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- Membre : Alain AimÉ

FISC - Too Hot For Love (1987)
Par SHUB-NIGGURATH le 16 Janvier 2008          Consultée 4783 fois

FISC. Tu parles d'un nom ! Pas très porteur, a priori, pour un groupe français. N'empêche que ça claque bien, finalement. Une seule syllabe, à la prononciation aussi sèche qu'un avis d'imposition, et facilement assimilable à l'étranger. En France aussi d’ailleurs, où la simple sonorité de ce terme ne risquait pas toujours de s'effacer devant l’image peu torride du signifié, quand je me rappelle ce pote de lycée persuadé que TRUST venait de sortir un nouvel album intitulé « On casse les prix ! ».

Qui plus est, le parcours des Lorrains justifie on ne peut mieux le choix d'une telle appellation. Après avoir surfé, avec leur premier album « Tracker » sorti en 1984, sur la vague Heavy Metal du début de la décennie, ils ont vite senti le vent tourner et compris que l’onde Hard Rock qui se soulevait outre Atlantique pouvait confortablement élargir l’assiette de leur public. Ci fait, dès 1985, avec « Breakout », dont le Hard & Heavy musclé, témoignant d'une rigueur jusque là peu commune en France, permit au groupe de récolter les fruits escomptés et d'assurer la première partie du concert messin de la tournée française de DEF LEPPARD.

Contraint, comme de nombreux groupes hexagonaux, de recourir aux services d’une maison de production étrangère, FISC avait choisi, quoi de plus naturel, de s'exiler au Luxembourg tout proche. La cadre feutré des studios Linster constituait l’environnement idéal à un professionnalisme, que l'on percevait déjà comme exigent, et auquel ne pouvaient pas répondre de lointaines pesanteurs parisiennes, surtout réputées pour plomber toute chance de diffusion à l’étranger. La contribution nationale dut donc encore se cantonner, pour ce troisième album, à un pressage spécifique du vinyle et sa distribution, via la label New Musidisc, sur le marché français. C'est également au Luxembourg que FISC dénicha son nouveau chanteur, Jimmy Martin, dont l’expérience californienne et le timbre beaucoup plus léger correspondaient parfaitement à la nouvelle orientation musicale recherchée. Il convenait en effet, en 1987, d'actualiser le calcul précédent en pondérant davantage, cette fois-ci, la variable Hard FM.

Force est de le constater à l'écoute du titre éponyme qui ouvre l'album et en donne la tonalité générale. Intro acoustique sur fond de clavier très léger, suivie d'accords, certes classiques mais nerveux, d’une guitare à la sonorité sèche et dépouillée de tout bourrelet grassouillet, avant que n'arrive le grattement typique et répétitif de la rythmique puis le chant altier, sobre et clair : on comprend clairement quelles sont les traces que FISC a décidé de suivre. Celles d'un Hard US direct et sans fioriture, qui rappellerait d’une certaine façon le DEF LEPPARD période « High'n Dry » et/ou « Pyromania ». Impression confirmée par « Tokyo Nights », qui, exceptée une ouverture kitchissime, reprend ces mêmes arguments, de manière bien plus incisive et judicieusement contrastée par les arpèges tranquilles qui accompagnent l’amorce des couplets. Le refrain aussi simple qu’efficace, où Jimmy Martin commence de faire apprécier son potentiel, s’appuie sur des chœurs tout à fait convenus et donc fédérateurs.

Il est vrai que la structure de ces deux premières pièces pourrait nous faire tomber dans la facilité de reprocher au groupe la sienne. La photographie illustrant la pochette cède à la mode sexiste et racoleuse du moment. Pas de grande originalité et une prise de risque limitée, FISC se contente de suivre le courant porteur, comme à son habitude, dans une direction que laissait logiquement pressentir « Breakout ».

Mais encore faut-il pouvoir et savoir le faire. Et ce qui frappe, à nouveau, c’est la qualité de la production. Nette et sans bavure, elle sert au mieux la technique irréprochable des musiciens. Quel son ! Il tient aisément la comparaison avec celui des réalisations américaines de l’époque et démontre par la même occasion que FISC a su, malgré tout, conserver un style bien particulier tout en formatant ses compositions, sans trop les aseptiser, pour obéir aux canons alors en vigueur.

On pourra néanmoins regretter la présence, dans la catégorie des figures considérées comme imposées, de la ballade « Waiting for You », au suc dégoulinant, qui avait pour seul mérite d’être franchement accessible et de fournir ainsi une alternative à « Still Loving You » pour assurer les frottages adolescents des soirées du samedi. On pourra donc lui préférer « No Place in Hell », mid tempo archétype du Hard FM, avec ses chœurs toujours aussi aérés, qui pourrait s'inscrire dans la droite ligne de ce que faisait un BON JOVI.

Le reste du spectacle est heureusement assuré par des figures plus libres, construites sur la base d'un Hard mélodique soigné, allant des plus classiques aux plus expérimentales. On retiendra des premières le ronron sécurisant de « Keep your Eyes Up » et son slogan rapidement assimilable, la guitare aux effets ventripotents sur « Girls will be Girls » encadrant les jolies montées de Jimmy Martin, et les couplets plein de gnaque de « Rock the Night Away » s'opposant au refrain facile et pépère, conventionné FM ici aussi. Parmi les secondes, les très proches « Keep on Running » et « Angel’s Call », à l'écriture particulièrement recherchée et entraînante. Les grattes et le chant s'entendent à merveille et véhiculent une émotion sincère, que l'on ressent également sur le galopant, pour ne pas dire speedé, « Pay the Price » et ses soli particulièrement inspirés.

Au final, « Too Hot for Love » offre une succession de titres certes faciles, mais propres et carrés, qui permirent à FISC de se faire un nom en Europe et d'envisager sérieusement de s'attaquer aux USA. Consécration suprême, le groupe partira y enregistrer le successeur, « Handle With Care ».

De ce fait, FISC est sans doute le groupe français des 80's le plus connu à l'étranger. A se demander, si finalement, il n'aurait pas pu être une petite EUROPE à la française.

Note : 3,5/5

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   SHUB-NIGGURATH

 
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- Jimmy Martin (chant)
- Jean-Michel Mauffray (guitare)
- Alain Aimé (guitare)
- Pierre Bechet (basse)
- Dominique Henry (batterie)


1. Too Hot For Love
2. Tokyo Nights
3. Keep On Running
4. Rock The Night Away
5. Pay The Price
6. No Place In Hell
7. Keep Your Eyes Up
8. Waiting For You
9. Girls Will Be Girls
10. Angels Call



             



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