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BATTLE METAL !!!  |  STUDIO

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TURISAS - Battle Metal (2004)
Par JULIEN le 16 Octobre 2004          Consultée 10159 fois

Franchement, dites moi un peu, chers lecteurs... Que peut-on attendre de musiciens qui sont manifestement allés piller les studios tournant l’ « Odyssée de l’Espèce », se rendant coupable de rapines de tenues en peaux de bêtes ? Que peut-on attendre d’une formation de cinq gaillards pleins de muscles et de peintures belliqueuses, et qui brandissent des symboles phalliques métalliques en bombant un torse velu ? Qu’attendre d’un groupe qui choisit une pochette hérissée des lances d’une armée conquérante, défiant le ciel se colorant d'un crépuscule sanglant ? Qu’attendre d’un groupe qui choisit pour patronyme le nom d’un ancien Dieu de guerre ? Je vous le donne en mille... Du Metal de bataille voyons !

TURISAS, puisque c’est là la bannière de rassemblement de cette horde poilue totalement gaga de Conan le Barbare, pratique donc du « Battle Metal ». Bah oui, c’est même écrit dessus... sauf que là, pas de salut ! Il faut bien le dire, le « Battle Metal », c’est pas fait pour les petits mangeurs de Lustucru, hein, on est pas là pour faire chanter les marmites et embrocher les poulets en vue du festin du prochain dîner. Naaan, chez les TURISAS, on fait dans le guerrier, le bien pompeux qui fait du gros vacarme avec les trompettes et fait chanter les gosiers avides de sang frais. Et les provisions musicales ont été finement sélectionnées pour nous immerger tout de go dans un bain métallique fort en images épiques, quitte à appuyer grassement le trait !

Certains chroniqueurs n’ont pas manqué de résumer hâtivement TURISAS à une sorte de version débridée de FINNTROLL... certes, de l’utilisation d’instruments Folk à la vigueur truculente de l’un ou l’autre passage (le break de "Midnight Sunrise", le gigotant "Sahti Waari"...), l’influence de FINNTROLL est indéniable... et je lui ajouterais même celle d’ASMEGIN, pour la prévalence d’instruments aux sonorités plus authentiques (notamment les violons). Mais, par Crom ! comment omettre un autre nom, à l’écoute de ces "Battle Metal", "Among Ancestors" ou "The Messenger" ? Comment ne pas esquisser un sourire béat (pour ma part) lorsque résonnent ces mélodies et ces claviers bien évocateurs, à la frontière du kitsch, et qui font toute la personnalité de BAL SAGOTH (particulièrement celui de « Battle Magic »... Tiens donc) ? Hein ? Ecoutez "As Torches Rises", et dites moi si la filation ne vous saute pas à la gorge comme le barbare assoiffé sur la première chope d’hydromel se faufilant sous ses narines écarquillées !

Bon, je vous vois venir : TURISAS, héritier sans génie du maître d’armes BAL SAGOTH et du troll des forêts FINNTROLL ? Ce serait offenser un si sympathique personnage que de le réduire à un banal syncrétisme musical... car faute de musser ses influences, TURISAS en produit une utilisation remarquable, et évite les travers de la vilaine copie sans verve : Les armes et quelques mouvements d’attaques, ainsi que l’une ou l’autre botte, proviennent manifestement de l’héritage légué par ces deux maîtres à penser, mais TURISAS a eu l’excellente idée de développer son propre style de combat : des riffs bien Metal et mélodies Folk à l’utilisation de percussions diverses et variées, d’un rythme effréné à des gigues sautillantes, TURISAS joue à fond la carte de l’emphase barbare (les chœurs sont plutôt impressionnants) et colorée de sa musique, et accouche d’un disque qui n’a de cesse de m’enthousiasmer, tant les ambiances sont prenantes, avec ce quelque chose d’un esprit Metal assumant à 100 % ses clichés (je pense souvent à l'esprit DIE APOKALYPTISCHEN REITER avec ce « Battle Metal »... on relèvera par ailleurs le petit clin d’œil sur les passages récités de "One More"). Et le tout se voit relevé d’une touche d’originalité, qui permet au disque de s’offrir une vraie singularité : le génial "The Land And Glory", par exemple, s’ouvre sur une sorte d’orgue Hammond avec quelques boucles électroniques dans le fond, avant de s’élancer à l’abordage d’une mélodie de violon Folk sur riffs hachés, et d’embrayer sur des tempos Speed épiques avec chœurs majestueux... sans oublier un break mémorable, investi d’un chœur de taverne pittoresque ! Qui a dit « copie sans âme » ?

Cette diversité et cette utilisation intelligente et mêlée des influences, ce côté cliché, outre qu’ils rendent l’écoute bien plus agréable, évitent aussi qu’on prenne tout ça trop au sérieux... et à ce prix, l’écoute en devient jouissive pour moi, tant les compos sont bien troussées, vivifiantes, truffées de breaks qui égaient la découverte de cette mixture dynamisante, et trouvent le juste milieu entre un caractère guerrier emphatique et les facéties Folk, avec une assise plus Speed Metal ou Heavy classique que véritablement Black : des morceaux comme l’emblématique "As Torches Rises", très BAL SAGOTH jusqu’à ce qu’un superbe break Folk à la FINNTROLL n’en perturbe la flopée épique, sont archétypiques du talent de TURISAS, qui parvient à faire se rencontrer les deux mondes en ne piochant en chacun d’eux que le meilleur.

Du coup, je serais presque prêt à parier que même les auditeurs n’appréciant pas particulièrement l’une ou l’autre des formations pré-citées pourraient apprécier ce « Battle Metal », la coopération scellée entre ces deux inspirations contribuant à atténuer les extravagances de l’une comme de l’autre, et aboutissant à une mise en valeur des qualités qui leur sont respectives (il suffit que les claviers vous fatiguent pour que le groupe, investi d'une espèce de prescience, casse tout ça avec un bonne intervention Folk, un passage ambiant, ou un crescendo martial). Des réflexes appartenant généralement aux groupes déjà rodés, qui savent comment maintenir l'intérêt tout au long d'un morceau.

Du coup, « Battle Metal » est devenu un visiteur fidèle de ma platine, sans que je ressente de lassitude. Il faut dire que le groupe s’avère singulièrement doué pour créer moult passages tout simplement captivants comme "One More" et son alternance riff saccadé tressé de violons et gros riffs avec claviers et chœurs tonitruants, titre nanti d'un esprit (et d'une mélodie) à la "The Village Of Dwarves" de RHAPSODY... à noter aussi une accélération très bien pensée fiançant menace et gaieté. Et je ne parle pas de l’acoustique et presque mélancolique "Katuman Kaiku" qui referme l’album, ou du très Speed "Midnight Sunrise" au refrain à la FAIRYLAND... le sommet étant atteint avec "Rexi Regi Rebellis" : un morceau épique à tiroirs, introduit par un prologue parlé sur fond de claviers ambiants ("Prologue Of RRR"), et qui repose sur une nouvelle de Zacharias Topelius, poète finnois s’étant attardé sur la guerre de trente ans déchirant l’Europe entre 1618 et 1648.

Bon, après ce concert de louanges... qu’en est-il des défauts ? Je vais vous faire une confidence : personnellement, je trouve ce disque tellement bien foutu et accrocheur, si frais et attractif, que je rechigne quelque peu à modérer mes propos dithyrambiques. Mais produisons toutefois cet effort : on pourra faire le même reproche qu’à BAL SAGOTH, à savoir l’utilisation de claviers peinant vraiment à retranscrire la rondeur et la puissance des cuivres (je n'ose imaginer ce que ça donnerait avec de vrais instruments), et on pourra également dire que le groupe a des influences trop marquées, qu’on a par instants, et malgré les propos déposés plus haut, l’impression d’écouter un hybride réussi de BAL SAGOTH et FINNTROLL (ça va, on a compris...) avec une pointe Speed à la RHAPSODY (en outre - de vin ? -, certains passages Folk évoquent tout à fait le combo italien), et qu'une touche d'originalité plus accentuée ne lui ferait pas de mal (et le groupe prouve qu'il en est capable sur un morceau comme "The Land And Glory")... mais lorsqu’une formation comme TURISAS s'ébroue avec autant d’efficacité, de cœur et de pertinence, mettant au monde un pavé qui passe très vite, bien qu’il compte cinquante sept minutes au compteur... non, franchement, on pourra me blâmer sur le coup (et encore), mais ce disque est mon dernier gros coup de cœur, et je lui attribuerais personnellement la note max rien que pour ça ! Mais je conçois que les points par moi relevés agissent de façon plus rédhibitoire pour d'autres (d'autant que je suis un fan absolu des deux formations qui recueillent un maximum de nominations dans cette chronique)... et j'en tiens compte au niveau de la notation en n'attribuant pas la cinquième étoile à ce disque (alors que l'envie m'en démangeait). Ah ! si le groupe avait eu les moyens de recourir à un orchestre pour suppléer à certains claviers... M'enfin... Vive TURISAS !

Note personnelle : 4.5/5
Note tenant compte de mes remarques "négatives" : 3.5/5 à 4/5

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- Warlord Nygård (chant, progr., perc.)
- Jussi Wickstrom (guitare élec. et ac., basse)
- Tude Lehtonen (batterie et percussions)
- Antti Ventola (claviers, piano, orgues)
- Georg Laakso (guitare élec. et ac.)


1. Vicoriae And Triumphi Dominus
2. As Torches Rise
3. Battle Metal
4. The Land Of Hope And Glory
5. The Messenger
6. One More
7. Midnight Sunrise
8. Among Ancestors
9. Sahti-waari
10. Prologue Of R R R
11. Rexi Regi Rebellis
12. Katuman Kaiku



             



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