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METAL INDUS  |  STUDIO

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- Membre : Enslaved

RED HARVEST - Cold Dark Matter (2001)
Par UDUFRU le 10 Mars 2005          Consultée 1750 fois

Des artistes de la scène métallique norvégienne, on n’entend pas souvent le plus grand bien. Assassinats, profanations et destructions d’églises, idéologies rétrogrades, des polémiques diverses et variées entourent ce milieu sulfureux et concourent à lui donner son aura d’interdit. Mais, bien que leurs noms fassent moins recette et soient mystérieusement inconnus des médias, ô combien friands de scandales, il existe une poignée d’irréductibles chevelus dont le goût pour l’extrême n’a pas besoin de s’exprimer par des actes ouvertement violents, et qui choisissent de se déchaîner sur des cordes plutôt que sur des corps. Parmi ces trublions blancs comme charbon, on trouve les indispensables ENSLAVED, dont la conduite n’a d’égal que la musique, mais aussi une autre formation de vieux de la vieille qui ne connaît pas la même popularité, malgré une qualité constante de composition (j’espère avoir confirmation de cette élogieuse assertion avec le nouvel album sorti il y a un mois seulement) : je veux bien entendu faire allusion à RED HARVEST.

Si on parle moins de RED HARVEST que de n’importe quelle autre combo scandinave, c’est peut-être parce que le souci de mettre des étiquettes concises et restrictives confine à l’obsession dans le milieu d’élitistes pointilleux auquel nous appartenons. Or, il peut sembler ardu de ranger RED HARVEST dans un tiroir bien précis, comme en témoigne une rapide consultation du manuel des Castors Juniors du metal, autrement dit le catalogue Adipocère, qui trône comme il se doit au beau milieu de mon bureau : « Apocalyptic Paranoïa Metal »… Voilà une dénomination pour le moins ésotérique, qui allèche le client, certes, mais qui n’apprend rien au curieux. Alors sachez, pour votre gouverne, que RED HARVEST est une savante alchimie entre l’indus, l’electro et le metal, à l’instar d’un MINISTRY qui aurait avalé une double-pédale au petit déjeuner. Voilà. Finalement, ça n’était pas si compliqué, mais là où on gagne en précision, on y perd un peu en poésie.

RED HARVEST a accouché de nombreux albums et EP depuis 1992, mais le plus ancien que l’on peut dénicher dans notre beau pays (et encore, en furetant à droite à gauche) date de 2001… Sans commentaire. L’objet se compose d’une jaquette plutôt sobre et abstraite, dont on jurerait que NINE INCH NAILS s’est inspiré par la suite pour ses propres artworks, et d’un CD dont la finalité est d’atterrir dans une platine impérativement équipée d’un gros son. Car « Cold Dark Matter » impose d’entrée de jeu la saturation comme instrument à part entière. Dès le début de l’album, une rythmique lourde, oppressante, s’empare de tout l’espace sonore, et on se sent comme nu et sans défense face à la charge d’un immense troupeau de buffles aux cornes acérées. Cette sensation perdure plus ou moins tout au long de l’écoute, qui nous conduit des abysses de la brutalité (« Absolut Dunkel:heit ») jusqu’aux ténèbres insondables (« Junk-O-Rama ») avec un égal talent.

Ne cherchez pas ici des averses de démonstrations techniques, et laissez-vous plutôt emporter par une ambiance morbide et marécageuse. Jamais l’air environnant ne vous aura semblé plus moite, jamais l’impression de s’enfoncer inexorablement dans des sables mouvants ne vous aura parue plus nette. Un tonnerre rythmique, parfaitement maîtrisé par un très bon batteur, vous incitera à vous débattre (« Fix, Hammer, Fix ») mais alors, vous ne ferez qu’empirer votre situation et l’issue finale s’imposera d’autant plus cruellement (« The Itching Scull »). Les gros riffs agrémentés de la friture caractéristique de la musique industrielle se succèdent de façon répétitive, sans fioriture, dans le but avoué de nous faire courber l’échine devant la puissance immuable des éléments. Une voix plutôt thrash se dilue avec homogénéité dans l’ensemble et accentue, grâce à la surimposition d’une multitude d’effets, la sensation angoissante d’avoir atteint une dimension post-apocalyptique où les cris du dernier survivant de l’humanité résonnent à l’infini dans un monde vide et désolé (« Omnipotent »).
Plus que tout autre élément musical, l’utilisation des claviers et des samples inquiétants est ici absolument impériale, et on ne s’étonne guère que Blasphemer et Hellhammer de MAYHEM aient entrepris de travailler avec Lrz.. . au sein de l’excellent side project MEZZERSCHMITT. Le choix des samples est parfaitement adéquat et instille la base d’une atmosphère dont la charge électrique est tangible, presque pâteuse.

Avis aux amateurs d’indus et de metal qui n’ont jamais trouvés le parfait compromis entre leurs styles de prédilection (j’en ai longtemps fait partie), RED HARVEST est l’idéale fusion de ces genres, mêlant savamment violence incontrôlable et malaise délétère. Un metal norvégien qui ne trouve nul autre semblable, et dont on se délecte de l’originalité et de la richesse sonore.

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- Lrz.. . (samples, claviers, programmati)
- Turbonatas (guitares)
- Ofu Kahn (guitares, vocaux)
- Thomas B (basse)
- E_wroldsen (batterie)


1. Omnipotent
2. Last Call
3. Absolut Dunkel:heit
4. Cold Dark Matter
5. Junk-o-rama
6. Fix, Hammer, Fix
7. The Itching Scull
8. Death In Cyborg Era
9. Move Or Be Moved



             



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