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POWER METAL  |  STUDIO

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1999 1 The Temple Of Theil
2002 The Almighty
2004 Hard As Iron
2023 Hephaestus
 

- Style : Domine, Dragonheart

HEIMDALL - Hephaestus (2023)
Par GEGERS le 10 Octobre 2023          Consultée 2092 fois

Il y a des noms qui, sans que l'on sache réellement pourquoi, attisent immédiatement la sympathie : HEIMDALL en est un, tout comme IRON FIRE, REBELLION, KALEDON ou CRYONIC TEMPLE. Il n'est pas nécessaire de creuser bien profond néanmoins pour comprendre la raison de notre immédiat intérêt envers ces groupes : ils ont débuté leur carrière au moment où beaucoup d'entre nous, nés dans les années 80, commencions à nous pencher sérieusement sur ce genre alors en plein essor que certains médias baptisaient alors Power Metal, d'autres Speed Mélodique. Tandis que les HELLOWEEN, HAMMERFALL et autres STRATOVARIUS sortaient tout juste de périodes fastes ou plus incertaines, de nombreuses jeunes pousses ont, à l'aube des années 2000, tenté avec plus ou moins de succès de se faire une place sur une scène de plus en plus foisonnante. Les Italiens de HEIMDALL, dont le patronyme est issu d'une divinité de la mythologie nordique, bénéficie à la fin des années 90 de la brèche ouverte par le succès de RHAPSODY : non pas que le groupe œuvre dans le même genre musical (son Power se fait alors plus médiéval que symphonique), mais il démontre que d'autres talents transalpins ont eux-aussi leur place sur la scène européenne. Le temps de quatre albums le groupe s'évertuera à le prouver, en même temps que ses compatriotes de DOMINE, DOOMSWORD, THY MAJESTIE, autant de groupes souvent portés par le label Scarlet Records, fondé en 1998, qui rassemblera tous ces espoirs sous une même bannière.

Au milieu des années 2000, le manque de succès et des envies d'ailleurs plongent HEIMDALL dans une catalepsie qui ne prendra fin qu'en 2013 avec la sortie de l'album Aenid, porté par un line-up renouvelé. Les promesses de ce nouveau départ ne seront néanmoins pas suivies d'effets : si le groupe se remet au travail en 2017 (et en profite pour sortir le morceau "Knights Of Riverland"), de nouveaux changements de line-up, la double paternité du chanteur Gandolf Ferro et, naturellement, la chappe de plomb posée sur la culture en 2020 et 2021, expliquent pourquoi 10 années auront été nécessaires pour l'élaboration et l'enregistrement de ce sixième album.

Le risque était grand que Hephaestus (en français : Héphaïstos) sorte dans l'anonymat le plus total. Pourtant, soutenu par une nouvelle maisons de disques (les Allemands de Pride & Joy Music), HEIMDALL signe ici un retour finalement plutôt remarqué, et à juste titre. Car s'il ne revient pas à l'essence de sa musique, n'installant pas ici d'ambiance médiévale, le groupe italien semble bien décidé de revenir à une version épurée d'un Heavy Metal puissant et mélodique. L'année où VIRGIN STEELE touche le fond avec un nouvel album inécoutable, ce genre d'entreprise mérite d'être salué.
Ainsi, HEIMDALL fait court, son Hephaestus ne mesurant pas plus de 40 minutes au garrot. L'album n'est pas un concept à la gloire du Dieu grec, mais il est vrai que l'image de ce dernier se prête fort bien à l'exercice d'un album de Power Metal : après tout, le Dieu-forgeron, fils de Zeus et de Héra, maîtrise le feu et la métallurgie. Existe-t-il un dieu plus adapté à ce style musical ? D'autant plus que Héphaïstos est un dieu complexe, dont les failles très humaines permettent la nuance et la subtilité. De subtilité, HEIMDALL n'en fait pas vraiment preuve au moment de présenter le dieu, crinière blanche et musculature surdéveloppée, sur la pochette de son album, de même qu'en en faisant le protagoniste du morceau d'ouverture de l'album, qui propose un tempo modéré mais sur lequel le refrain, asséné avec force et conviction, résonne comme des coups d'un marteau inépuisable dans quelque forge divine. Le son est clair et, si la production semble parfois mettre la batterie en retrait, il y a ici une modération dans les arrangements qui nous permet d'apprécier les morceaux pour leur beauté brute. Sans parler de diamants, il y a ici matière à s'éblouir. Audacieux, HEIMDALL casse les rythmes et varie les ambiances, proposant au sein du même morceau ("Hephaestus", toujours), quelques lignes acoustiques, des chœurs à la virilité débordante, et quelques lignes de chant en canon, pour un résultat non seulement cohérent, mais aussi très savoureux.

Lorgnant du côté d'un Speed Metal résolument frappé du sceau des années 2000, "Masquerade" et "King", qui se succèdent avec pertinence et logique, nous balancent des cavalcades rythmiques dont l'impact est tempéré, voir rehaussé, par la splendeur des mélodies proposées, qu'elles soient portées par les guitares de Fabio Calliori ou le chant solennel de Gandolf Ferro, dont le charisme et l'autorité naturelle évoquent souvent Andy B. Frank (BRAINSTORM). Levant parfois le pied sur la véhémence des guitares, laissant plus de place à quelques arrangements néo-classiques, HEIMDALL tend à se faire plus accessible le temps du réussi "The Runes", mais le bien nommé "Power", dont la guitare solo tisse et retisse une toile frénétique de mélodies néo-classiques, remet le clocher au centre du village. Idéalement placée en milieu d'album, la ballade "Till The End Of Time" agrémentée d'un piano au désespoir dégoulinant propose des lignes de chant doublées pour plus de puissance et une montée en intensité particulièrement théâtrale à l'image, disons le pour rester dans le thème, d'une tragédie grecque. Il y a de la grandeur dans ce Heavy Metal qui, loin d'être larmoyant, pousse très haut le curseur de l'émotion authentique.

"We Are One" et "Spellcaster" peuvent sembler plus convenus une fois la démarche du groupe acquise, mais la fin de l'album n'est néanmoins pas une déception puisque HEIMDALL propose, en guise de clôture, une relecture toute personnelle de l'intemporel "The Show Must Go On" de qui vous savez. Particulièrement théâtral, ce morceau semble taillé pour les Italiens qui parviennent à en extraire sa substance sans pour autant rogner sur sa subtilité. Les riffs sont plus marqués et pesants, le chant se fait péremptoire, mais le refrain a toute latitude pour s'envoler. Le break souffre un peu de la mise en avant trop importante de la guitare solo, mais qu'importe, il en résulte sans aucun doute une des relectures les plus réussies de ce classique de QUEEN.

Et finalement, 40 minutes plus tard, HEIMDALL a fait mieux que revenir de nulle part. Le groupe porte ici son Power Metal comme un étendard, assez loin des attentes et des conventions. Ce faisant, le groupe surprend, séduit, et nous propose ce qui est sans doute l'album de Power le plus authentique depuis de nombreux mois. Et si la rareté est nécessaire au groupe pour nous proposer des albums de cette trempe, alors qu'il ne se presse pas pour composer son successeur : nous l'attendrons.

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   GEGERS

 
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- Fabio Calluori (guitare)
- Gandolf Ferro (chant)
- Carmelo Claps (guitare)
- Nicolas Calluori (batterie)
- Franco Amoroso (basse)


1. Hephaestus
2. Masquerade
3. King
4. The Runes
5. Till The End Of Time
6. Power
7. We Are One
8. Spellcaster
9. The Show Must Go On



             



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