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ESOTERIC - Epistemological Despondency (1994)
Par MOX le 25 Juillet 2005          Consultée 1902 fois
Avant de démarrer l’écriture de cet article, je me demandais quel degré d’extrémisme on avait atteint, là, avec ce premier album d’une formation anglaise née en 1992. J’ai, en tête, pléthore de musiques toutes aussi délirantes et tordues, mais en 1994…Mes rares connaissances du genre dans la première moitié des années 90 m’ont toutefois conduit à vous avouer que, vraiment, là, ESOTERIC jette en cette année une pierre effrayante, dans une autre partie de la mare Doom Metal que celle où se trouve à l’époque diSEMBOWELMENT et son brutal Death/Doom fou.

Mais voilà, il s’agit bien là d’émergences, entre 1993 et 1995, de mouvements poussant l’appellation « doom » dans des domaines peu chaleureux et, pour tout vous dire, complètement barrés si vous souhaitez jeter une oreille sur cet "Epistemological Despondency", double CD (vendu au prix d’un seul…) composé de trois titres chacun. Vous aviez –peut-être- l’habitude de morceaux longs (une vingtaine de minutes ? Oui, oui, ESOTERIC s’y applique). Vous connaissez également les titres courts, très rapides et agressifs. Oui, oui, ESOTERIC s’y adonne également. C’est donc un grand point d’interrogation que l’on pose à la fin de l’écoute, lorsque l’on ne parvient pas à comprendre pourquoi est-ce si lent pendant vingt minutes, puis terriblement violent pendant les deux minutes suivantes à l’occasion d’un autre morceau.

Je n’ai d’ailleurs toujours pas compris. Il n’y a probablement que cette énigme, mais il subsiste de nombreuses étrangetés au sein de leur musique, qui évite soigneusement de vous proposer une mélodie ou un schéma. Au mieux, ce sera un riff répété pendant près d’une demi-heure, sortant d’un ampli laissant vrombir la sauce, et passé sous trois couches de laine de verre. Un enregistrement véritablement chiche, digne des premiers NAPALM DEATH, où seul un brouhaha de cordes semble émaner de vos enceintes lorsque vous placez, singulièrement attirés par un groupe à la réputation « justifiée, je t’assure », la galette pour la première fois dans le mange-CD. Et afin de vous rassurer, j’avoue entrer dans une nouvelle écoute avec la peur jubilatoire que l’on peut éprouver à l’idée de réessayer un manège plutôt violent. On voit tout arriver, les mouvements seront doux au début, et puis inéluctablement, on en est certain, tout va s’affoler et ce sera douloureux.

ESOTERIC, et à plus forte raison ce premier album, est une boule, un condensé d’énergie réunie en une matière sphérique, et qui vibre. N’importe comment. Un bout de guitares, une cymbale, un chant, le tout sous forme d’ondes. Dès la sortie de la boule, l’onde se retrouve plongée dans un milieu hautement résistant, filtrant tout et déviant leur trajectoire. La guitare finit rapidement par se robotiser, et il en est de même pour les rares intonations Black Metal. Seul un profond et incompréhensible chant Death Metal reste constant, comme aidant à la libération d’impulsions électriques. Et évidemment, un milieu privilégiant la propagation du son, puisque tout résonne. A outrance.

Même si l’on arrive à tomber facilement dans ces hallucinations sonores, il est fort probable que quelques défauts viennent vous réveiller. Ce morceau de deux minutes, Death Metal sous forme de bouillie auditive (impossible de suivre quoi que ce soit), ces répétitions et la densité effarante de l’œuvre, contre laquelle ESOTERIC a cherché des solutions : quelques guitares à la mode « stoner » ou encore ce long passage bruitiste (à la limite de l’extrémisme « noise ») sans réel instrument. Et même si, au fond, il ne vous vient pas cette boule d’énergie à l’idée (elle n’est venue qu’à moi d’ailleurs), vous aurez probablement cette sensation de voyage dans le vide intersidéral, où les sons vous entourent et les notes décochées aléatoirement, créant un effet illusoire auquel la pochette rend honneur. Mais malgré cette relative « légèreté », "Epistemological Despondency" pèse un âne mort, choisissant de faire se relayer quelques riffs plus audibles toutes les 6 minutes.

Très honnêtement, cet essai monolithique n’est pas conseillé pour pénétrer l’univers bizarroïde d’ESOTERIC. Mais il est en soi tellement fou, tellement anti-conformiste en ces notes jouées sans ordre et ces passages de chant death à chant black en une fraction de seconde, qu’il n’est pas un mauvais ESOTERIC , si tant est que vous soyez séduits par le groupe. Mêmes encouragements pour les aficionados du jusqu’au-boutisme, l’album vaut le coup. Le jusqu’au-boutisme, on nage en plein dedans.




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- Bryan (basse)
- Gordon (guitares, claviers)
- Greg (chant)
- Simon (guitares)
- Stuart (guitares)
- Darren (batterie)


1. Bereft
2. Only Hate (baresark)
3. The Noise Of Depression

1. Lamented Despondency
2. Eradification (of Thorns)
3. Awaiting My Death



             



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