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HARD ROCK  |  STUDIO

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- Style : Black Sabbath, Heart, Kansas, Wishbone Ash, Styx

ASHBURY - Endless Skies (1983)
Par DARK BEAGLE le 1er Novembre 2021          Consultée 748 fois

ASHBURY est un groupe texan né en 1980, autour des frangins Davis (Randy : chant, guitare, basse, et Rob : chant, guitare et claviers). Mais il faudra attendre 1982 et un déménagement à Tucson en Arizona pour que la formation gagne en épaisseur et puisse enregistrer son premier album studio. À la base, il s’agissait d’un cover-band, grandement dévoué à JETHRO TULL, mais l’écoute de "Endless Skies" montre clairement que la musique de Ian Anderson n’est pas la seule à avoir eu un impact sur les deux frères. C’est sous forme de trio qu’a été fait le premier album, en studio, la batterie étant alors assuré par Johnny Ray, un jeune gars qui officiait alors au sein de PROPHET, groupe local dans lequel évoluait également Rob.

Quand on jette un coup d’œil à la jaquette, avec son rendu très Heroic Fantasy, on se dit forcément que ASHBURY tape dans le Heavy Epic qui émergeait aux USA sous les coups de boutoirs de MANOWAR, CIRITH UNGOL et pas encore tout à fait mais presque MANILLA ROAD, dont l'imagerie était voisine dans l'intention. Comme quoi, une pochette ne veut strictement rien dire puisque la musique de ASHBURY lorgne plus du côté des années 70, entre JETHRO TULL forcément, mais également WISHBONE ASH et un bon soupçon de BLACK SABBATH mine de rien.

La vraie particularité de ASHBURY, c’est cette dualité entre la guitare acoustique et l’électrique, les deux faisant front en même temps la plupart du temps. La première vient imprimer la mélodie tandis que la seconde va la seconder en apportant le riff ou, au contraire, partir en mode solo pour avoir un discours tout à fait différent mais qui, par je ne sais quel jeu d’équilibriste, s’harmonise parfaitement. Les morceaux offrent donc de jolis contrastes et l’ensemble est vraiment très agréable. Le groupe propose un Hard Rock racé, pertinent et parfois trompeur, qui se laisse volontiers glisser vers le Heavy Metal pur et dur par moments, quand l’occasion se présente.

Un tocsin résonne, introduisant le bien nommé "The Warning" dont l’urgence est bien dosée. Très vite, on comprend que les frères Davis ont une idée très précise de la façon dont ils veulent faire sonner leur musique. Outre cette dualité dans les guitares dont la complémentarité apparaît déjà comme exemplaire, il y a ces chœurs et autres harmonies vocales qui font mouche. C’est très bien construit, tout tourne autour d’une mélodie accrocheuse et bien amenée et cela va devenir assez récurent le temps d’un album depuis entré dans la légende.

Plus nous avançons dans l’œuvre, plus l’ensemble s’avère surprenant. Ainsi, "Madman" lorgne du côté de DIRE STRAITS alors qu’il fait suite à un "Vengeance" qui empiète sur les plates-bandes de BLACK SABBATH. Il y a un grand écart, mais qui finalement n’a rien de choquant puisque le groupe le rend parfaitement cohérent. Un pari un peu fou, terriblement audacieux, mais remporté haut la main. Et quand ASHBURY lorgne vers le Prog, il le fait avec beaucoup d’intelligence, le title track se veut ainsi très ambitieux, s’étendant sur plus de sept minutes où l’électricité répond aux ambiances hispaniques délivrées par la guitare classique.

Il y a donc un certain émerveillement à écouter ce "Endless Skies" qui, en moins de quarante minutes, délivre une très belle leçon de subtilité avec un Hard Rock classieux, aussi généreux que délicat. Il est difficile de passer outre l’efficacité presque Pop de "Take Your Love Away" ou la finesse d’un "Mystery Man" qui menace de gronder à tout moment mais qui est parfaitement maîtrisé par des musiciens qui s’avèrent très complices quand il s’agit de tricoter efficacement, même si parfois la ligne rouge de la démonstration est franchie, comme sur le final de "Hard Fight", un peu disproportionné et inutile.

Parce que oui, il y a quelques faux-pas sur ce disque, tout n’est pas parfait, loin de là. Si le solo final de "Hard Fight" est clairement de trop, les instrumentaux ne sont pas non plus complètement irréprochables. "Twilight" a tout de l’interlude, mais il apparaît comme une cassure de rythme entre l’enlevé "Take Your Love Away" et le plus lourd "Vengeance" quand "No Mourning" (qui porte fort bien son nom vu comme elle est joyeuse) avec ses relents de STYX, ne fonctionne pas beaucoup mieux entre les deux morceaux plus posés que sont "Hard Fight" et "Mystery Man".

Il semblerait que le groupe n’avait que très peu de matériel de prêt au moment de rentrer en studio et que certains des morceaux aient été composés un peu dans l’urgence, ce qui explique certainement que les frères Davis semblent lever un peu le pied par moments et parent au plus pressé. Quoiqu’il en soit, le résultat global est plutôt marquant et réussi. Il y a là de quoi signer un album de référence. Et s’il est indéniable que "Endless Skies" soit aujourd’hui considéré comme « culte », ce fut très loin d’être un gros succès à sa sortie.

Imaginez, ou plutôt remontez au fil des disques jusqu’en 1983. Aux USA, un vent épique commençait à souffler sur le Heavy Metal tandis que du côté de Los Angeles le Hard commençait à être recouvert de bas résilles et de paillettes, MÖTLEY CRÜE ayant ouvert la porte à la décadence faite Rock. Et au niveau de la Bay Area, beaucoup de jeunes groupes émergeaient, le couteau entre les dents, pour assener la première vague Thrash. Forcément, ASHBURY et son discours très nuancé et fortement marqué par le son des années ’70 et plus britannique que US, faisait office d’ovni, ou du cancre au fond de la classe qui n’avait pas compris grand-chose au diktat des radios et de la télévision.

Les frères Davis en étaient bien conscients et ne sachant si l’Europe – qui leur semblait un marché bien plus intéressant – était prête à leur faire un pont suffisamment solide pour se risquer plus loin, ils ont préféré mettre ASHBURY entre parenthèses, se livrant à d’autres projets et ce jusqu’au début des années 2000, après que "Endless Skies" fut réédité par un label et réhabilité par une presse qui comprenait mieux la démarche artistique et qui ne pensait pas en termes de perspectives commerciales. Depuis, deux nouveaux albums ont vu le jour, mais ça, c’est une autre histoire…

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   DARK BEAGLE

 
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- Randy Davis (chant, guitare, basse)
- Rob Davis (chant, guitare, claviers)
- Johnny Ray (batterie)


1. The Warning
2. Take Your Love Away
3. Twilight
4. Vengeance
5. Madman
6. Hard Fight
7. No Mourning
8. Mystery Man
9. Endless Skies



             



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