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The FLOWER KINGS - By Royal Decree (2022)
Par DARK BEAGLE le 16 Juin 2022          Consultée 614 fois

Avec les FLOWER KINGS, il ne faut pas avoir peur des disques rébarbatifs. Là où certains groupes de Rock Progressif arrivent à célébrer la messe en moins de soixante minutes tout en faisant un bel étalage de tout ce que l’on attend dans ce style facilement pompeux, les Suédois, eux, sont friands des albums bourrés jusqu’à la gueule, ou doubles (et parfois, les deux combinés). Aussi, il n’est pas toujours évident d’adhérer pleinement à ce qui est proposé, même si on ne peut pas reprocher au groupe une belle régularité ni même une certaine forme d’ambition qui pourrait forcer le respect. "By Royal Decree" arrive deux ans après "Islands" et partage avec ce dernier un goût pour les pochettes finement travaillées. Nous ne sommes pas dans un univers fantastique ici, mais il se dégage quelque chose de cette peinture, elle attire l’œil, comme bien souvent avec les KINGS.

Le groupe étant toujours à architecture variable malgré des périodes durant les musiciens restent en place plus longtemps que d’autres, il n’est pas étonnant d’enregistrer quelques départs et de retrouver certains visages connus, comme celui de Michael Stolt à la basse, frère de Roine et qui était déjà présent aux débuts de la formation. Ce ne sont pas ces changements qui font que le fond va changer, tout est ici question de forme. The FLOWER KINGS continue à pratiquer un Rock Progressif plutôt classieux, hérité de YES et qui va embrasser diverses directions ; s’attacher à des sons que nous n’attendons pas forcément et qui se fondent bon gré mal gré dans l’ensemble avec ce qu’il faut d’emphase pour toujours rebondir.

Si ici les incursions dans des domaines plus Jazzy se font moindres – le saxophone est toujours très présent, il a une part importante dans la musique délivrée par le groupe – difficile de dire que le discours de Roine Stolt ait beaucoup bougé. Les fans se retrouveront tout de suite au travers des compositions qui gardent des durées humaines cependant. Il n’y a pas franchement de pièce-fleuve, de morceaux dépassant les dix minutes pour nous présenter une épopée et mine de rien, c’est un peu décevant. Oui, décevant parce qu’il va manquer un brin d’aventure, il n’y a pas cette sensation de vertige que peut produire le Rock Progressif quand il évolue dans les sphères les plus folles de l’imaginaire des musiciens. Ce qui n’empêche hélas pas The FLOWER KINGS de se montrer un peu trop démonstratif par moments.

En fait, dès le premier morceau, nous savons que nous allons être entraînés poliment dans un univers un peu trop guindé pour certains. "The Great Pretender" a du mérite, le titre est plutôt bien fait, en prenant bien tous les codes que le Rock Progressif peut proposer, cependant, dès que la batterie s’en mêle, il devient terriblement… quelconque pour les Suédois, qui ont déjà fait nettement mieux dans leur folle jeunesse, et parce que le terrain a été balisé des milliers de fois, par des rockers intello depuis l’aube des années 70, mais avec plus de passion ou, au contraire, un vide abyssal tant rien ne ressortait. Sans aller jusqu’à évoquer un manque de personnalité, il est toutefois possible de penser que The FLOWER KINGS se repose sur ses lauriers (roses, bien évidemment).

Puisant aussi bien dans le Prog des origines que dans le Neo Prog tel qu’il se pensait dans les années 80, les Suédois restent sur une ligne directrice simple, qui s’octroie tout de même quelques excentricités qui soulèvent le sourcil de curiosité ("Letter", étrange morceau d’un peu plus de deux minutes qui va pourtant se montrer, sur ce court laps de temps, assez dépaysant et sortir l’auditeur d’une torpeur qui peut pointer le bout de son nez). Certes, je ne me montre pas très convaincu par l’ensemble et un nombre conséquent d’écoutes n’y font rien : ce disque ne me plaît pas même si, par moments, il y a ces éclairs qui font que l’on a envie d’y revenir, avec parcimonie, mais tout de même.

"Blinded" et "A Million Stars" s’avèrent plutôt plaisants. Étrangement, il s’agit également des deux plus longues pièces de ce double album (et d’ailleurs, "Funeral Pyres", qui ferme le second disque est plutôt correct également dans le trip des morceaux qui s’étirent). Mais si vous cherchez un rapport avec les paons qui ornent la pochette (outre une certaine prétention de la part des musiciens, Roine Stolt en tête), vous le trouverez dans le superbe instrumental "Peacock On Parade" qui a un petit effet madeleine de Proust, dû à ses accointances avec YES certainement. Le reste n’est pas foncièrement mauvais, il y a même de jolies surprises habilement disséminées ("Open Your Heart", une ballade classique dans l’approche mais qui fait joliment le travail), mais cela manque de folie, cela reste souvent trop plat, trop contemplatif.

Et là, nous retombons dans les travers les plus fréquents de The FLOWER KINGS : cette incapacité à savoir s’arrêter, ce qui donne des opus tellement chargés que nous nous y perdons, que nous avons du mal à retrouver notre chemin. Plutôt que de nous guider d’un point A à un point B en faisant une série de détours complexes mais savamment orchestrés, c’est comme si le groupe nous lâchait en plein désert, avec juste une gourde d’eau et nous laissait nous débrouiller pour retrouver notre chemin. Et paradoxalement ce double LP est plutôt formaté dans les idées et dans l’interprétation qui en est faite. Et le pire, je pourrais faire ce reproche à "Islands" ainsi qu’à "Waiting For Miracles" (qui ne viennent toujours pas soit dit en passant). Les FLOWER KINGS se sont installés dans une formule qui leur convient, certes, mais qui commence à montrer clairement ses limites.

"By Royal Decree" est donc un album de plus pour le groupe. Qui en plus aurait pu tenir sur un disque à durée acceptable en élaguant bien. Il manque l’invitation au voyage, ce surcroit d’âme qui fait défaut à bon nombre de disques de Rock Progressif (et c’est arrivé même aux plus grands de ne pas réussir à faire mieux que du futile). Et il n’y a pas cette autorité que l’on pourrait assimiler à une certaine arrogance qui devrait émaner des morceaux. Juste des compositions, gravées là, sans éblouir. Pourtant, on sait que les Suédois sont capables de cet éclair de génie qui rend certains de leurs forfaits tout simplement irrésistible. Cela reviendra peut-être. En tout cas, il reste à l’espérer parce que la pente descendante commence à vraiment se confirmer et il faudrait voir à ne pas sombrer totalement.

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- Roine Stolt (chant, guitare, ukulele)
- Hasse Fröberg (chant, guitare)
- Michael Stolt (basse, chant)
- Jonas Reingold (basse)
- Mirkko Demaio (batterie)
- Hasse Bruniusson (percussions)
- Zach Kamins (claviers)
- Jonas Lindberg (basse - invité)
- Rob Townsend (saxophone - invité)
- Aliaksandr Yasinski (accordéon - invité)
- Jannica Lund (chant - invitée)


1. The Great Pretender
2. World Gone Crazy
3. Blinded
4. A Million Stars
5. Soldier
6. The Darkness In You
7. We Can Make It Work
8. Peacock On Parade
9. Revolution

1. Time The Great Healer
2. Letter
3. Evolution
4. Silent Ways
5. Moth
6. The Big Funk
7. Open Your Heart
8. Shrine
9. Funeral Pyres



             



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