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DOOM METAL  |  STUDIO

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THERGOTHON - Fhtagn-nagh Yog-sothoth (1999)
Par MOX le 12 Novembre 2005          Consultée 2137 fois

La mairie de mon petit village organisait un vide-grenier aujourd’hui à l’occasion de la fête votive. Ce n’est pas que je sois réellement attiré par ce genre de manifestations, mais comme j’étais de sortie, allant rendre visite à mon médecin pour le rappel du vaccin anti-tétanique, je me suis arrêté un moment devant un disquaire à l’installation de fortune. En fouillant, je découvris quelques Soundhouse Tapes, un Garage Days Revisited en cassette et quelques vinyls affreux d’un groupe de glam-rock de la fin des années 80 : Pantera. Mais parmi toutes ces inutilités, une cassette audio suscita un vif intérêt de ma part, il s’agissait de la démo du très vieux, très adulé, très culte et très aîné Thergothon, intitulée « Fhtagn-Nagh Yog-Sothoth » (influences Lovecraftiennes, allons-y!), alors produite en 1991 et aujourd’hui ardemment recherchée (les vide-greniers Finlandais en sont d’ailleurs farcis).

Bon, voilà, personne n’a cru à mon histoire qui n’était en fait qu’un moyen détourné pour vous faire comprendre qu’il n’y a guère à espérer de telles investigations, et que si vous êtes en quête de reliquats tels que celui-ci, Eibon Records était au courant, et en a donc profité pour ressortir l’objet, remasterisé s’il vous plaît, en 1999 puis en 2005. Il est indiqué : « Remastering was based on analog tapes, as the original masters are lost. We therefore apologize for the not always perfect sound-quality. » En voilà une belle litote! C’est bien peu dire que le son n’est pas de qualité supérieure, puisqu’il est réellement pourri. Enfin, j’ai pu entendre pire, et l’on peut, au prix de quelques efforts, s’assurer que tous les instruments sont audibles. Seule, en toile de fond, réside une hotte au feu crépitant qui occupe au final une belle place, occultant quasi-complètement le chant clair, rendant les guitares encore plus crades qu’elles ne le sont et masquant sérieusement la batterie.

L’effort dure vingt-cinq minutes et l’accommodation est, disons-le, facilitée par le résultat que je ne saurai décrire différemment de la version album. C’est à dire, Thergothon est lent, conçu autour de guitares bardées de plomb presque entièrement épurées de claviers, et accompagné par un chant…Ce « chant » rend compte du « travail » effectué pour l’album qui suivit, tant il est ici glaireux et agonisant. Le misérable bouffe toutes les syllabes, et même livret à la main (cette réédition comprend les paroles totales, mythes, ténèbres et désolation (on est en 1991 alors ayons la main légère)), le fil n’est pas simple à suivre. Le clavier fait toutefois irruption de manière très ponctuelle, du genre « dis, frérot, avec ton synthé, ça serait bien si tu mettais une note, là, pendant le break ». Très pauvre, en fait.

Et à vrai dire, c’est pour cette raison que Thergothon possède un son très doom/death, quand bien même il ne dépasse pas les limites du doom. Cru et sans pommade funéraire, « Fhtagn-Nagh Yog Sothoth » est morbide et sale. Même « Evoken », inédit très, très bien réalisé autour de riffs doom plombant le moral à zéro, évoque (magnifique, cette redondance…) les DUSK et diSEMBOWELMENT de son époque. Les breaks sont tels qu’ils devraient l’être dans leur définition la plus stricte : coupure du rythme. Pas de clavier, une bonne grosse seconde de vide brisée par un nouvel assaut sur la caisse claire. Enfin, « The Twilight Fade » est elle aussi inédite, courte chanson à la mélodie plus légère et subtile, annonçant un des aspects inaliénables de « Stream from the Heavens » : triste. Dur, mais triste.

Alors on redécouvre Thergothon, plus strict et beaucoup plus approximatif. On se délecte de deux titres tout aussi excellents que ceux de l’album. On ferme les yeux sur un son immonde et on ne réagit qu’en collectionneur. « Fhtagn-Nagh Yog-Sothoth » leur étant uniquement destiné, ma note ne reflète en rien mon avis. Elle n’est là que parce qu’il faut en attribuer une. Que tous ceux qui ne collectionnent pas du Thergothon lèvent la main ! Ah oui…ils n’espèrent pas faire des bénéfices avec, si ?

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- Niko Skorpio Sirkiä (chant, claviers)
- Jori Sjöroos (batterie)
- Mikko Ruotsalainen (guitares)
- Sami Kaveri (guitares)


1. Elemental
2. Evoken
3. Yet The Watchers Guard
4. The Twilight Fade



             



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