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- Style : Cradle Of Filth
- Membre : Insidious Disease, Abyssic
- Style + Membre : Dimmu Borgir

OLD MAN'S CHILD -  In Defiance Of Existence (2003)
Par BAST le 27 Mars 2003          Consultée 14754 fois

Cette sixième production de cet excellent groupe devrait rassurer les fans qui voyaient l’intégration de son leader Galder au sein de Dimmu Borgir comme une condamnation à court terme pour Old Man’s Child. Cela fait déjà pas mal d’années que Galder œuvre pour porter sa formation très haut dans la hiérarchie black metal et c’eût effectivement été dommage que cette dernière pâtisse de cette infidélité. Galder avait tout de même jugé bon de mettre les choses au clair avec les membres de Dimmu Borgir et ses fans : Old Man’s Child ne sombrerait pas.

Mais la scène metal nous a habitué à tellement de rebondissements plus ou moins « corrects » que le doute était largement permis. En tout cas, le voila levé avec la sortie de ce tout nouvel opus. Tout du moins momentanément...

Autre point sur lequel on peut être rassuré, la qualité des compos montre que l’investissement de Galder est resté à peu de choses près intact pour sa formation initiale. On peut toutefois sentir une très légère baisse de niveau, mais il serait toutefois imprudent de l’attribuer au temps que le guitariste consacre désormais à Dimmu Borgir. Car elle est minime et de toute façon somme toute relative dans la mesure où elle s’établit en comparaison avec les deux précédents et superbes albums d’Old Man’s Child : Ill Natured Spiritual Invasion et Revelations 666 – The Curse Of Damnation, deux perles de black mélodique qui avaient placé la barre très haut. Cet opus devrait donc quoi qu’il en soit satisfaire haut la main les amateurs de noirceur, de riffs incisifs et de mélodies imparables.

Old Man’s Child a toujours évolué dans un registre assez proche de celui de Dimmu Borgir, période Enthrone Darkness Triumphant, mais avec des guitares plus heavy, une utilisation du clavier moins importante et un chant davantage extrême, plutôt dans la veine d’un Immortal, par exemple. C’est toujours le cas. Mais on retrouve en outre quelques influences trash et heavy typiques des années 80 ainsi que diverses expérimentations un peu plus poussées que sur le précédent album. Rien de révolutionnaire quant à ces dernières puisqu’elles restent assez discrètes, mais il est vrai que leur emploi donne une couleur plus moderne à l’ensemble. En outre, le groupe a semble-t-il décidé de diversifier sa base black metal, en prenant à son compte ce qui se fait de mieux dans le genre. J’y reviendrai.

La première chose qui frappe sur cet opus, c’est la rythmique. La batterie et la guitare rythmique sont indéniablement à l’honneur. La première est explosive de bout en bout, montrant le formidable talent de Nicholas Barker (Ex Cradle Of Filth, Dimmu Borgir) qui est venu prêter main forte à son désormais compère de Dimmu Borgir. Il est véritablement impressionnant, martelant ses fûts avec une brutalité et une technicité que peu de batteurs peuvent se targuer d’atteindre (Felonies Of The Christian Art, Black Seeds On Virgin Soil, Life Deprived). La seconde est tout aussi impressionnante. Ce n’est pas pour rien que Dimmu Borgir a recruté Galder. Ce dernier avait déjà pu nous montrer l’étendue de son talent et il nous le prouve une nouvelle fois, à coup de riffs incisifs et de soli techniques (In Defiance Of Existence, The Underworld Domains). Voilà donc l’une des grandes forces de cet album : cette rythmique hissée à un tel niveau qu’elle en devient souvent obsédante.

L’autre qualité de cet album, ce sont évidemment les compositions. Galder a un sacré don lorsqu’il s’agit de composer des titres directs à base de riffs qui font mouche à chaque fois et de mélodies structurées. Ce nouvel album en est une preuve supplémentaire et rares sont les morceaux qui laisseront l’amateur de black mélodique insensible.

Neuf morceaux, quarante minutes et la messe est dite ! La plupart des titres sont autant d’hommages à la scène black mélodique. Que ce soit Felonies Of The Christian Art, Agony Of Fallen Grace, The Soul Receiver ou encore The Underworld Domains, voilà quelques titres chaudement recommandés. Le premier pour sa batterie plombée, sa succession de riffs à la Immortal / Satyricon ou son superbe refrain soutenu par de magnifiques nappes de clavier, le second pour son côté épique exacerbé, son ambiance sombre très prenante ou ses soli torturés, le troisième pour son clavier hypnotique, son jeu de guitare apuré qui fait penser à du Eternal Tears Of Sorrow, ses vocaux plaintifs ou encore ses passages expérimentaux à la Arcturus, le quatrième enfin pour ses riffs inoubliables caractérisant de nombreux changements de rythme, ce chant extrême semblant surgir d’outre-tombe ou ces chœurs géniaux à la Limbonic Art. Il y en a pratiquement pour tout les goûts dans cet opus. En plus des groupes précités dont ou retrouve quelques sonorités, on peu aussi entendre certaines similitudes avec Dissection ou la scène death (surtout au niveau des vocaux et de la rythmique). Old Man’s Child ne repompe rien, il a d’ailleurs suffisamment d’années d’existence pour se targuer d’avoir fait partie des groupes ayant permis l’éclosion et le succès du black mélodique, mais il semble avoir décidé sur cet album de jouer un black metal au registre le plus large possible. C’est réussi !

La production est de très bonne qualité, même si elle n’atteint pas le niveau du dernier Dimmu, on s’en serait douté. La batterie est très en avant et c’est un véritable régal, tout comme la guitare rythmique qui nous assène une bonne flopée de riffs superbement convaincants. On pourra parfois regretter le chant black un peu en retrait mais cela semble volontaire de la part du groupe qui a voulu garder quelques racines old black en choisissant un chant sale et à l’opposé de l’aspect commercial de certains groupes qui, en adoptant des vocaux apurés au possible, tentent de toucher un public de plus en plus large.

Les productions de ce calibre se font de plus en plus rares. Pour ma part, j’en ai compté une demi-douzaine l’année dernière et il y a fort peu de chance pour que l’année 2003 soit plus généreuse. Alors pourquoi bouder notre plaisir, qui plus est lorsque la qualité est présente à ce point ? Voilà quelques années que je suis le groupe norvégien et celui-ci continue de me procurer un plaisir intact à chaque nouvel album. Au même titre que quelques autres formations, il incarne ce black mélodique et épique qui a commencé d’exploser près d’une décennie auparavant. Enfin, avec la tournure symphonique et commerciale qu’à prise Dimmu Borgir, Old Man’s Child est un des rares groupes de ce niveau à faire le pont entre tradition et une certaine modernité. Comme si cela ne suffisait pas, mention spéciale pour la magnifique pochette qui mêle avec brio noirceur et beauté.

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- Galder (chant, guitare, basse, clavier)
- Jardar (guitare)
- Nicholas Barker (batterie)


1. Felonies Of The Christian Art
2. Agony Of Fallen Grace
3. Black Seeds On Virgin Soil
4. In Defiance Of Existence
5. Sacrifice Of Vengeance
6. The Soul Receiver
7. In Quest Of Enigmatic Dreams
8. The Underworld Domains
9. Life Deprived



             



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