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DARK SANCTUARY - L'Être Las, L'envers Du Miroir (2003)
Par ORPHANAGE le 15 Septembre 2007          Consultée 2289 fois
2003. Le public est encore plongé dans les sombres rêveries de « De Lumière Et d’Obscurité », et les amateurs de tristesse musicale ont bien été forcés de s’incliner face à une recherche de la beauté si aboutie, si touchante. Pourtant, le nouvel album de DARK SANCTUARY arrive, et qu’on le veuille ou non, les choses ont changé. Marquise Ermia s’en est allée, et c’est avec un pincement au cœur que l’on doit dire adieu à ses vocalises éthérées particulièrement émouvantes. La notoriété du groupe croît, et les moyens de production viennent quelque peu changer le caractère sonore de l’ensemble. Va falloir s’y faire. Et si certains risquent de ne pas trouver leur compte dans le petit changement de direction (mais alors tout petit) et la personnalité moins underground de DARK SANCTUARY, la plupart ne pourront que se délecter d’un talent de composition toujours aussi noir et romantique, l’apanage d’un groupe unique en son genre qui n’a pas de véritable homologue stylistique au sein de la scène goth et ambient.

Dès « L’Arrogance », la thématique textuelle s’avère toujours aussi sautillante et facétieuse. DARK SANCTUARY aime les calembours, et le thème du suicide, tourné avec beaucoup d’enthousiasme et de joie de vivre, est fidèle à l’univers du groupe. Musicalement, pour ceux qui ont découvert l’album après avoir écouté les précédents uniquement ne peuvent que constater un vrai changement dans le traitement sonore. Si les nappes atmosphériques sont toujours prépondérantes et fondatrices des compositions du groupe, on constate une plus grande rigueur dans le mixage. Plus de maladresse, plus d’approximation : la production est désormais en béton, le son est professionnel au possible et DARK SANCTUARY rentre dans la cour des grands. On pourra toujours protester. Le caractère brumeux des deux albums précédents conférait un charme incroyable à la musique du sextet, et semblait en démultiplier la sensibilité. L’interprétation de la Marquise Ermia, sombre au possible et noyée dans un écho mystique sublime, laisse maintenant place à un chant plus technique, plus évidemment lyrique, et mixé très en avant. On aime ou on n’aime pas, mais on ne pourra pas nier le fait que Dame Pandora est techniquement très au point, et qu’elle sait faire passer des émotions en parfaite adéquation avec l’univers de DARK SANCTUARY.

Ceux qui ont écouté « Les Mémoires Blessées » ou les « Exaudi » peuvent avoir une idée des sonorités de « L’Être Las » : classieuse, raffinée, chargée, la musique de DARK SANCTUARY y est parfaite en tout point de vue. Les mélodies émotionnelles puisent dans une inspiration néoclassique visuellement très évocatrice, et permettent à l’auditeur de voyager dans des paysages victoriens désolés. Villages de pierre désertés, cimetières néo-romantiques, édifices religieux, poétique des ruines…c’est toute une culture particulièrement alimentée au cours du XIXème siècle que DARK SANCTUARY soulève, exploite, et popularise. Perpétuellement éplorées, noires et mystiques, toujours empreintes d’un véritable esthétisme religieux, les sombres mélopées des français fonctionnent, touchent, intriguent. Mais l’accessibilité est toujours de mise. Si la majorité sera ennuyée par la monotonie qui ressort dans l’immédiat, ou repoussée par une trop grande tristesse qu’elle ne peut comprendre, la beauté simple des mélodies, la noblesse et la délicatesse de l’instrumentation, l’esthétisme, avant tout, auront vite fait de remporter tous les suffrages. Ne passons pas par quatre chemins. « L’Être Las, L’Envers Du Miroir » n’a rien de plus qu’un autre album de DARK SANCTUARY. Il est le début de la période Dark Symphonique (pour le passé, on parle de « dark atmosphérique », ça c’est pour les férus de classification comme moi), c'est-à-dire que leur musique est maintenant moins ténébreuse et cryptique, et conserve le fil rouge religieux qui fait tout le charme gothique du groupe (nuance cependant, cela n’a jamais eu rien à voir avec du RAISON d’ÊTRE ou autres obscurités Dark Ambient abstraite et lunaire de chez Cold Meat Industry). On parlera alors majoritairement de compositions. « Loin Des Mortels », aux mélodies particulièrement sublimes, « Les Larmes Du Méprisé » et ses claviers éthérés vibrants d’émotion, « La Rencontre Fatale », long voyage par delà la vie et la mort, entre l’ombre et la lumière. Si la recette est inchangée dans la forme comme dans le fond, le plaisir demeure. DARK SANCTUARY fait du DARK SANCTUARY, et sa musique est si personnelle qu’on ne saurait dans l’immédiat lui demander de changer, tant sa recherche de la beauté aboutit avec succès.

Inscrit dans une vague Heavenly, clamant l’héritage de DEAD CAN DANCE et rejoignant les rangs des musiques Goths éthérées aux côtés d’ARCANA, DARGAARD, OPHELIA’S DREAM ou AUTUMN TEARS, DARK SANCTUARY sied bien à cet univers tout en demeurant égal à lui-même, et plein de personnalité. Religieux et mortuaire, certes, mais plein d’espoir, et indéniablement beau. Ceux qui aiment savent donc que « L’Être Las, L’Envers Du Miroir » n’est pas à exclure de leurs vœux. De vraies chansons, claires, tristes, symphoniques, délicates, et un disque dans la continuité.




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- Dame Pandora (chant)
- Arkdae (claviers et guitare)
- Marguerite (violons)
- Hylgaryss (claviers et guitare)
- Eliane (violons)
- Sombre Cÿr (basse et percussions)


1. L'arrogance 8'48
2. L'envers Du Miroir 7'40
3. Malveillance 0'53
4. Les Larmes Du Méprisé 6'56
5. Profondeur De L'âme 1'33
6. Assombrissement De L'âme 6'39
7. Silence Macabre 4'09
8. La Mort Avant Le Déshonneur 1'49
9. De Larmes Et De Sang 6'07
10. Vie éphémère 4'11
11. Face à Une Mort Rassasiée 1'21
12. Loin Des Mortels 6'41
13. La Rencontre Fatale 9'37
14. Tout Ce Sang Versé... 2'32



             



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