, que nous contrôlons) qui nous empêche de penser librement. Les Suédois vont jusqu'à prétendre que nous ne sommes plus rien du tout ; blanc, noir, basané, tous voués à l'échec.

Album concept, dira-t-on, "March Of The Drones", est une sorte d'« opus crescendo » : les trois premières plages (très rentre-dedans) vont ensemble, les deux suivantes (une instrumentale et une longue rasade métamorphique) aussi et finalement, les deux bombes finales sont à écouter comme si elles n'en formaient qu'une grosse meurtrière. Plus on avance et plus les menaces et constats vomis en début de skeud se concrétisent : l'humain va mal, il se dirige vers un grand trou noir comme des petites figurines mécaniques. Cette gradation «émotionnelle» se ressent très bien et s'intensifie musicalement jusqu'à la dernière salve de canon.

Pour servir un tel propos, OBITUS inflige des cordes grasses et bourdonnantes « à la suédoise » et une batterie programmée (on s'en fout, surtout qu'elle n'apporte qu'un soutien aux déflagrations d'Anders Ahlbäck et aux plaidoyers de Johan Huldtgren). Les deux lascars se complètent magnifiquement et enrobent leur bébé en acier trempé de suffisamment de petits à-côtés (clavier, effets, samples de voix d'un savant expliquant la chute des « spécimens standards ») pour faire passer un excellent moment de Black Indus apocalyptique.

L'idée de « division » de l'album est très intelligente à mon sens, car on sait un peu à quoi s'attendre. Certes, il est souvent mieux d'être stupéfié, mais lorsqu'on connaît les desseins des Suédois, on se doute bien que la fin détonnera avec le reste (des pièces plus courtes en général), comme une annonce d'une hécatombe imminente. "The Endless Void" et "The Drone Marches On" nous en mettent effectivement plein les oreilles pendant 18 minutes, stimulant l'imagination à un haut degré avec leurs incessants et violents assauts basés sur une répétition de deux ou trois notes. Mais quelles notes ! La batterie est bien sûr dans le plancher la majorité du temps, augmentant la scansion écrasante des Suédois.

Et c'est alors que le jugement (notre inaction a créé ce monde) tombe sur "The Drone Marches On", qu'OBITUS offre ses meilleurs moments. Les fûts se calment légèrement, les guitares sont plus mélodiques et entament une ode des martyrs, une élégie à la destruction où les larmes de métal forment un océan de déchéance, où l'espoir est vain. Les drones marchent vers le trou béant, les regrets et remords en bouche. L'armée conscrite avance et meurt à chaque grincement de genou, aucune chance de revenir en arrière. Anders Ahlbäck s'enflamme et gratte comme un déchaîné, alors que la double auto démolit le reste de notre patience avec ses « tac-e-tac-e-tac » à l'infini. Essoufflant, mais brillant.

Au final, "March Of The Drones" est une très belle surprise ! Non seulement la trame est-elle captivante (bien que vieille comme le monde), mais l'exécution est très impressionnante pour un «simple» duo. Laissez-vous manipuler, drones…

Never before has a change been so as the sacrificial abolishment of the mind

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- Johan Huldtgren (chant)
- Anders Ahlbäck (tout le reste)


1. Sacrificial Abolishment
2. Now We're Nothing
3. The March Of The Drones
4. Hypothesis
5. Inconsequential
6. The Endless Void
7. The Drone Marches On



             



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