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BLACK DéPRESSIF  |  STUDIO

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2007 Strid

STRID - Strid (2007)
Par ONCLEGUUD le 24 Mai 2008          Consultée 1691 fois

Apparu dans les premières nuits de la dernière décennie du vingtième siècle sous le nom de MALFEITOR, avant de se muter en 1993 en STRID, la formation dont je vais vous parler quelque peu n'a que très peu produit: deux démos sous le premier nom, une démo et un E.P sous le second, mettant ensuite fin à l'aventure. STRID (« bataille » dans la langue natale), formation norvégienne depuis perdue dans le Nuit des Temps, a donc fait un court passage sur terre, offrant un peu plus de place pour les autres qui laissèrent leur nom durablement dans l'histoire du Black Metal. Néanmoins, ces petits chagrins de la part de ce discret combo ont quelque peu envoûté les esprits de certains maniacs de l'Underground. Ainsi, le label lui aussi inconnu Kyrck Productions a eu la bonne idée de rassembler tout ce matériel oublié et de tout balancer sur un seul objet (cd et vynil), en octobre 2007, pour une durée de soixante-cinq minutes et des poussières. Il l'a sobrement intitulé STRID.

Il faut dire que STRID a son charme. Il est vrai encore que le Black Metal que l'on trouvera ici présent concurrence sérieusement BURZUM, tant son œuvre, atmosphérique, funèbre et ténébreuse est de qualité... et belle. Ici point de violence: laissez-vous envahir par le désespoir. STRID est considéré, en fait, comme le père de la vague dite « dépressive »... Pourtant, le Grand Bouc sait comme je ne suis pas friand de ce sous-genre. J'en écoute, mais pas trop. Je ne suis pas d'une nature dépressive. Enfin je ne pense pas. Et je trouve cet état d'esprit peu compatible avec l'esprit originel, violent, haineux et combatif des premiers groupes de Black Metal. Bref. STRID a néanmoins réalisé de belles choses et c'est parce qu'elles sont belles et morbides à la fois que je vous laisse ces quelques lignes.

L'oeuvre s'ouvre sur les deux titres de l'E.P, sorti en 1994 chez Malicious Records. Les deux morceaux baignent dans une production cotonneuse, comme si l'on se trouvait plongé dans une nuit faite de brouillard et de rayons lunaires. Les tracks sont pesantes, en mid-tempo. Les guitares grésillent de la manière propre au style, tout en trémolo, et la batterie est bien présente, quasi claire. Quant à la voix : c'est celle du corbeau venu du Royaume des Morts. Le mid-tempo et l'atmosphère d'un autre monde me pénètrent et me plongent dans une contemplation macabre... C'est sacrément bon. On perçoit rapidement les ponts que le reste de cette scène établira, notamment XASTHUR l'Etasunien. Rien que pour ces deux perles, l'opus mérite l'achat. La troisième morsure est celle extraite de la démo de 1993, seule et unique, et longue d'environ douze minutes. La batterie est encore plus vivante, le son est plus clair : on comprend vite que le groupe voulait en venir à autre chose avec le son brumeux de l'E.P. Sur End of Life donc, on découvre un STRID plus conventionnel. Le batteur, sacré métronome, tappe déjà bien plus que sur les deux perles pré-citées. Si les accords des cordes et la voix déchirée du vocaliste font l'affaire pour ce qui est du dépressif, on constate que la production et la rythme font pour beaucoup dans la majestuosité de l'E.P. Bien que de haute qualité, End of Life n'a pas ce « petit truc » qui hypnotise...

Les numéros 4 à 8 sont ceux de la Pandemonium Demo de 1992, enfantée sous le nom de MALFEITOR. Puis de 9 à 13, ce sont les premières flèches décochées par le trio norvégien qui terminent le disque. Qu'entend-t-on dans cette seconde partie ? Après une superbe intro planante et horrifique, la deuxième démo du groupe montre celui-ci sous un autre jour: plus « evil », plus roots, plus old'school, c'est un Black Metal à la BATHORY/HELLHAMMER auquel nous avons droit. La production tient facilement la route – on s'en étonnera. Ce n'est pas mauvais, mais ça ne révolutionnera rien, étant donné que c'en est presque du plagiat... Néanmoins, une piste comme "The Smell of Death" annonce quelque peu la tournure que les Nordiques prendront deux ans plus tard. L'intro en neuvième position est quelque peu chaotique, bordélique et tient plus de l'expérimentation : mais le son sent déjà le cadavre dans le garage. Ou du son de cave si vous voulez. Et les morceaux qui suivent le prouvent bien : bestial, avec un son bien caverneux, nous sommes plus proche d'un bootleg de MAYHEM que de ce que nous avons entendu précédemment. La formation pratique alors un « War Metal » avec une voix Black Metal réverbérée, et évolue dans un mélange des genres extrêmes qui saura séduire les maniacs des skeuds old school.

Pour résumer, voici une bonne release, avec une chronologie à l'envers ce qui permet de découvrir l'évolution de ce groupe on ne peut plus underground. C'est donc et un groupe qui mérite à être connu – même mort – et un achat de valeur. STRID a su marqué les esprits les plus anciens – pourquoi pas vous désormais ?

Kyrck Productions : http://kyrck.t35.com/index.html
Myspace : http://www.myspace.com/stridtribute

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- Storm (vocaux, basse)
- Ravn Harjar (guitares)
- Jardar (batterie)


1. Det Hviskes Blant Sorte Vinder (1994)
2. Nattevandring (1994)
3. End Of Life ('93)
4. Intro ('92)
5. 666 Hear My Call ('92)
6. Death Warrior ('92)
7. Sense Of Doom ('92)
8. The Smell Of Death ('92)
9. Abyss (intro) ('91)
10. The Fog Drifts Over The Evil Ground ('91)
11. Soon You Will Die ('91)
12. The Black Castle ('91)
13. 666 Hear My Call ('91)



             



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