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- Membre : Melted Space

HACRIDE - Lazarus (2009)
Par CANARD WC le 18 Mai 2009          Consultée 4618 fois

Lorsque j’ai découvert HACRIDE en 2008 avec leur « Amoeba », je me suis tapé un gros délire sur « Zambra » (une reprise de OJOS DE BRUJOS assez ahurissante). J’ai écouté ce morceau en boucle tout défoncé en répétant comme un mongolo « Ah mouais bah c’est pas mal » (Amoeba c’est pas mal). Je me suis un peu forcé, l’album a trouvé grâce à mes yeux et j’ai plutôt eu raison de pas trop les défoncer parce que leur nouvel album est une sortie intéressante(1). Voire même un peu plus.

Avant d’écouter « Lazarus », je rêvassais sur une espèce de Metal moderne aux influences Salsa-Tango. Puis, rapidement (comme c’est souvent le cas), les premières chroniques des sites concurrents à NIME (mais quelle concurrence ?) sont tombées avec son flot de notes dithyrambiques(2) et j’ai même lu des commentaires de sales progueux dire que cet album était une bombe. Autant de handicaps qui font que j’abordais la rédaction de cette chronique avec ma plume de canard affûtée et acerbe, en cherchant tout ce qui rime avec « insipide » et « inutile ». Après digestion de l’œuvre, je me retrouve presque « dos au mur » et dans l’obligation de reconnaître les qualités du nouveau HACRIDE ; alors qu’il n’est pas question de Death Salsa ou de Thrash Tango comme je l’espérais. Je sens que vous êtes très intrigués.

De « Amoeba », HACRIDE a gardé la densité, la complexité et cette envie de vous faire passer par tous les états. Du cauchemar sanglant à la rêverie hallucinatoire, de la luminosité violente à l’obscurité malsaine. A ces acquis est venu s’ajouter un vernis mélodique (plus que bienvenu), dont le but premier semble être de vous exploser le crâne par contrastes et cassures incessantes. Que ce soit des passages aux synthés, en passant par de l’acoustique de suicidaire, du mid tempo plus « atmosphérique » et autre clavier inquiétant, "Lazarus" en devient tour à tour glacial, rageur, hypnotique, viscéral, onirique.

Fin des expérimentations et des titres en demi-teintes, HACRIDE a trouvé son style. Plus « OPETHien » que « MESHUGGien », le groupe continue de marcher sur les traces d’ATHEIST (voire de CYNIC) et lorgne désormais du coté de MASTODON, de NEUROSIS pour un résultat d’une cohérence incroyable transcendant son style de base (le Death). Metal/Post-core, Thrash, Stoner (un soupçon) et Death bien entendu ; HACRIDE échappe à toutes les étiquettes et s’est défini tout seul dans son coin. Pour que le résultat soit à la hauteur, il a nécessairement fallu que le groupe se structure. Chaque titre témoigne de cette envie « constructive » donnant naissance à une tornade de cassures en tout genre, d’alternance d’atmosphères et de breaks incroyables… De la violence sourde et du chant hurlé de « World of Lies », on passe en un clin de décibels à un calme brumeux assorti de lignes de chant un rien plaintives. Impossible de souligner cette volonté de « construire » sa musique sans évoquer « To Walk among Them » : véritable œuvre dans l’œuvre d’une quinzaine de minutes où HACRIDE synthétise dès l’ouverture toutes les qualités de sa musique et la force de son style. Sans doute le pari le plus audacieux de l’album, tant il est vrai qu’un morceau longuet en intro peut bien plomber les choses (2).

Rien que l’instrumentale "Phenomenon" (à l’instar de "Zambra" qui « illuminait » "Amoeba") est absolument incroyable. En moins de 5 minutes, HACRIDE donne une nouvelle ampleur à sa musique, tout en aérant son album de façon astucieuse (quelle bonne idée de l’avoir foutu à la quatrième place…). Un joli petit air martelé au synthé que la basse monstrueuse et des rythmiques presque Doom tentent de casser. Sans succès, le titre vous a déjà hanté le cerveau. Victoire de la Mélodie sur la Force, du Beau sur le Puissant.


Il est évidemment bien trop tôt pour parler d’album « culte », de génie pur ou de « trace dans l’Histoire du Metal », mais on peut d’ores et déjà parler d’un album fort, intense et surprenant. Ce qui est déjà énorme en soi. HACRIDE vient de se hisser d’un coup très haut, au côté de GOJIRA ou plus récemment du dernier KALISIA. Moi qui ai tendance à maugréer contre la scène française, je dois avouer que ce trio de Deatheux a bien de la gueule.


Note : 4/5


Morceau préféré : Phénomenon
La curiosité qui troue le cul : To Walk among Them
Ça encule très fort : Act of God, Awakening


(1) C’est ZION qui m’a gentiment filé le promo. Je lui ai promis que je le remercierais publiquement pour ce geste désintéressé et courtois. C’est fait. J’ajouterais qu’en plus il est gentil et beau (ça, c’est pour m’excuser de pas avoir chroniqué l’autre merde qu’il m’a passé).
(2) Faut dire qu’à force de coller des bonnes notes à TOUS les albums qui sortent, fatalement il arrive qu’une nouveauté mérite vraiment une bonne note.
(3) Là tout de suite comme exemple à vous donner, je pensais au « Triumph of Steel » de MANOWAR.

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   CANARD WC

 
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- Samuel Bourreau (chant)
- Adrien Grousset (guitare)
- Benoist Danneville (basse)
- Olivier Laffond (batterie)


1. To Walk Among Them
2. Act Of God
3. Lazarus
4. Phenomenon
5. A World Of Lies
6. Awakening
7. My Enemy



             



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