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HARD FM / A.O.R   |  STUDIO

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LEVERAGE - Blind Fire (2008)
Par BAST le 9 Mars 2008          Consultée 3871 fois

Depuis quelques années, le début de la décennie en cours affirmeront certains, un premier album, aussi excellent soit-il, ne vaut plus grand-chose. A moins de proposer un opus qui chamboule tout et assure d’ores-et-déjà à ses géniteurs un statut culte ou référentiel, la scène heavy actuelle ne sait plus rien promettre aux coups d’éclat. Plus que jamais, il faut durer. Et pour durer, confirmer, entretenir une dynamique évidemment fragile. Même les formations que l’on pensait fermement établies se font sanctionner au moindre faux-pas. Alors les autres, vous pensez bien. LEVERAGE est rapidement sorti de l’anonymat, grâce à « Tides » et son heavy teinté de FM percutant. Rien d’inoubliable, juste un album intelligent qui a su accompagner de nombreux amateurs le temps de quelques semaines. Après ce démarrage en trombe dans une scène de plus en plus réfractaire aux postulants, la suite sobrement baptisée « Blind Fire » me semble parfaitement calibrée pour permettre aux finlandais de prolonger leur concession dans ce lopin dont ne voit plus un brin d’herbe tant il a été foulé et érigé de campements plus ou moins à demeure.

La qualité de « Tides » n’est pas trahie, pour commencer. On a toujours droit à ces compos fraiches et bourrées de feeling, à ce style hard FM rendu heavy grâce à une prod bétonnée ou ce chant à la Bob Catley envoûtant. Mais en plus, LEVERAGE opère un léger changement de cap, pour le moins inhabituel. L’évolution tient dans cette volonté de ne pas tomber dans les travers de ses confrères, évitant le piège du plus emphatique, du plus heavy, du plus technique ou symphonique. Des travers dont on n’a jamais bien su déterminer la cause. Volonté des fans d’une surenchère de moyens ou unique possibilité laissée aux formations pour progresser ? Quoi qu’il en soit, LEVERAGE fait ici la part belle aux compositions simplifiées, épurées du superflu. Moins de circonvolution, plus d’accroche. Au moment de soupeser les ingrédients prévisibles, la balance n’affiche pas le mouvement d’aiguille prévu. On pensait que les Finlandais avaient mis les bouchées doubles pour aboutir à des titres fortement arrangés, on se trouve confronté à une parcimonie d’effets où les lignes de chant ou les refrains prennent avec autorité les choses en main. Les orchestrations, la technique ou les arrangements léchés, LEVERAGE ne s’en n’est pas non plus complètement privé. Force est pourtant de constater que ces éléments ne sévissent qu’à doses homéopathiques, aux moments les plus opportuns.

Avec « Shadow In The Rain », le nouveau visage de LEVERAGE se dévoile instantanément. Il faudra patienter jusqu’au refrain pour bien comprendre la ligne directrice favorisée par les Finlandais. Couplet chaleureux et élémentaire, refrain presque basique et pourtant accrocheur, LEVERAGE a du talent pour parvenir ainsi à accoucher d’un superbe titre tout en refusant le moindre gaspillage. Une manière de mieux tendre vers l’esprit des années 80, de démontrer que la course à l’opulence ne constitue pas irrémédiablement le seul gage de réussite. Même constat sur « King Of The Night », à ceci près qu’il s’agit d’un titre plus marquant encore. Le timbre de Pekka Heino ensorcelle, les lignes de chant s’égrènent avec une aisance déconcertante, le refrain s’impose sans forcer, et le titre se voit agrémenté de sonorités rafraichissantes. Et ça va continuer ainsi cinquante minutes durant. Entre l’intense « Sentenced », l’épique « Hellhorn » ou l’aérien « Learn To Live », LEVERAGE demeure fidèle aux choix exhibés dès les premières minutes, privilégie l’accroche et boude l’argumentaire classique qui consiste à vanter les à-côtés plutôt que l’essentiel.

Une seconde surprise. LEVERAGE confirme tout le bien que je pensais de lui et parvient en outre à sortir un second album qui, sans renier le style mis en exergue aux origines, propose une autre façon de l’accommoder. L’heure est à la simplicité et au succinct. Pour un résultat au moins à la hauteur de « Tides ». Bravo.

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   BAST

 
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- Pekka Heino (chant)
- Tuomas Heikkinen (guitare)
- Torsti Spoof (guitare)
- Marko Niskala (clavier)
- Pekka Lampinen (basse)
- Valtteri Revonkorpi (batterie)


1. Shadow In The Rain
2. King Of The Night
3. Stormchild
4. Sentenced
5. Hellhorn
6. Mr. Universe
7. Don't Touch The Sun
8. Run Down
9. Heart Of Darkness
10. Learn To Live



             



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