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DOOM DEATH  |  STUDIO

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2021 Corporeal Torment
 

- Style : Coffins, Autopsy, Hooded Menace, Disembowelment

ANATOMIA - Corporeal Torment (2021)
Par PERE FRANSOUA le 26 Février 2025          Consultée 308 fois

Admettons, vous recherchez à écouter du Doom-Death ou du Death Doom, mais pas un de ces innombrables groupes mélodico-mélancoliques à la production maousse-moderne, avec des claviers ou du violon, des vocaux de bête et de belle, affublés de pochettes automno-brumeuses. Non, vous voulez du bien glauque, du gras de moine mort, de la raclure de caveau, avec des borborygmes vomitifs, des cordes bien rouillées et croustillantes, bref vous voulez du vieux Death lent et putride.
Figurez-vous qu’il y a en plein des groupes de ce genre, tous ayant pour point commun des logos illisibles et des pochettes repoussantes en noir et blanc comme au temps béni des démo-lonies.
Et parmi tous cela c’est ANATOMIA que j’ai choisi.

ANATOMIA a tout ce que vous pouvez souhaiter. Un trio jouant du Death crado et Doom dégueu, le son gras et râpeux, le gargouillis exagérément caverneux donnant l’impression que le chanteur s’étouffe avec son vomi, la production volontairement sale, la distribution disloquée, la facture fatalement sous-terraine et la renommée itou.
Ils sont actifs depuis 2002, très prolifiques malgré la force repoussoir de leur zik, quatre albums en seulement vingt ans mais plus d’une vingtaine de splits avec d’autres croque-morts du monde entier, ils jouent beaucoup en concert et tournent un peu partout dans les sales clubs du monde, et pour couronner le tout ils sont japonais et le chanteur principal est aussi le batteur, comme leur modèle AUTOPSY. Trop cool.

J’aurais pu choisir de vous parler de COFFINS, d’autres Japonais qui labourent le dégueu Death, il y a une discographie à compléter. Mais comparé à COFFINS, ANATOMIA, c’est un peu le frangin qui n’a pas réussi, qui passe inaperçu, et qui pourtant vit heureux. C’est aussi et surtout moins de groove gras en tempo moyen à la ENTOMBED, pas de grosse prod’ rutilante mais du vrai artisanat et plus de lenteur, beaucoup plus de lenteur.
S’attaquer à ANATOMIA c’est aussi une entrée idéale pour vous parler prochainement de WORMRIDDEN, un condensé d’immondice Death performée par notre très occupé Takashi Tanaka et l’encore plus occupé David Torturdød de UNDERGANG (entre autres), chefs de ces deux entités qui pondirent un beau split en 2022.
Je finirais bien par traiter tous leurs albums studio (et même quelques splits si le cœur m’en dit) et comme il faut bien commencer quelque part, je choisis de débuter par la fin avec ce dernier LP en date. Ça tombe bien, il n’est point trop long (seulement 41 minutes) et il s’analyse facilement.

Redevenus duo après une valse de guitaristes, Takashi Tanaka et Jun Tonosaki concoctent un beau cadavre composé de quatre morceaux cousus par des fils épais de fuzz affriolant, dont la moitié de la duré totale est prise par la quatrième piste, "Mortem" un gros bout de cadavre de Drone caverneux entretenu par le bouillon oppressant d’un bourdon de guitare, les abysses seulement rythmés par les griffures de cymbales perçant la brume électrique, tandis que les toms se perdent dans les échos et les ronflements de bête dans une ambiance ritualiste et repoussante. Si on avait pu voir poindre des velléités de nous ambiancer macabrement sur certains méfaits précédents, nous remarquons que cette pièce est une vraie évolution dans une carrière plutôt marqué par le gout pour creuser le même trou.
La piste précédente, la trois donc, nettement Funeral Doom, exhale aussi l’ambiant par une lancinante procession du fond des tréfonds, dont les riffs se disloquent dans des parois de fuzz, et qui se termine par des samples de voix.
Nous compterons donc sur les deux premiers morceaux pour labourer comme il faut dans le style qui sied à nos Japonais, qui colle des viscères de Death primitif qui n’a pas toujours peur des accélérations à des organes décomposés de Doom trainant, parfois renfloué de groove gras de punk à chien crevé (le D-Beat qui rompt la lenteur de "Slime Of Putrescence") et tantôt maquillé de notes lugubres me faisant penser au mythique DISEMBOWELMENT.

Il n’est pas évident de parvenir à poser une oreille sur les derniers morceaux engendrés par notre duo de croque-morts nippon, c’est pourquoi nous découvrons le voile mortuaire d’ANATOMIA par cette œuvre de 2021, qui n’est peut-être pas ma favorite (je pense préférer la production plus grave et consistante de "Decaying In Obscurity") mais qui s’aborde avec beaucoup de facilité et se laisse bien déguster malgré un menu qui peut effrayer (une traversée des Enfer de vingt minutes peut faire fuir.) Orné comme ses prédécesseurs d’un beau dessin bien gore de Eiichi Ito, tout en gris de crayon, "Corporeal Torment" est un cadavre agréablement malaisant dont on visitera la sépulture presque encore plus facilement que les autres, le masochisme auditif étant aussi inéluctable que notre futur trépas.

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   PERE FRANSOUA

 
  N/A



- Jun Tonosaki (guitares, basse, vocaux)
- Takashi Tanaka (batterie, vocaux)


1. Dismemberment
2. Slime Of Putrescence
3. Despaired Void
4. Mortem



             



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