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CANDLEBOX - Best Of Candlebox (2006)
Par BAAZBAAZ le 16 Août 2006          Consultée 1247 fois
Candlebox, en un sens, est arrivé trop tard. De peu, de très peu. Pas pour vendre des millions de disques, non. Pour, ça, Candlebox est arrivé pile à l'heure, à la seconde près. Mais pour la crédibilité artistique. Comme Stone Temple Pilots, comme Bush, et quelques années plus tard comme Creed, Candlebox a eu droit à l'étiquette controversée, et parfois carrément péjorative, de « post-grunge ». Ce qui signifie en clair que le groupe a raflé la mise en jouant une musique dérivée de celle des Pearl Jam, Nirvana et autres Alice in Chains, avec simplement un petit quelque chose en moins : la spontanéité, la crédibilité, l'irremplaçable place dans l'histoire qu'octroie la qualité de fondateur et non de suiveur. Candlebox s'est formé en 1992, et son premier disque est sorti un an plus tard en plein bouillonnement grunge. Oui, mais voilà : il était déjà trop tard. Candlebox allait devenir l'un de ces groupes à succès que les critiques descendraient sans pitié jusqu'à la fin des temps.

Ce fut d'ailleurs l'une des caractéristiques des groupes post-grunge de l'époque. Des ventes de disques parfois impressionnantes et un mépris presque unanime de la part des observateurs et des médias spécialisés. Pourquoi ce décalage ? Simplement parce que ces groupes se sont contentés – au moins à leurs débuts – de singer un style inventé par d'autres, de le calibrer, de le polir et de lui ôter son caractère novateur et subversif ; ils se sont contentés de le rendre digeste, consommable. Précisément ce Pearl Jam ou Nirvana ont refusé de faire. Les groupes post-grunge sont alors tout bêtement ceux qui n'auraient jamais été signés par les majors si d'autres formations plus talentueuses et aventureuses n'avaient défriché le terrain avant eux pendant des années. Et le pire pour Candlebox était ses origines : Seatle, le berceau du grunge. Là où devait être conservée la pureté originelle, et un peu illusoire, d'une scène musicale devenue une sorte de mythe.

Plus de dix ans après, la carrière de Candlebox est assez typique des trajectoires post-grunge. Un premier disque peu original, calqué sur un modèle assez répétitif – couplets sombres et lents, puis durcissement sur le refrain à grands renforts de guitares rythmiques –, mais suffisamment efficace pour faire exploser les ventes. Puis deux albums moins percutants, moins frais et plus inégaux. Chute des ventes, vaines tentatives pour renouer avec le succès originel. Déclin, indifférence, et finalement sortie d'une compilation. Stone Temple Pilots (d'une qualité et d'une créativité bien supérieures) et Bush ont subi un destin assez semblable. Seul Creed alignera sans trembler des disques abonnés à la première place des charts. Mais avec des compositions d'un tout autre calibre. Car même sélectionnées et rassemblées sur un même album, les chansons de Candlebox apparaissent un peu faiblardes, ou disons dénuées de toute identité propre.

Les extraits du premier album – Candlebox – sont les plus accrocheurs : les tubes « You » et « Blossom » ont conservé leur efficacité et sont un témoignage d'une musique composée et jouée sans talent particulier, mais suffisamment simple et évidente pour correspondre à l'esprit de son temps. Le groupe a construit sa carrière autour d'un démarrage foudroyant, puis n'a jamais confirmé. On entend un peu de Pearl Jam, un peu d'Alice in Chains, mais il manque toujours quelque chose : un refrain mémorable, une mélodie originale, un break venant rompre la monotonie… en troquant la crédibilité contre le succès, en arrivant au bon endroit au bon moment pour engranger les disques de platine, Candlebox n'a pas eu à faire beaucoup d'efforts. Et même si les « Simple Lessons », les « It's Allright » ou les « 10 000 Horses » sont loin d'être désagréables, on sent bien que le groupe n'a fait que sortir trois fois le même album, chaque fois un peu moins bon.

L'arrivée en 1997 de Dave Krusen, ancien batteur de Pearl Jam, n'y a rien changé : Happy Pills, dernier album de Candlebox, fut encore plus stéréotypé que Lucy, le précédent. Aucun n'a vraiment d'intérêt. Et c'est ce qui donne sans doute un certain avantage à un Best of comme celui-ci. Au moins, tous les tubes du groupe y sont alignés en ordre de bataille, et l'on échappe ainsi aux obscures zones d'ombre qui parsèment une discographie à la qualité en dent de scie. Des chansons comme « Understanding » ou « Lucy » apparaissent alors comme des tentatives opportunistes mais finalement sympathiques pour exprimer des sentiments terribles – solitude, tristesse, désespoir, fatalité – dans un format le plus accessible et le plus vendeur possible. C'est toute une époque qui est ici compilée, une sorte de document à valeur historique qui rappelle que l'explosion artistique de Seatle avait aussi généré des dizaines de petits éclats inoffensifs que l'oubli guette déjà.




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- Kevin Martin (chant, guittare)
- Peter Klett (guitare)
- Bardi Martin (basse)
- Scott Mercado (batterie)
- Dave Krusen (batterie)


1. You
2. Blossom
3. Understanding
4. Simple Lessons
5. Best Friend
6. Arrow
7. Happy Pills
8. Far Behind
9. Change
10. Lucy
11. Cover Me
12. It's Alright
13. Sometimes
14. 10,000 Horses
15. Glowing Soul {from The Waterboy}



             



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