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2022 Ouh La La
 

- Style : Mastodon, Faith No More, Mr Bungle, Devin Townsend , Devin Townsend Project

TRANZAT - Ouh La La (2022)
Par DARK BEAGLE le 8 Mai 2022          Consultée 1253 fois

Non, ce disque n’est pas une réédition obscure d’un album de 1992 signé des JEUNESSES SOCIALISTES et qu’Anne Hidalgo a remis sur le marché pour rembourser ses frais de campagne. Je sais, les petits polos, c’est déstabilisant. Mais certains indices devaient vous mettre la puce à l’oreille : le polo, c’est plus la droite que la gauche, même plurielle. Puis il y a le chien, qui renvoie certes à Alain Bougrain-Dubourg. Non, ce n’est pas Chasse Pêche Nature non plus, faut pas déconner. Non, cette jaquette, c’est celle du troisième album des Bretons de TRANZAT, paru le 1er avril. Ce n’est pas un poisson, mais vu les gaillards, qui viennent de Brest et qui s’y connaissent pourtant que moyennement dans la poiscaille, cela pourrait.

Je ne sais pas où vous étiez dans les années 80, mais vous vous souvenez peut-être que les journalistes musicaux rivalisaient d’ingéniosité pour inventer de nouvelles étiquettes pour définir des genres en pleine mutation. Ils brûleront tous en Enfer pour cela. Et parmi eux, il y en a eu un qui a eu l’idée de balancer le Happy Metal pour causer d’HELLOWEEN (alors lui, il va prendre très cher). Là, on parle presque de marginalisation. Mais que les nostalgiques de ce « style » se réjouissent ! On peut la décerner sans sourciller à TRANZAT ! Rien que de s’appeler comme ça quand on sait qu’ils viennent de Brest, c’est vraiment drôle. Bon, maintenant que je me suis mis les Bretons à dos, continuons notre exploration de cet album.

Qui, soit dit en passant, est déjà le troisième pour le groupe. Mais il est le premier à être diffusé via un label qui commence à avoir de l’envergure sur la scène française (et qui en plus propose pas mal de Progressif) : Klonosphère. Ah oui, parce que ceux qui rattachent le Happy Metal à ce que l’on appelait à l’époque le Speed Mélodique (et là, il y a les vieux qui ont la larme à l’œil) risquent de connaître une sacrée déconvenue à l’écoute de ce TRANZAT. Là, on est dans un Metal Progressif qui ne doit rien à DREAM THEATER, mais plutôt à Devin TOWNSEND ainsi qu’à MASTODON pour une certaine philosophie de la lourdeur non péjorative. Puis quelques touches façon FAITH NO MORE. Ouais, pas de la tarte à la Citrouille cette galette !

Donc le côté Happy ne se traduit pas franchement dans la musique puissante, robuste, voire bien brutale quand le besoin s’en fait ressentir. Pas tout le temps, donc. En revanche, les paroles sont franchement hilarantes par moments. D’où un certain clivage entre les textes et les riffs, même si parfois les deux se rejoignent pleinement, à l’instar de "Lobster Beaujolais" et, dans une moindre mesure, "Lord Dranula". D’ailleurs, je vous disais plus haut que niveau poiscaille, ils ne s’y connaissaient pas des masses : l’association homard et Beaujolpif, non, je ne valide pas. C’est comme une choucroute mayonnaise framboise ou une bouillabaisse aux rollmops. C’est niet. Forbidden. Homard Chouchen, je l’aurai peut-être toléré, mais là, faut pas pousser mémé dans les orties. Surtout quand elle n’a pas de culotte.

Si l’on excepte cette faute de goût criante (bon, je déconne, le titre est vraiment très réussi, tout en décalage absurde, ce qui n’est pas franchement évident à retranscrire en musique et dans le chant et encore moins à expliquer là, comme ça), "Ouh La La" (bon, ok, ils ont la gentillesse de nous prévenir : causer de leur œuvre, ça va pas être simple) est un disque qui tient très bien la route. Il n’est pas forcément facile. En même temps, ce n’est pas ce que l’on demande à un album de Metal Progressif, mais il n’est pas complètement abscons non plus. Les Bretons ont revu leur copie depuis "The Great Disaster", ils proposent des compositions moins longues, plus directes. Denses également, ce qui n’est pas plus mal.

Et surtout, il y a cette dualité constante entre la lourdeur des riffs alliée à une certaine obscurité dans le rendu et les paroles bien plus légères, qui devient une véritable science à mesure que l’on progresse dans l’album. Ajoutez à ceci un chanteur qui ne fait pas semblant (Manuel Liegard, qui s’occupe également de guitares), capable de pousser la voix pour accentuer l’agressivité et vous avez de quoi passer un bon moment. MASTODON, c’est moche, se sublime avec le deuil et les épreuves, TRANZAT arrive à se tirer par le haut à force de remise en question. Alors oui, la profondeur des textes n’est pas la même et on va arrêter là le jeu des comparaisons, ça devient n’importe quoi en plus d’être glauque.

Et pour être sérieux trente secondes (le temps de lire ce paragraphe en somme), il y a eu un sacré travail d’abattu pour "Ouh La La". Et je ne parle pas de la pochette qui fait penser que c’est de l’Electro ou de la Pop moisie (on avait dit sérieux, bordel !). Les compositions ne sont pas évidentes, elles demandent un certain effort pour entrer dedans, les apprivoiser et surtout, les dompter, sans oublier la prestation vocale de Manuel. Là, est la subtilité, je ne parle pas de chant, mais de prestation, il donne l’impression de jouer un certain nombre de rôles tout du long, avec une certaine maestria d’ailleurs. On ne va pas dénigrer le reste des musiciens qui font un très bon boulot tout du long, mais Manu tire l’ensemble vers le haut tout en le rendant plus opaque pour certains. Belle réussite.

Voilà, vous n’en savez pas beaucoup plus à la lecture de cette chronique qui du coup n’en est pas une. Alors je vais vous la faire là, en guise de conclusion. Si pour vous le mariage entre FAITH NO MORE et les univers Pattoniens en général et ceux de Devin Townsend, de STRAPPING YOUNG LAD à "Infinity", avec des infidélités avec MASTODON, cela semble être la clé de la musique, "Ouh La La" contre toute attente est fait pour vous. Nous sommes dans le délire, mais pas à la manière de ULTRA VOMIT qui paraît bien grossier à côté. Oh. Si vous êtes fans des MONTY PYTHON, c’est assurément un plus. Et si la cuisine de Gaston Lagaffe vous a toujours titillé l’imagination, c’est pas plus mal non plus.

Bon, reste à savoir si, maintenant qu'ils prennent du galon, les mecs ne vont pas être poursuivis en justice par la marque de fringues du même nom. Façon grandeur américaine.

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- Manuel Liegard (chant, guitare)
- Benjamin Arbellot (guitare)
- Nicolas Galakhoff (basse)
- Thomas Coïc (batterie)


1. Shall We Dance
2. Lobster Beaujolais
3. Mr. Awesome
4. Climbing Tibetan Mountains To Learn The Secrets Of
5. Lord Dranula
6. Morning Glories
7. My Dear Washer
8. Pillow Fight
9. Global Warning



             



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