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POWER METAL  |  STUDIO

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2004 1 Conquistador
2007 Medievil
 

- Style : Ultimatium
- Style + Membre : Astralion

OLYMPOS MONS - Medievil (2007)
Par BAST le 7 Août 2007          Consultée 3819 fois

NB : cette chronique porte sur deux albums : « Medievil » d’OLYMPOS MONS et « Agony Gift Of Life » d’INSANIA.
Les chroniques (identiques, donc) de ces deux albums ont été publiées sur le site le même jour.


Le speed mélodique, plantureusement revigoré par le revival heavy de la fin des 90’s, expulse ses dernières notes en une lente agonie. Un attroupement de fans de plus en plus spartiate, des critiques qui s’empilent comme autant de sentences parcimonieusement fomentées par la lassitude, des formations emblématiques qui décident d’entraver leur tempo, voila pour le constat recueilli çà et là.
Légitime, finalement. On rend aux césars ce qui appartient aux césars. Puisque la source de verve à laquelle s’abreuvent HELLOWEEN et GAMMA RAY se fait rogner par l’aridité, parce que remettre en question leur suprématie s’avère invraisemblable, c’est donc que le style arrive à son terme. Et les formations qui se complaisent dans leur sillage sombreront les premières. Inéluctable.

Pourtant, après une année 2005 marquée par le premier album de TIMELESS MIRACLE puis une année 2006 qu’étonna gentiment TRICK OR TREAT, il me semble que 2007 connaitra elle aussi son instant de plaisir « speed mélodique ». En deux vagues, même.
INSANIA et OLYMPOS MONS demeurent des groupes de seconde zone. Leur cheminement dans les traces de mammouths déposées par ces illustres précurseurs au piédestal affermi par le temps n’a jamais rien laissé trainer que le doute puisse mordiller. Les idées aplaties sur leurs galettes ne sont pas les leurs. Car INSANIA et OLYMPOS MONS remanient plus qu’ils ne créent. Ils composent autour de codes que le succès des allemands à mué en dogmes. Ils se fondent dans le rôle de leurs idoles et poussent le réalisme jusqu’à imaginer ce que celles-ci pourraient composer. Devraient composer glisseront certains. Ils jouent à GAMMA RAY ou à HELLOWEEN comme d’autres se placent dans la peau de leur sportif préféré et s’approprient sa gestuelle. A STRATOVARIUS, aussi, en ce qui concerne INSANIA.

Une seule chronique pour deux albums. Voila un bon moyen d’attester par ce traitement particulier une vérité que d’autres ont soulevée bien avant moi : le speed mélodique, c’est un peu toujours la même chose.
Oui. Les règles de ralliements précises demeurent parmi les plus strictes de la scène metal. Y déroger promet les pires difficultés, entre atermoiements et retours à la case départ. Ainsi, INSANIA comme OLYMPOS MONS favorisent les tempos enlevés, confèrent à leurs lignes de chant la dynamique épique habituelle, consacrent aux refrains une attention de tous les instants, s’abandonnent à une rythmique invariable, hissent le chant dans les hauteurs.
Et pourtant, non. En tout cas du point de vue du fan dilapidateur. Celui-là affirmera qu’INSANIA et OLYMPOS MONS ne jouent pas le même speed mélodique. INSANIA préfère étirer ses idées sur la longueur, cristallisant l’accroche peu à peu, tandis qu’OLYMPOS MONS se laisse à aller à la fougue et choisit la ligne droite pour rallier l’essentiel. Si le speed mélodique adopte la linéarité d’une batterie de clones pour ceux qui disposent du recul nécessaire, il n’en demeure pas moins que « Agony Gift Of Life » et « Medievil » ne s’appréhendent pas de la même manière du point de vue de l’inlassable amateur, prisonnier de ses penchants partiaux.

A côté des inclinations artistiques laissées à l’appréciation des deux groupes, d’autres points communs ou dissonances sont à noter. Elles concernent la qualité de l’œuvre.

INSANIA, fort de ses dix années d’expérience, a bénéficié d’un peu plus de temps pour murir son metal, on le sent dans ces compos travaillées et promptes à éviter les pièges. Quelques coups de gomme bien ajustés et les erreurs du passé ont fini par se tuméfier puis s’étioler. Les clichés demeurent toujours en bonne place – on parle de speed mélodique là - mais une identité évidente en a élagué les ramures les plus déplaisantes. Un labeur qui s’est fait en plusieurs années, pour aboutir aujourd’hui à « Agony Gift Of life » où l’on perçoit un INSANIA qui a décidé d’insuffler à son rythme une consistance moins oisive. Sprints (« Facing my destiny »), récupérations (« Hope ») et seconds souffles (« Fight For Life ») se succèdent ainsi du début à la fin, promettant à l’auditeur de jolis moments de bravoure et une variété capable de museler lassitude et indigestion. Les refrains, corde sensible du genre, restent cohérents, ne sombrent pas dans la mièvrerie (« Gift of life »). INSANIA refuse la facilité et les chemins de traverse, prend son temps, distille ses mélodies avec générosité et panache (« Times Of Glory »). De temps forts, il en est souvent question. Entre « Facing My Destiny » à la rythmique morcelée, l’hymne « Gift Of Life », « Times Of Glory » qui débute comme un clin d’œil avec ces extraits des albums passés puis enchaîne avec de superbes passages - le refrain au premier rang, ou encore « Valley Of Sunlight » qui déroule claques et caresses, « Agony Gift Of life » confirme tout le bien de « Fantasy A New Dimension », réussissant même à nuancer son speed mélodique et à l’enrichir de cassures intéressantes. Les musicos sont au top, Ola Halén et son impeccable chant, riche et varié, au premier plan. Le nouveau venu Peter Östros (seul guitariste depuis le départ de Henrik Juhano et de Niklas Dahlin) nous sert d’agréables soli et Mikko Korsbäck s’est fait plaisir en se concoctant des parties de batterie techniques et variées (à l’instar de Dan Zimmermann chez FREEDOM CALL, le principal compositeur d’INSANIA est batteur).

OLYMPOS MONS quant à lui laisse plus de latitude aux erreurs de jeunesse. Les refrains à la FREEDOM CALL ont parfois tendance à agacer par cet engouement gentillet, presque enfantin (« One Word »). Pour autant, il faut leur reconnaître cette capacité bourrée d’aisance à fédérer. Disons qu’à ce niveau là, ils flirtent avec un usage propre à susciter nausées ou faveurs, c’est selon. Au contraire d’INSANIA, OLYMPOS MONS a recours aux chœurs, épiques, amples, en harmonies proches du happy metal. Puis, davantage que les Suédois, les Finlandais versent abondamment dans l’orchestration, au point que RHAPSODY jette ça et là une ombre aux contours nets (« Frozen », « The Emperors Return »). Entre « One Word » et ses lignes de chant épiques et en dépit d’un refrain aux vertus diluées, le martial « The Emperors Return », « The Price » avec son esprit fédérateur et son coup de plume médiévale, « A Race Between Two Hearts » et cet excellent refrain flanqué de belles montées en puissance, OLYMPOS MONS transforme l’essai du prometteur « Conquistador », consolide son speed mélodique aussi classique que parfaitement exploitée, pour le plus grand bonheur de son nouveau label, Scarlet Records. Si Ian E.Highhill communique aux lignes de chant une saveur épique indéniable, force est de reconnaître qu’il se montre moins performant que son homologue Suédois, la faute à des légers problèmes de justesse et à un coffre un peu étroit. Un bon moyen de s’en rendre compte consiste à comparer la prestation des deux vocalistes à l’exercice de la ballade. Ola Halén nous sort le grand jeu sur la superbe « One Day » tandis qu’Ian E.Highhill s’avère moins adroit à séduire sur « Fire And Ice », même si cette dernière demeure tout de même bien jolie.

Côté production, la paire scandinave ne bénéficie pas de ce qui se fait de mieux, OLYMPOS MONS évitant même de justesse l’avertissement. On sent la superposition d’arrangements manquer par moments de perdre son équilibre vacillant. Le mastering par Mika Jussila n’aura donc pas fait de miracle. INSANIA qui a choisi une musique plus épurée en souffre moins.

Passée la période probatoire où l’engouement aura soumis sa substance au temps, où les écoutes successives auront eu tout le loisir d’effriter les premières impressions, la sentence adopte des formes au pourtour précis. Avec « Agony Gift Of Life » et « Medievil », nos deux équipages glanent quelques fanions supplémentaires innocemment laissés dans leur sillage par HELLOWEEN et GAMMA RAY, au gré de leurs pérégrinations respectives.
Pour autant, ces deux formations ne recueilleront probablement pas les mêmes suffrages. Par son jusqu’auboutisme, OLYMPOS MONS brassera ses partisans dans une cour clairsemée. Celle par exemple pour qui le speed mélodique ne peut s’accommoder que d’épopées fantastiques. INSANIA quant à lui, parce qu’il a concédé un pas vers la scène heavy traditionnelle, parce que sa maturité a su diluer son attirance vers un genre plutôt qu’une catégorie, disposera à mon sens d’un auditoire plus fourni.
S’il fallait donc n’en retenir qu’un, les Suédois à l’identité mieux construites me sembleraient mieux armés pour résister aux tranchants de la critique.
Quoi qu’il en soit, les deux temps forts de l’année 2007 en matière de speed mélodique dans son acception la plus atavique possible seront probablement INSANIA et OLYMPOS MONS.

Notes :
4 / 5 pour INSANIA
3.5 / 5 pour OLYMPOS MONS

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   BAST

 
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- Ian Eric Highhill (chant)
- Jari Erik Sundström (guitare)
- Krister Lundell (basse)
- Mikko Sepponen (batterie)


1. One Word
2. Frozen
3. The Emperors Return
4. The Price
5. Wolves
6. A Race Between Two Hearts
7. Fire And Ice
8. Medievil
9. Kingdom Of Winter
10. Locked In Chains



             



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