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DOOM METAL  |  REMIX

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- Style : Arcana, Elend, Dargaard, Die Verbannten Kinder Evas
- Membre : Bekhira, Black Dementia
 

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DARK SANCTUARY - Metal (2017)
Par WËN le 12 Février 2018          Consultée 1098 fois

2009. Huit ans déjà. Suite à un éponyme et ultime album, DARK SANCTUARY, la plus éplorée des formations de France et de Navarre, tirait sa révérence.

Pour ceux qui ne suivirent pas forcément les tribulations de l'accablé orchestre parisien tristement conduit par Arkdae (BEKHIRA, ex-DEINONYCHUS), sachez qu'avec sa Dame Pandora de chanteuse, ses deux violonistes et ses enchevêtrements de nébuleux claviers/pianos tout juste animés d’éparses guitares acoustiques et de quelques sobres percussions, le SOMBRE SANCTUAIRE savait, de ses traits gracieux mais glaciaux, toucher ses auditeurs au plus profond de leur être, pour finalement les abandonner, hagards, à la sortie de ses œuvres mortuaires mais ô combien raffinées. Fort d'une discographie de sept albums (1996-2009), les Parisiens ont su s'imposer sur les scènes Ambiante et Gothique et, par affinité, se faire un nom au sein des mouvements Darkwave et Heavenly-voices européens, allant jusqu'à titiller certains amateurs de Metal "à chanteuse" et/ou "sympho" (sans même en jouer), se taillant ainsi une place de choix aux côtés d'autres amères étrangetés de la trempe de ces ELEND et autres DARGAARD. Le départ de leurs deux violonistes, un dernier album difficile à finaliser, des vies privées et professionnelles difficiles à concilier avec un projet chronophage, cet amoncellement de raisons finit par saper la motivation des survivants qui se permirent juste un dernier concert londonien pour faire leurs adieux.

Si en 2017, du cœur de pierre de son altière et funéraire demeure, frémit son noir linceul brodé de peine, c'est pour une bonne et - somme toute - assez prévisible raison. "Prévisible" au sens où, devinant les goûts intimes d'une partie de son personnel, il était quasi-inévitable de voir tôt ou tard l'œuvre de DS réadaptée afin de sonner "Metal", le trépas n'étant pas une excuse suffisante pour qui aspire à faire larmoyer les morts. D'abord simples jeux au gré des pauses entre deux sessions d'enregistrement, l'idée a petit à petit mûri jusqu'à finalement parvenir aux oreilles d'Avantgarde Music (propriétaire de Wounded Love Records, le label historique de nos Frenchies) qui prit l'initiative de l'immortaliser sur galette, alors que ces expérimentations, mixées et quasi-prêtes depuis 2009 mais reléguées aux oubliettes à cause du split, gisaient ainsi oubliées dans l'attente de jours meilleurs. Jusqu'à maintenant.

Et à l'annonce de la parution, je ne pense pas avoir été le seul à m'être d'avance plu à l'idée de pouvoir redécouvrir quelques titres (six au total) ainsi patinés d'une terne rouille toute Doom Atmo, plombée et vétuste, comme la réinterprétation de "La Clameur Du Silence" livrée en avant-première pouvait le laisser présager. Riffing appuyé, décrochage des guitares sur les refrains, accompagnement de leads plaintives, batterie maîtrisée : force est de constater que cette nouvelle version passe plutôt bien l'épreuve du remix. Mais si comme moi vous imaginiez vous prendre uniquement quelques sordides et endeuillés embruns de la sorte, dignes des anciens DRACONIAN ou comme le couple LETHIAN DREAMS/REMEMBRANCE (pour rester par chez nous) sait nous en proposer, je vous garantis que la surprise risque d'être de taille dès lors que débouleront les accords d’un "Laissez-Moi Mourir" ou même d’un "Cristal" (plus sombre néanmoins), très énergiques et mélodiques, davantage orientés Rock/Heavy Gothique (comprendre par-là ces PARADISE LOST et autres AMORPHIS en milieu de carrière). Bref, presque inattendu vu ce que la formation pouvait laisser transparaître de ses accointances.

Mais ce qui est important à souligner, c'est qu'au final l'exercice fonctionne plutôt bien. Parfois surprenant, certes, mais jamais désavouable pour autant, puisque cette sombre désespérance inhérente au groupe demeure prégnante malgré la mise en retrait de cet attrait sinistre pour les vieilles pierres au profit d'une approche plus punchy. Je vais même vous avouer que les textes déclamés et typiquement "gothiques" de "Des Illusions", ainsi accompagnés de guitares plus tranchantes (on pensera à un MY DYING BRIDE en plus Heavy) là où demeurait précédemment un piano parfois minimaliste (sur toute son intro), gagnent en majesté. Même topo pour ce "Dein Kalter Stein" (sur lequel Schwadorf, leader d’EMPYRIUM et de The VISION BLEAK posait déjà son chant) qui prend des airs bien doomy ainsi paré de guitares et d’orchestrations plus puissantes.

D'ailleurs, tous issus de la période 2002-2005, soit le single de "Vie Éphémère" (2002, pour "Seul, Face Au Sinistre"), "Les Mémoires Blessées" (2004, deux titres) et "Exaudi Vocem Meam, Part I" (2005, trois titres), ces matériaux de base ainsi retravaillés ont l'avantage d'être assez homogènes (absence de Marquise Ermia l'ancienne chanteuse et de cette facette bien plus atmosphérique des débuts). Puisqu'on en est là, il est de bon ton d'insister sur le fait que le groupe nous propose là des versions remixées de ces morceaux et non des réenregistrements, avec les contraintes que cela implique. L’agencement des titres, en termes de structures, demeure donc plutôt similaire aux versions albums. Pas de grosse révolution sinon la nouvelle parure dont se drape chacun d’eux, ainsi que le chant masculin solennel de "Seul, Face Au Sinistre" et "La Clameur Du Silence" présentée dans une version écourtée. Ici, les violons sauront assez logiquement s'éclipser au profit des guitares. Pourtant, une certaine grâce demeure, notamment animée par le chant de Dame Pandora, par quelques claviers sous-jacents et ci et là les tintements de diverses cloches propres aux originales.

Qu’elles soient parfaitement Doom Atmo ("Dein Kalter Stein", "La Clameur Du Silence", "Seul, Face Au Sinistre") ou plus pêchues ("Laissez-Moi Mourir", "Des Illusions"), force est donc de constater que non seulement le résultat de cet exercice, hasardeux par définition, s’avère très correct mais qu’en plus DARK SANCTUARY parvient à demeurer DARK SANCTUARY quelle que soit l’étoffe qui enrobe sa partition, tendant par là à prouver une certaine maturité de composition. Certes, la batterie sonne par moments un peu synthétique et certaines guitares n’ont pas un son de folie, mais cet EP doit avant tout être considéré comme un cadeau aux amateurs (sans devoir investir dans un studio pro). Quelques titres plus emblématiques n’eurent pas été de refus non plus, mais les six retenus ici savent tous proposer quelque chose de suffisamment intéressant pour s’en contenter.

Au moment de noter, c’est donc la curiosité qui prévaudra sur la réalisation. Ce 3 est donc plutôt à considérer comme un 3,5 pour la surprise et le goût du risque.

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- Non Disponible


1. Laissez-moi Mourir
2. Cristal
3. La Clameur Du Silence
4. Des Illusions
5. Seul, Face Au Sinistre
6. Dein Kalter Stein



             



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