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2022 Corpsegrinder
 

- Membre : Dee Snider
- Style + Membre : Morbid Angel, Cannibal Corpse, Monstrosity

CORPSEGRINDER - Corpsegrinder (2022)
Par KOL le 20 Juin 2023          Consultée 1364 fois

Une petite année seulement après le succulent "Violence Unimagined" qui avait fait l’unanimité ou presque au sein de la rédaction, voilà-t’y pas qu’on nous annonce l’arrivée d’un essai solo de George "Corpsegrinder" Fisher, inébranlable frontman des légendes floridiennes depuis plus de vingt-cinq ans. Et là où les récentes déclarations de Chris Barnes puent le seum à plein nez ("gniégniégnié, le Death Metal, c’est plus ce que c’était ma bonne dame, c’était mieux avant, et vous avez vu, c’est pas un temps pour un mois de Juin…"), le chanteur au cou de taureau, la tronche vissée à même les épaules, jouit d'un capital sympathie assez improbable compte-tenu du courant musical dans lequel il évolue. Rendez-vous compte, le bougre possède même un personnage non joueur à son nom dans World Of Warcraft (Gorge The Corpsegrinder) depuis 2008.

C’est donc mû par une bienveillance de principe que j’accueillais l’essai de CORPSEGRINDER. Et quelle ne fut pas ma surprise de constater l’audace du bonhomme à l’écoute de l'album ! Cet essai self-titled nous propose en effet un Post Prog Djent éthéré, tout en subtilités, et extrêmement recherché. Le travail sur l’écriture est véritablement de l’orfèvrerie. Quant aux textes, ils évoquent la solitude de l’être humain face à sa propre mortalité, dans un monde de plus en plus dystopique. Pour illustrer son propos, l’ami George nous gratifie même pour la première fois de sa voix claire, lancinante et aérienne, sur un joli pont acoustique des plus raffinés…

Meuhhhh non, ne fuyez pas, je plaisante bien entendu. Quand on glisse du CORPSEGRINDER sur sa platine, ce n’est pas pour enfiler les perles. On sait exactement ce que l’on vient chercher, et ça tombe bien, car c’est exactement ce que l’on va prendre dans les feuilles. Du Death Metal old school, bien frontal. À l’instar de Lemmy et sa bande, CANNIBAL CORPSE n’a jamais menti sur la marchandise, et il était exclu que son chanteur emblématique ne fasse pas de même, surtout au vu de la courbe ascendante du groupe depuis deux LP maintenant.

Produit par Jamey Jasta (HATEBREED), le seul roi George s’entoure de Nick et Charlie Bellmore (Dee SNIDER) pour nous asséner à peine plus de trente minutes de ce Death authentique dont il a le secret, à grand coup de growls aussi profonds que les gorges du Sarlacc et de guitares de mammouth en rut. Et il a de surcroît le bon goût de faire venir Erik Rutan (CANNIBAL CORPSE, MORBID ANGEL) sur le titre d’ouverture, "Acid Vat", qui lance les hostilités dans la pleine continuité de "Violence Unimagined", pour mon plus grand bonheur.

L’influence de Jamey JASTA est légère, mais malgré tout sensible et se révèle au fur et à mesure du disque. Les amateurs des passages les plus lents de la discographie de CANNIBAL CORPSE seront aux anges, car l’opus en est gavé. Les riffs sont plus saccadés qu’à l’accoutumée et possèdent une dimension qui fleure bon le Hardcore par certains aspects. Conçu pour briser des nuques, le mid-tempo règne dans l’ensemble sur "Corpsegrinder", malgré la présence de blasts sur chaque titre ou presque, soyez rassurés.

Je lisais également dans la section commentaires la frustration patente de certains lecteurs quant à l’appellation Death, trop souvent galvaudée. Je ne peux qu’abonder en ce sens. Il ne suffit pas de growler comme un buffle pour mériter cette appartenance. Encore faut il y ajouter des ambiances malsaines ("Death Is The Only Key") et SLAYER-esques, pour y parvenir. Ça tombe bien, valeureux chevaliers de NIME, vous trouverez ici ("Masters Of The Longest Night") et là ("On Wings Of Carnage") de quoi vous repaître auditivement de la bête sacrifiée pour l’occasion.

Des petites traces de Death Mélo (si ! si ! Je vous assure) sur "Vaguely Human" à l’intro SYSTEM OF A DOWN de "Crimson Proof", en passant par le très HATEBREED "Devourer Of Souls", la galette se dévoile finalement avec le temps et offre un écrin (si je puis m’exprimer ainsi) plus riche et moins uni-dimensionnel au chanteur, qui s’est visiblement fait plaisir sur le coup (ou cou ?). Doté d’un artwork aussi débile qu’adapté au contexte, "Corpsegrinder" ne fait pas dans la dentelle comme on pouvait s’y attendre.

Il ne manque que quelques pistes véritablement marquantes pour en faire une œuvre passant à la postérité, mais ce n’était probablement pas le but recherché. CORPSEGRINDER s’est échappé de sa bande de cannibales pour un petit kiff régressif, et il a eu l’élégance de le partager avec nous, qui pourrait lui en vouloir ?

Note réelle : 3,5/5, respect the neck !

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- George 'corpsegrinder' Fisher (chant)
- Charlie Bellmore (guitare, basse)
- Nick Bellmore (batterie)


1. Acid Vat (feat. Erik Rutan)
2. Bottom Dweller
3. On Wings Of Carnage
4. All Souls Get Torn
5. Death Is The Only Key
6. Crimson Proof
7. Devourer Of Souls
8. Defined By Your Demise
9. Master Of The Longest Night
10. Vaguely Human



             



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