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SUSPYRE - A Great Divide (2007)
Par BAST le 22 Décembre 2007          Consultée 3259 fois

Les dernières productions de DREAM THEATER et de SYMPHONY X sont exclues de mes playlist depuis un bon moment. Du côté des progueux entichés de Malmsteen, la rupture est née d’un « Twilight In Olympus » à la générosité hésitante pour s’affirmer avec « V » et son accroche frottée au savon. Non que je trouve ce dernier insipide ou mauvais. C’est juste qu’il me glisse encore des mains. Côté DREAM THEATER, ça n’est pas mieux. La datation au carbone 14 de mes derniers atomes crochus s’exprime en décennie (une suffira). Alors quand vient le moment de parler d’une formation qui emprunte autant à l’un qu’à l’autre, quand vient le moment d’alléguer que le second album de SUSPYRE constitue une surprise de choix, je me sens comme un aveugle au royaume des borgnes.

Un moyen comme un autre de débuter cette chronique consistera à noyer le temps de quelques lignes le poisson en osant parler d’originalité. Où ? Dans les rappels épars faits au death mélodique de Göteborg. Les riffs, en fait. Quelques riffs, au juste. Ceux d’« April in the Fall », pour un franc-parler exemplaire. Peu de chose, c’est vrai, mais ce titre qui se déroule côté rythmique comme un brûlot dEVILisé de DARK TRANQUILLITY tout en laissant une place aux lignes de chant à la SYMPHONY X est si bon qu’il prend une place importante. Et que souligner sa particularité coule de source. Un sur douze (dont deux interludes et une courte intro), il va falloir développer davantage pour vous convaincre, évidemment. A vrai dire, tout n’est pas du même bois. L’assemblage montre des charnières mieux graissées que d’autres. J’en isole une brassée de très bonne tenue et une poignée plus hésitante. Je choisis de me consacrer au meilleur et de vous laisser faire la soustraction ensuite.

L’entretien débute par un « Singer » totalement déchainé. Pas de vélocité débridée, non, plutôt une configuration éclatée entre des breaks qui vous tournent en bourrique, un riff magistral et des lignes de chant accrocheuses. Une manière idéale pour « A Great Divide » de débuter, d’autant que la production se montre impeccable. Sur l’instrumental « Galactic Backward Movements », SUSPYRE enclenche le turbo et vous colle entre les oreilles un rubik’s cube de mélodies. Un titre riche et long à démêler qui sert de temps à autres quelques passages jouissifs. J’avoue qu’une simplicité moins déficiente par endroits aurait permis un résultat plus homogène et... humble. L’étalage technique proposé a parfois tendance à se transformer en défi intellectuel hors sujet. « Manipulation in Time » reprend la même dynamique, à ceci prêt qu’il colmate les brèches et s’étale nettement moins dans tous les sens. Le discours est maîtrisé de bout en bout, où l’électricité crachote en réponse au brame des cuivres. Davantage de simplicité encore sur « Subliminal Delusions », où le prog cède un peu de terrain face à deux compères avec lesquels il a déjà eu l’occasion de s’acoquiner (REQUIEM, par exemple) : speed mélodique et metal sympho. A noter aussi ce petit côté théâtral qui me fait songer à un EVIL MASQUERADE des grands jours. « The Piano Plays At Last » est la ballade de l’album et rappellera la patte DREAM THEATER. La séquence émotions est magnifiquement réussie. Enfin, SUSPYRE cède une fois de plus au méandreux avec un « Blood and Passion » qui fait figure de speed-dating entre mélodies décomplexées et rythmique au marteau. Un titre somptueux grâce notamment à un break déluré et un refrain à l’accroche... finlandaise.

Le ratio est nettement à l’avantage de la qualité, cette chronique devrait se parer d’un rose soyeux. Ca ne sera pas exactement le cas. La pérégrination proposée s’avère souvent captivante, l’évasion plénière n’est pas tout à fait atteinte. Si SUSPYRE vous porte beaucoup plus loin qu’ici, il s’arrête à quelques longueurs de tout là-bas. La faute probablement à ce gros défaut : des musicos si adroits qu’ils ont absolument tenu à l’afficher. Alors les plans techniques, complexes, ils nous en servent une palanquée, en conquistador de l’agilité. Et parfois, au détriment de la musicalité. Sur « A Great Divide », SUSPYRE a voulu en mettre plein la vue, au point de boucher par moments l’horizon et de susciter une sensation de vertige. Ecoutez donc « Galactic Backward Movements », vous comprendrez. On en vient dès lors à s’ennuyer. Rarement, certes. Suffisamment, pourtant, pour ne pas passer ce point sous silence. Une erreur de jeunesse, vraisemblablement. Ou alors une course maladroite à l’absolu (plutôt légitime, remarquez, pour une formation qui intègre une scène vieille de quinze ans et dominées haut la main par des colosses).

« The Great Divide » ne récoltera probablement aucun titre. Celui de la surprise de l’année échouera certainement dans les mains d’AMARAN’S PLIGHT. Celui de l‘album prog a déjà fait son choix parmi les groupes entre lesquels hésiter. Et SUSPYRE n’en fait pas partie. Pour autant, il dispose d’atouts incontestables. Qu’on lui consacre un tant soit peu d’attention et le rang de ses aficionados grossira de quelques têtes. SUSPYRE, je ne connaissais pas. Et je sors heureux de cette rencontre un peu tardive. Un album d’experts, de passionnés, qui me réconcilie avec un genre que je croyais figé depuis bien longtemps. Au-delà de ses influences mal masquées (ohé ohé), au-delà d’errements nauséeux, SUSPYRE fait preuve d’une hardiesse et d’une volonté savoureuses. Excellent. Et c’aurait pu être encore mieux. Alors, vivement la suite.

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   BAST

 
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- Gregg Rossetti (guitare, saxophone)
- Rich Skibinsky (guitare, clavier)
- Sam Paulicelli (batterie)
- Clay Barton (chant)
- Noah Martin (basse)


1. Forever The Voices
2. The Singer
3. The Spirit
4. Galactic Backward Movements
5. Manipulation In Time
6. Resolution
7. April In The Fall
8. Subliminal Delusions
9. Bending The Violet
10. The Piano Plays At Last
11. Alterations Of The Ivory
12. Blood And Passion



             



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