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THRASH METAL  |  STUDIO

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CYCLONE TEMPLE - I Hate Therefore I Am (1991)
Par CANARD WC le 7 Mars 2009          Consultée 2578 fois

De tous les philosophes que j’ai lus, DESCARTES est l’un de celui qui m’a le plus assommé. J’ai rien contre l’esprit cartésien, mais bon son « Discours sur la méthode », c’est quand même « re-lou » comme disent les jeunes. Mal écrit, inintéressant, chiant comme la mort. Puis bon, franchement, partir du principe que Dieu existe parce que l’idée même de Dieu est concevable uniquement… Dans le genre capillotracté… Bref, son « je pense donc je suis », René il peut se le foutre au cul. M’intéresse pas. Je revois encore mon prof de philo nous vendre le machin comme un « sommet de la philosophie ». N’importe quoi. Qu’il continue de fantasmer sur les nanas qui biglouchent (*), pas moi le plus gêné. D’ailleurs moi, quand on me parle de DESCARTES et son discours de la méthode, je balance à la gueule le premier album de CYCLONE TEMPLE en hurlant. On est un gros con de Thrasheur ou on ne l’est pas.




« Je hais donc je suis »

En voilà une assertion bien plus intéressante. Ca me parle déjà plus ça comme principe. La haine comme moteur, pris comme une passion, la manifestation forte d’une forme d’existentialisme. Dans notre monde de patrons pourris, de profs cons comme des bites, de parents démissionnaires et de SARKOZY au pouvoir; notre dernier refuge pour exister n’est-il pas justement la haine ? Salutaire haine comme dernier rempart contre la horde de casse-couilles ordinaires. Pourquoi pas. C’est une solution comme une autre, non ? Combien de personnes continuent de moufter après s’être mangées une bonne tarte dans la gueule ?

Alors pendant que DESCARTES remet tout son petit monde dans l’ordre en se rassurant du bon sens de l’ordre des choses, CYCLONE TEMPLE a trouvé une autre alternative cartésienne dans laquelle on riffe fort et on secoue sa crinière sur un Thrash très « andjusticeforallien ». Et quand CYCLONE TEMPLE joue, c’est un ouragan qu’on se mange de plein fouet. Le genre de déferlante qui sème le doute dans l’esprit de tout amateur de Thrash qui arrache. On se surprend à espérer, à croire en un potentiel qu’on pensait ne jamais retrouver ailleurs. CYCLONE TEMPLE, un nouveau grand du Thrash, la perle rare que personne ne connaît ? Nan, allez.

Bah si. Au vue des fulgurances affichées, des idées toutes bien articulées les unes dans les autres et de l’inspiration qui transpire de ce « I Hate », le gros thrasheur qui pue se met à rêvasser, allant jusqu’à hisser la galette inconnue au rang des albums absolument valables du genre. L’avantage c’est qu’en plus, personne ne connaît. Ca fait vachement bien d’en parler avec les potes, vous pouvez vous la péter.

« Ouais attends tu connais pas « I hate therefore i am » de CYCLONE TEMPLE ??? C’est grave de la balle. Du niveau du And Justice de METALLICA. T’es vraiment ignare, je te méprise ».

Passée la surprise de la découverte, il reste une évidence : cet album est une tuerie.

CYCLONE TEMPLE est la preuve qu’on peut faire du Thrash à la METALLICA sans pomper sauvagement, qu’il est possible de proposer des choses « nouvelles » même après tout le monde (qui plus est dans un genre artistiquement restreint, mais chut ça faut pas le dire). Certes, les albums insurpassables restent insurpassables, mais la morale de l’histoire c’est qu’il y a toujours de la place pour évoluer en parallèle pour qui se donnent la peine de bosser avec ardeur et avec un brin de talent.

La réponse trouvée par cet obscur groupe de Thrash tient en un mot : application. Tout au long de l’album, CYCLONE TEMPLE s’évertue à exécuter un Thrash impeccable, presque mélodique. Les riffs agressifs s’entourent de beaux arpèges et de passages acoustiques. On s’essaie même à la chanson, histoire d’avoir des refrains qui ressemblent à quelque chose. Une chtouille d’émotion en rab et un brin de désabusement pour faire passer une recette qu’on pensait déjà connaître mille fois. Cerise sur le gâteau : la production. Pour une fois avec un groupe de D2, le « son » n’est pas la cinquième roue du carrosse. C’est clair, précis et ça rend and Justice for all instruments (désolé !).

Lancé dans ce Thrash soigné, élégant et solidement ancré dans des acquis qui nous ont tant fait vibrer ; CYCLONE peut alors se permettre de dérouler sa vision des choses à travers des compos longues (allant jusqu’à 7 minutes) sans jamais lasser l’auditeur. Et quand on commençait à trouver ce Thrash un poil trop propret, survient alors un « Public Enemy » qui fait parler la poudre en moins de 4 minutes et redonne au mot « bastonnade » ses lettres de noblesse. Riffs saccadés sur « In God we trust », double pédale à gogo et accélérations ; saisi de vertiges, l’auditeur qui pensait avoir été convié à une petite sauterie Thrash se retrouve en plein festival international. Seul ombre au tableau (car il y en a toujours une) : le chant. Avec toute la bonne volonté du monde, Brian TROCH n’arrive pas à tirer l’album vers le haut avec son timbre particulier, perdu qu’il semble entre une mauvaise imitation de James HETFIELD et Dave MUSTAINE.


Tel un cochon truffier, je tracte semaines après semaines des kilos de merdes Thrash par paquet de 32 pour avoir la chance de brandir fièrement de belles truffes. CYCLONE TEMPLE est le genre de découverte qui vous redonne espoir et fait de votre apostolat un petit coin de paradis. C’est donc avec une certaine émotion mêlée de fierté que je vous tends cet album du bout de mes mains cacateuses et vous recommande chaudement cette vieillerie Thrash, dont les saveurs délicates n’en finissent pas de me ravir.


Note : 4/5


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(*)http://www.hansen-love.com/article-4725319.html (eh ouais en plus de vous faire marrer je vous culture, c’est la grosse classe)

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(+ 1 kro-express)

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   CANARD WC

 
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- Brian Troch (vocals)
- Greg (ian fulton)
- Scott Schafer (bass)
- John Slattery (drums)


1. Why
2. Sister (until We Meet Again)
3. Words Are Just Words
4. Public Enemy
5. In God We Trust
6. I Hate Therefore I Am
7. March For Me, Die For Me
8. Born To Lose
9. Silence So Loud



             



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