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BLACK METAL  |  STUDIO

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NARGAROTH - Herbstleyd (1999)
Par POSSOPO le 1er Mars 2007          Consultée 4210 fois

Mon opinion vis-à-vis de NARGAROTH et de son leader Kanwulf s’est métamorphosée en peu de temps. L’écoute approfondie du deuxième album, "Black Metal Ist Krieg" m’avait donné l’impression d’un artiste aussi talentueux que détaché, capable du meilleur second degré humoristique. Le disque n’était rien de moins qu’un étrange melting pot d’obscures reprises de groupes de black metal dans une version…black metal. Le résultat était aussi satisfaisant que surprenant. Mais la lecture de diverses interviews de l’homme-orchestre Kanwulf me laissa pantois. Pousserait-il le décalage jusqu’à l’extrême ou ne serait-il que bêtement mégalomane, dépressif et totalement perdu comme certains autres représentants d’un genre musical noyé par les clichés qui le faisaient vivre ? Inutile d’entrer dans les détails de son discours absurde et totalement dénué de recul, d’autant plus que cette absence de distance se retrouve dans un premier album très souvent loué, le baptisé "Herbstleyd".

Avant toute chose, il est nécessaire de ne pas tromper le lecteur. NARGAROTH n’est pas un énième groupe inutile, se satisfaisant d’une médiocrité qu’il se sait incapable d’éviter. NARGAROTH ne fait pas que répéter les formules des autres. NARGAROTH ne s’est pas inventé un univers grotesque pour masquer une personnalité absente. NARGAROTH bénéficie d’une large audience et bénéficie d’un respect réel au sein de la scène true. Il bâtit avant tout, c’est là l’essentiel, une œuvre authentique.

"Herbstleyd" est une montagne qui a crû sous le flot des éloges de ses adeptes. Sa taille actuelle est d’ailleurs à la mesure de son indéniable ambition. Long, très long, le disque est divisé en plages pas toujours qualifiables de morceaux, tant le climat se fait toujours changeant, d’innombrables passages que l’on qualifiera bêtement d’atmosphériques s’infiltrant dans les multiples pores d’un maelström neurasthénique. Le rythme reste posé, il préfère la torpeur du mid tempo à des blast beats aussi rares que peu vindicatifs. En fait d’atmosphère, ceux qui sont bien plus que de simples interludes fondent littéralement le corps de l’œuvre. Il suffit, pour s’en convaincre, d’écouter cette introduction de cinq minutes aux multiples couches, comme les différentes séquences d’un film. Chants folkloriques féminins, chœurs guerriers mélancoliques, cliquetis d’armures et d’épées, clavier mystérieux. La deuxième plage continue sur de sombres bruits de nature suivis d’une voix féminine récurrente avant qu’enfin, les premiers sons black affirment leur présence avec une accablante tristesse, pour ne prendre que plus tard encore une couleur plus venimeuse.
Et l’aventure continue à l’identique. Synthé envahissant, samples cinématographiques surexposés (du jamais entendu en raw black) et cours d'allemand luttent à armes égales avec une basse, une guitare, une batterie et un chant qui, eux-mêmes, jouent d’une alternance infinie.

S’il fallait étudier chaque extrait indépendamment, il apparaîtrait impossible de disqualifier un ouvrage empli d’innombrables pépites. Mais voilà, tout est dans la cohérence. Et comme ce disque a beaucoup été comparé à du BURZUM, rappelons qu’un mal identique contrarie les projets grandioses des deux artistes, ce manque de liant, d’autant plus indispensable ici que "Herbstleyd" occupe toute la capacité d’un disque compact. Chez Varg Vikernes, le virus est aisément identifiable et provient de la variété excessive des périodes de composition pour un seul et même opus qui le cantonne finalement au rang de bête compilation. Chez NARGAROTH, il semble qu’une bactérie se soit logée dans la démesure de Kanwulf. Une fois encore, le mieux est l’ennemi du bien et à vouloir trop en faire, les maladresses se multiplient.

Beaucoup oseraient les cinq étoiles pour noter cet opus unique et pétri de qualité, je peine à le gratifier de trois astres un peu pâlots, la grandeur de ce patchwork hétéroclite et mal dans sa peau m’ayant échappé, son charme m'ayant pourtant interpellé. Deux étoiles plus brillantes auraient peut-être suffi.

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- Kanwulf (chant, guitare, basse, program)
- Charoon (guitare)


1. Introduction - Herbstleyd
2. Karmageddon
3. Nargaroth
4. Des Alten Kriegers Seelenruh
5. Amarok - Zorn Des Lammes
6. Das Schwarze Gewälde
7. Vom Traum, Die Menschheit Zu Töten - Outroduction



             



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