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- Style : Rory Gallagher, Led Zeppelin, Gary Moore, The Who, Rival Sons
- Membre : Tipton, Entwistle & Powell, Black Sabbath, Whitesnake, Michael Schenker, Rainbow
- Style + Membre : Brian May, The Yardbirds

Jeff BECK - Beck-ola [jeff Beck Group] (1969)
Par DARK BEAGLE le 17 Mai 2023          Consultée 1528 fois

En 1969, la situation n’était plus tout à fait la même pour Jeff Beck. Si "Truth" a vu le jour dans un monde quasiment vierge de Rock Dur (bien que les prémices étaient bel et bien là), il devait à présent faire face à une concurrence quelque peu rageante pour lui puisqu’en face, il y avait LED ZEPPELIN, formé par Jimmy Page, dans lequel évoluait également John Paul Jones, soit deux requins de studio qui avaient filé un coup de main à l’ombrageux guitariste… et qui allaient pousser le vice jusqu’à reprendre "You Shook Me" sur le premier effort du dirigeable. Page, le vieil ami, celui avec lequel il jouait déjà chez The YARDBIRDS avant de voler de ses propres ailes.

Jeff ne va donc pas tarder à répliquer. Il souhaite emmener son groupe vers quelque chose de plus lourd, de plus puissant et il va faire le ménage autour de lui. Le batteur Micky Waller va en faire les frais, ce dernier ayant une frappe trop « tendre », comme nous avions pu le constater sur "Truth". Il va être remplacé par Tony Newman, qui jouera pour pas mal de beau monde par la suite (dont David Bowie et Eric Clapton, pour ne citer qu’eux). Jeff va également faire appel à Nicky Hopkins (qui lui aussi aura un CV monstrueux par la suite, bien que fauché par la Mort un peu trop tôt) pour tenir les claviers. Cela peut paraître paradoxal quand on songe que Beck voulait obtenir un son plus heavy, mais cela va prendre tout son sens sur disque, à l’instar de ce que fera Rory Gallagher avec Lou Martin à partir de "Blueprint".

Le successeur de "Truth" va être rapidement enregistré (six jours !), et sortira quelques mois avant le "II" de LED ZEP’, avec, lequel il entretient pas mal de points communs. La pochette reprend évidemment un détail d’un tableau de Magritte, tandis que le titre de l’album fait référence à une marque de Jukebox, Rock-Ola. Mais le détail le plus important est que pour la première fois il est fait mention d’un Jeff BECK GROUP sur jaquette ; la formation avait déjà tourné sous ce nom là aux États-Unis pour promouvoir "Truth". Et au moins, cela peut clamer certaines tensions au sein de la formation, Rod Stewart et Ron Wood n’étant pas du genre à fermer leur gueule.

Au menu, le groupe nous gratifie cette fois-ci de deux reprises seulement et va axer le tout sur du matériel original. Alors commençons par les covers, puisque c’est avec une que s’ouvre cet opus. Ici, on s’éloigne du Blues Rock mis en avant sur Truth pour taper dans le Rock’N’Roll et c’est le King qui va être mis à l’honneur, puisque deux de ses chansons vont être réinterprétées sur "Beck-Ola". Le disque débute donc avec "All Shook Up", solide sur lequel le groupe est en osmose. La version proposée là se veut bien entendu plus heavy que l’originale et la voix éraillée de Stewart fait des merveilles dessus.

En revanche, le second choix s’avère encore plus juteux, encore plus jouissif. Beck et sa bande vont s’attaquer à "Jailhouse Rock", un véritable monument du Rock et un des classiques absolu d’Elvis. Et quand on écoute cette version, on a vraiment l’impression d’être face à des mitards qui ne comptent plus les années passées derrière les barreaux ; elle dégage quelque chose de sale, de dangereux, elle est volontairement plus lourde, vraiment pesante et encore une fois, Rod Stewart est impérial derrière le micro. Ici, on apprécie l’apport aux claviers d’Hopkins, qui vient donner la réplique à la guitare pour un duel tranchant. Et là, on comprend mieux pourquoi Beck tenait temps à avoir un clavier à plein temps, pour cette urgence qui émane de cette collaboration fructueuse.

Le reste oscille entre véritables déflagrations et titres plus alambiqués. "Girl From Mill Valley" et son ambiance Jazzy bucolique fait un peu figure d’intrus au milieu de tout cela ; Beck avait laissé carte blanche à Nicky Hopkins pour cela et le résultat est assez clivant : on aime ou on déteste mais il faut convenir que cela permet de faire une pause salutaire entre les différents assauts à venir et cela permet justement à "Jailhouse Rock" d’avoir un excellent tremplin pour s’imposer comme une des pièces-maîtresses.

On appréciera également le sens du riff de Jeff Beck, impressionnant de bout en bout, qui sait varier les plaisirs, comme en témoignent "Plynth" et son riff d’anthologie, en avance de quelques années, ou encore cette façon de construire ses compositions, comme sur l’excellent "Rice Pudding", où le guitariste fait monter la sauce de plus en plus pour, au final, l’achever brutalement alors que l’instrumental atteint son paroxysme. C’est cruel, c’est chié, mais cela fait son petit effet et le disque se termine ainsi, nous laissant à la fois exsangue et sur le cul.

Beck, on le sait, était avec Clapton, Page et Hendrix parmi les guitaristes les plus fins de son époque et il éclabousse ce disque de sa classe. Mais aussi doué soit-il, il ne serait rien sans les musiciens qui l’entourent et ici, ils sont brillants (oui, oui, même Ronnie Wood, dont la basse ronfle monstrueusement bien). Jeff disait souvent qu’à partir des années 80, les producteurs ne savaient plus capter une batterie convenablement, ce qui expliquait qu’il jouait avec des boîtes à rythme. Quand on écoute "Beck-Ola", on comprend son point de vue : la batterie de Tony Newman est ici somptueuse, elle claque de très belle façon (sur "Rice Pudding", elle est juste splendide).

Si Hopkins, nous l’avons déjà vu, est une véritable plus-value à l’ensemble, il convient également de saluer la performance de Rod Stewart qui en impose encore une fois. Il est tout simplement intouchable sur "Spanish Boots", prenant une belle ampleur sur le refrain, il parvient à imposer sa version vocale de "Jailhouse Rock" sans qu’on y trouve à redire. Il n’était pas qu’un faire-valoir à l’art de Beck, il était partie prenante, il participait à l’élaboration des albums sur lesquels il chante. Difficile de croire cela quand on s’attarde un peu sur sa carrière solo.

Vous l’aurez compris, "Beck-Ola" est un chef d’œuvre, une déferlante Rock à tendance bien Hard. Beaucoup de choses ont été construites ici et réinterprétés par d’autres par la suite, assimilé, digéré et transformé pour faire le style qui nous intéresse ici. Les deux premiers albums de Beck sont peut-être un peu oubliés aujourd’hui, la faute à une histoire qui s’est terminée en eau de boudin, des tensions internes auront eu raison de la patience du guitariste qui annulera la présence de la formation à Woodstock. Excédés, Wood et Stewart iront former les FACES tandis que Beck se réinventera un groupe pour explorer d’autres horizons musicaux.

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- Rod Stewart (chant)
- Jeff Beck (guitare)
- Ron Wood (basse)
- Tony Newman (batterie)
- Nicky Hopkins (claviers)


1. All Shook Up
2. Spanish Boots
3. Girl From Mill Valley
4. Jailhouse Rock
5. Plynth (water Down The Drain)
6. The Hangman's Knee
7. Rice Pudding



             



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