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RAP METAL  |  STUDIO

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CLAWFINGER - Deaf Dumb Blind (1993)
Par POSSOPO le 1er Août 2007          Consultée 4239 fois

CLAWFINGER a beaucoup fait parler de lui au sortir de son premier album. Incompris par beaucoup, ce rap metal gavé de samples. Autant, RAGE AGAINST THE MACHINE avait été formidablement accueilli par la presse et les fans, autant, "Deaf Dumb Blind" fait un peu tâche. La faute à un clavier très envahissant ? La faute à un chant 100% rappé par un blanc un peu outrecuidant et le cheveu trop long, La faute à un premier single controversé sur l'utilisation du mot négro au sein de la communauté black. Et le tout venant d'un combo blanc livide tout en attitude.

CLAWFINGER a donc déplu dans une communauté metal alors déjà passablement remuée par l'arrivée de SDF de Seattle venus changer la donne au sein d'un courant vivant en terrain totalement balisé. Trop de trublions en trop peu de temps et CLAWFINGER en prendra plein la gueule. Il faut dire que ce premier album n'a pas que des qualités. Des riffs musculeux épaulés par un synthé extraordinairement mis en avant. Du RAMMSTEIN avant l'heure, oui ma bonne dame. Avec un soupçon de malice en moins, sans l'appui de David Lynch et sans le CV boosté aux ventes locales dès le premier album ("Herzeleid" ne sortira dans toute l'Europe qu'après le succès connu en Allemagne).

Voilà bien, malgré les huées de tous les chevelus de la planète, un disque qui commence fort bien, un premier morceau (le fameux "Nigger") addictif, un deuxième ("The Truth") également bondissant. Bondissant, oui, CLAWFINGER, je me répète, c'est du rap, pas de la fusion pour nerds à la FAITH NO MORE, pas du funk distordu à la LIVING COLOUR ou RED HOT CHILI PEPPERS (avant leur transmutation en machin FM). Et même un rap au flow plutôt rigide (bien plus rigide que celui de Zack De La Rocha), à la dynamique de placard Ikea. Qui plus est, il manque à Zak Tell, le monsieur derrière le micro, un brin de fartage brun à la peau pour bénéficier de l'assentiment des foules. Bizarre quand Ice-T s'autorise une conversion inverse. Mais vous allez me dire que le monde du hardcore est moins décérébré que celui du metal. Et vous aurez absolument raison. Et puis, Ice-T, c'est Ice-T, tout de même. Zak Tell, lui, c'est de la merde, et ses potes avec.

Et puis, il faut bien avouer que toute cette rage n'évolue guère et que le disque tourne assez rapidement en rond. "Rosegrove" manque un peu d'intérêt, "Don't Get Me Wrong" est passablement nul et figé par un groove étrange et inadéquat. C'est presque avec soulagement que le cinquième titre, "I Need You", demi-ballade pas totalement assumée arrive pour modifier une dynamique qui a un peu trop bloqué tous les potards à fond. Plus calme, plus mélodique. Et quatre ans plus tard, le groupe comprendra que c'est par là que le salut viendra.
"Warfair", qui refait pourtant dans la furie du début constitue un nouveau hit potentiel et "Wonderful World", une presque caricature de gangsta rap testostéroné ose le petit côté malin que l'on retrouvera quelques années plus tard chez RAMMSTEIN. Et puis, il y a cette basse slappée sur "I Don't Care".

Alors voilà, "Death Dumb Blind" déplaira pour son côté sévèrement monolithique. Il sent la parodie et on comprendrait presque tous les imbéciles qui se sont foutus de sa gueule lorsqu'ils rencontraient le disque dans les bacs entre CIRITH UNGOL (le groupe aux pochettes plus heroïc fantasy, tu meurs, mais nettement mieux foutues que celles de RHAPSODY) et CORONER, à une époque où même les disquaires les mieux achalandés et organisés peinaient à ranger le rayon metal sous des appellations qui n'avaient de cesse de changer, le style étant assailli de toutes parts par des dizaines d'agitateurs refusant de se conformer aux règles en vigueur dans l'orthodoxie capillaire. La galette est pourtant une nouveauté très intéressante de l'époque et mérite dans ce sens qu'on s'y attarde un minimum, voire un peu plus longtemps encore.

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1. Nigger
2. The Truth
3. Rosegrove
4. Don't Get Me Wrong
5. I Need You
6. Catch Me
7. Warfair
8. Wonderful World
9. Sad To See Your Sorrow
10. I Don't Care



             



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