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- Style : Bekëth Nexëhmü, Paysage D'hiver

TRHÄ - Endlhëdëhaj Qáshmëna ëlh Vim Innivte (2022)
Par ANIMA le 19 Avril 2023          Consultée 1589 fois

TRHÄ est un projet bordélique à suivre, depuis 2020, treize Eps, splits et albums sont sortis sous ce nom, pour être à jour c’est déjà le bordel alors si en plus vous voulez suivre les autres projet de Thét Älëf (Damien Ojeda de son vrai nom, qui est aussi connu pour SADNESS notamment mais qui a une fiche Metallum bien remplie), accrochez-vous. Pour revenir à TRHÄ, le projet se montre suffisamment singulier quand on l’approche, je ne dirais pas grand-chose sur le visuel qui reste plutôt normal pour du Black Metal, néanmoins, le fait que TRHÄ ait inventé sa propre langue avec sa propre graphie (les gribouillis sur la pochette, c’est ça) et qu’en terme d’univers on part sur une inspiration du mythe des fées avec le terme de « Fairypunk » qui est utilisé comme tag sur Bandcamp, c’est loin d’être commun, et oui je sais que pour les fées, il y a NUIT NOIRE qui existe par chez nous.

La singularité ne s’arrête pas qu’à l’univers du groupe, car une fois l’album lancé on est accueilli par une première piste de huit minutes tout au clavier. "Endlhëqhani" est belle, apaisante et inquiétante. Pendant ces huit minutes, je me visualise facilement perdue dans une forêt, la nuit, uniquement illuminée par quelques vers luisants et la pleine lune. Et malgré les sonorités très cristallines des claviers, on discerne un grain assez sale par instants de petits grésillements de-ci de-là. Mais bon, je ne vais pas compter ça comme un défaut car dès qu’on embraye sur "Endlhënven", les grésillements se font bien présents avec l’arrivée du Black Metal bien lo-fi (à écouter sur des enceintes à mille balles histoire de bien capter les subtilités du mix, ou sur un pot de yaourt alimenté par une batterie patate, le résultat sera le même) et je dois dire que je suis bluffée. Mettre du clavier dans du Raw Black ce n’est pas une nouveauté, mais ici je trouve que le fait d’avoir un mix qui pousse les claviers autant en avant, ça rend bien. L’aspect sale et primitif du Black Metal est totalement contrebalancé par ces claviers féeriques, voire même ensorcelé par ces derniers quand les riffs se montrent plus mélodiques, que le chant se trouve changé en chœurs ou que la batterie par dans des rythmiques tribales entraînantes.

Écouter TRHÄ, c’est accepter de se faire surprendre. Accepter qu’un morceau ne soit uniquement composé de claviers, accepter que les longues compos partent dans tout les sens, insérant là une danse tribale, là un bourrinage, là un passage atmo avec chœurs. Tout est possible et c’est là toute la beauté de la chose. Il s’en dégage quelque chose d’unique, une sorte d’ambiance féerique qui émane de ce bourbier lo-fi imbitable pour le commun des mortels et même pour une frange d’amateur du genre. L’omniprésence des claviers qui parfois partent dans des délires qui pourraient être hors-sujet (j’ai un peu l’impression d’entendre un tube de Dance des années 90 dans "Taj Tu Dëhajdsëja Bë", et oui c’est aussi déstabilisant à entendre qu’à lire), le chant qui part aussi parfois un peu en vrille et même cet aspect très candide qui se dégage de l’ensemble peut rebuter et va clairement en laisser de côté. Mais pour ceux qui, comme quoi, se laissent charmer par les fées invoquées par TRHÄ, il y a de fortes chances que vous n’en ressortez pas tant le tout se montre addictif.

Personnellement, je n’ai qu’un grief avec cet album, c’est que malgré ses quarante-cinq minutes, je le trouve trop court. Oui, moi qui habituellement à du mal quand un album dépasse la cinquantaine de minutes trouve un album de quarante-cinq trop court. C’est que… cet album a pour moi l’effet d’une peluche, c’est une musique qui m’est d’une étrange manière douce et chaleureuse. Le genre de truc que j’écoute tard le soir avant de dormir pour commencer un peu à rêver les yeux ouverts, et quand un rêve comme ça est aussi beau, je ne veux qu’une chose, c’est qu’il continue. Après oui, si j’en veux plus, j’ai qu’à me passer l’album en boucle, certes, ou même à écouter une autre sortie de TRHÄ vu qu’il y en a déjà une bonne poignée, mais c’est un peu quitte ou double vu que TRHÄ cherche à varier son propos selon les albums, par exemple un "Vat Gëlénva!!!" est bien plus virulent que doux. Mais bon, "Endlhëdëhaj Qáshmëna Ëlh Vim Innivte" est quand même une sacrée belle peluche, du genre fait main et pas forcément attirante à première vue mais qui est parfaite à serrer contre soi.

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1. Endlhëqhani
2. Endlhënven
3. Endlhëdeënaj
4. Taj Tu Dëhajdsëja Bë



             



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