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- Style + Membre : Lionsoul

SPELLBLAST - Nineteen (2014)
Par GEGERS le 13 Avril 2014          Consultée 1795 fois

S'attaquer au magnum opus de Stephen King qu'est "La Tour Sombre" est une véritable gageure. Transposer ces sept volumes extraordinaires en un "petit" album de Heavy Metal est un défi que seul une bande d'Italiens un peu fous pouvait relever. Car ce chef-d’œuvre de l'auteur américain (sans doute l'une des sagas de littérature contemporaine les plus marquantes, rien de moins), mêle les styles et les époques, trimbale le lecteur dans le monde moderne, ou dans un monde parallèle (mais l'est-il vraiment ?) qui tient autant du western à la John Wayne que de la science-fiction façon Robert Silverberg. Les histoires et les intrigues se déroulent et s'entremêlent, jusqu'à ce que le destin (le fameux kã) vienne apporter une fin (mais en est-ce vraiment une) à l'ensemble. Ébloui par cette pièce-maîtresse de la littérature, Luca Arzuffi décide que le troisième opus des SPELLBLAST sera un album-concept basé sur les aventures du pistolero Roland Deschain et de ses compagnons ou ne sera pas. En résulte ce "Nineteen" (dont le titre ne sera évocateur que pour ceux qui ont lu les ouvrages), qui remet les choses à plat pour la formation italienne, après deux albums marqués par le Folk Metal et la mythologie nordique.

Remettre les choses à plat, pour SPELLBLAST, cela veut dire avant tout se débarrasser de ses dernières influences Folk. Dommage, car cette particularité qui permettait au groupe de se démarquer était fort bien exploitée sur "Horns Of Silence", le premier album remarqué de 2007. Reste que les instruments typiquement folk auraient eu bien du mal à soutenir la thématique adoptée par le groupe sur son nouvel album. Fort judicieusement, SPELLBLAST laisse donc de côté les binious pour revenir aux fondamentaux : des guitares acérées, et un Heavy / Power des plus classiques, sur lesquels viennent néanmoins se greffer de nombreuses ambiances "western", apportées par des cuivres prédominants qui toucheront la corde sensible des amateurs des films de Sergio Leone. Le mélange fonctionne à merveille, et un titre tel que l'enlevé "Until The End", qui mêle rythmique énergique, riff mordant, introduction symphonique et cuivres western ostensibles, frappe fort et donne la teneur d'un album qui, s'il souffre d'une certaine linéarité, se veut le plus souvent emballant.

La présence des cuivres sauvent, il faut bien le reconnaître, l'ensemble. Car si SPELLBLAST maîtrise son sujet, et développe encore plus sa facette épique, qui nous voit partir à Lud ou à Gilead en compagnie du kã-tet, l'ensemble ne témoigne pas d'une grande originalité, et ne permet pas au groupe de séduire de manière inconditionnelle. Pris individuellement, il n'y a pourtant pas grand chose à redire sur ces titres Heavy / Power résolument agressifs mais toujours empreints de mélodies accessibles, comme autant de câbles auxquels s'accrocher. L'accès n'est malgré tout pas réservé aux amateurs de la saga de Stephen King, puisque les textes, somme toute génériques et peu précis, ne reprennent pas la trame narrative des ouvrages, et sont faits essentiellement de réflexion quant à la condition humaine, même s'ils se voient enrichis de nombreux éléments tirés de chacun des sept tomes de la Tour Sombre. Un choix respectable, tant il est évident que les ouvrages n'auraient pas pu être ainsi résumés en 12 textes.

Reste que, à force de persévérance, ce "Nineteen" finit par livrer ses secrets, et s'impose comme une belle réalisation de la part des Italiens. Les titres les plus directs font mouche et frappent très fort ("Eyes In The Void"), et dégagent comme une impression de sérénité de la part d'un groupe maître de son propos, qui semble avoir enfin trouvé la voie naturelle de sa musique. Un vrai souffle épique règne sur l'album, et l'on ne peut qu'être happé par la grandeur d'un titre tel que "Into Demon's Nest", qui transmet toute la tension ressentie par les protagonistes de la saga. Comme un pont entre les mondes. Les titres les plus sombres, à l'image du futuriste "Programmed To Serve", dont les ambiances futuristes collent parfaitement avec un passage de l'ouvrage orienté science-fiction, mettent plus de temps à révéler leurs atours, mais finissent par s'insérer naturellement dans un album qui fait la part belle aux mélodies héroïques.

Véritable challenge, ce troisième album de SPELLBLAST prouve que le groupe, en remettant ainsi en cause ses acquis et son passé, en a bien plus sous le capot que ce que ses réalisations précédentes pouvaient laisser présager. En mêlant ainsi les styles, les influences et les ambiances, les Italiens accouchent d'un album de Heavy / Power ambitieux, qui satisfera plus les amateurs de NOCTURNAL RITES que les fans des précédents albums du groupe. Un tour de force réussi, bien entendu indispensable pour tous ceux qui ont été marqués durablement par le chef-d’œuvre de Stephen King.

3,5/5, arrondi à 4 pour ce petit plaisir qu'apprécieront les amateurs de La Tour Sombre.

La vidéo de "Eyes In The Void" : http://www.youtube.com/watch?v=N1pETvBmBns&feature=kp

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- Luca Arzuffi (guitare)
- Daniele 'scavo' Scavoni (chant)
- Michele Olmi (batterie)
- Xavier Rota (basse)


1. Banished
2. Eyes In The Void
3. Highway To Lud
4. A World That Has Moved On
5. The Reaping
6. Into Demon's Nest
7. Blind Rage
8. Shattered Mind
9. Until The End
10. We Ride
11. Programmed To Serve
12. Endless Journey
13. The Calling



             



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