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2021 Tales Of Othertime

E.P

2020 1 Galdrum
 

- Membre : Blood Incantation, Wayfarer

STORMKEEP - Tales Of Othertime (2021)
Par T-RAY le 6 Mars 2022          Consultée 2145 fois

STORMKEEP est la sensation Black Metal de l'année 2021. Même s'il s'était illustré dès 2020 avec son splendide E.P. "Galdrum". Mais la hype entourant le groupe n'a fait que croître pour atteindre son paroxysme avec le "Tales Of Othertime" ici présent. Il faut dire qu'à une époque où le Black Metal américain a le vent en poupe, l'arrivée d'un premier album studio aussi ambitieux, composé par les membres de deux groupes parmi les plus reconnus de la scène extrême U.S. actuelle – WAYFARER et BLOOD INCANTATION – avait de quoi nourrir l'excitation des fans du genre.

Pour le coup, STORMKEEP ne trahit pas les attentes. Car ce longue-durée les comble amplement. Sur le plan pictural, d'abord, sa pochette splendide, très Dark Fantasy, quoiqu'un peu moins sombre et menaçante que celle de "Galdrum", est en tout point fidèle au contenu musical du disque. Œuvre du trop rare Les Edwards, à qui l'on doit notamment les pochettes du single "Jump In The Fire" de METALLICA (avec le fameux démon) et de "Into The Pandemonium" de CELTIC FROST, elle nous transporte dans un univers de sorcellerie captivant que l'on a hâte d'entendre mis en musique.

Les musiciens ont même fait évoluer leurs pseudonymes pour coller davantage à celui-ci. Nebula Husk est devenu Phantom Emperor Nebula Husk. Lord Dahthar a ajouté "The Abyssic" à son nom de scène. Apokteino est désormais Tyrannos Apokteino Skiophonos Stormward. Quant à Otheyn Vermithrax, il est aujourd'hui Grandmaster Otheyn Vermithrax Poisontongue. Le quartette s'est même transformé en quintette pour accueillir un batteur à plein temps : Count Victor Wolfsblood. De quoi laisser à Vermithrax le soin de se concentrer sur ses parties vocales et de guitare, ce qui ne fait pas de mal.

Dès que les premières mesures de "The Seer" retentissent, la magie (noire) opère. Tout au long de ses neuf minutes épiques, le morceau offre de multiples rebondissements et reflète parfaitement le côté Fantasy dans lequel STORMKEEP baigne son concept. Moins acérées que sur "Galdrum", ce que je regrette légèrement à titre personnel, les guitares n'en perdent pas pour autant leur tranchant éminemment Black Metal. En symbiose avec les nappes de claviers, les riffs – tous mémorables ou presque – frappent fort et emportent l'auditoire dans un tourbillon d'atmosphères tantôt ardentes, tantôt glaciales. Le quintette a peaufiné son sens de la composition ici et les transitions sont amenées avec une grande maturité.

"The Seer" s'écoute comme on écoute une légende narrée par un conteur qui sait varier les intonations, ménager ses effets et incarner les personnages qu'il dépeint. Ce premier titre est une fresque et son démarrage tout en douceur et en notes acoustiques mystérieuses laisse place à un déferlement de violence amené avec un sens du détail poussé. Sur ce morceau, l'on constate également avec quelle réussite STORMKEEP est capable de ramener du Heavy dans son Black Metal avec une aisance déconcertante et combien il sait faire usage du solo de guitare pour amener une composition vers un nouveau stade de sa progression. Les chœurs en voix claire y sont aussi employés avec beaucoup d'à-propos.

Autre morceau de choix, et encore plus long, "A Journey Through Storms" est presque tubesque dans la façon qu'a STORMKEEP d'amener le "refrain" du morceau – du moins ce qui y ressemble le plus, les strophes conclues par "storms" – tel un climax au cinéma. L'interprétation d'Otheyn Vermithrax n'y est pas pour rien car l'homme est capable de monter en intensité jusqu'à ce moment précis, tant et si bien qu'il devient attendu sur la suite du morceau. Et même si la composition est moins spectaculaire et moins magistrale que ne l'est "The Seer", son caractère épique paraît tout droit inspiré des plus grandes œuvres littéraires de Fantasy.

Et comme dans toute bonne saga de Fantasy, où certains chapitres invitent à la contemplation et à l'immersion dans l'univers dépeint plutôt que dans l'action, STORMKEEP y va d'instrumentaux saisissants. Ceux-ci peuvent tout aussi bien tenir du Dungeon Synth, avec force sonorités synthétiques comme sur "The Citadel", que du Folk Metal sur "An Ode To Dragons". Bien plus que des morceaux de transition, ces deux titres contribuent pleinement à l'imprégnation par l'auditeur de l'imaginaire du groupe américain. Reste que c'est tout de même dans le cadre du Black Metal que le quintette s'exprime le mieux, comme sur le percutant et dramatique "The Serpent's Stone", qui a un petit quelque chose d'EMPERORien dans la façon dont guitares et claviers évoluent ensemble.

Oui, la tentation de rapprocher STORMKEEP de l'EMPEROR de la grande époque est forte... Mais en réalité, les différences sont si nombreuses entre les deux formations que je n'oserais franchir ce pas-là. D'abord parce que les vocaux sont autrement plus proches, distincts et articulés. Ensuite, parce que quand les orchestrations symphoniques font leur apparition, elles se rapprochent de ce que l'on peut décrire comme de vrais instruments sympho samplés que des synthés EMPERORiens. Enfin, parce que tous les instruments sont mixés de façon équilibrée et qu'il n'y a pas de brume épaisse qui les rend moins distinguables. Et c'est un fan invétéré de "In The Nightside Eclipse" et de "Anthems To The Welkin At Dusk" qui vous le dit !

Et puis, l'usage fréquent d'instruments acoustiques comme sur le splendide instrumental "An Ode To Dragons" renvoie davantage à un DISSECTION période "The Somberlain", voire aux artistes de Folk Metal extrême qu'aux géants du Télémark. En revanche, il y a chez STORMKEEP une grandiloquence et une majesté qui rappelle, par certains aspects, LIMBONIC ART. "A Journey Through Storms", même sans les nappes symphoniques chères à ce dernier, et que le quintette américain est capable de déployer par ailleurs, est sans doute le morceau le plus proche du style du duo norvégien.

L'on aurait souhaité, d'ailleurs, que "Tales Of Othertime" s'achève sur un moment aussi fort que n'en réservent "The Seer", "A Journey Through Storms" ou "The Serpent's Stone". Or, le trop lisse et moins ambitieux "Eternal Majesty Manifest" n'atteint pas d'aussi superbes sommets. STORMKEEP y apparaît quelque peu à bout de souffle, et son sens de la composition et des montées en puissance salvatrices prend du plomb dans l'aile. Non pas que cette pièce de huit minutes soit mauvaise, loin de là, mais elle fait redescendre le combo du Colorado de quelques marches sur l'escalier monumental que ses fans déjà transis voudraient lui ériger afin de l'élever au panthéon du Black Metal actuel.

STORMKEEP ne peut encore prétendre à y être intronisé, mais les remarquables qualités qu'il démontre sur ce premier longue-durée peuvent lui permettre de l'atteindre à court terme. Dès son deuxième album, par exemple.

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   T-RAY

 
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- Grandmaster Otheyn Vermithrax Poisontong (vocaux, guitares, claviers)
- Tyrannos Apokteino Skiophonos Stormward (guitares)
- Phantom Emperor Nebula Husk (basse)
- Lord Dahthar The Abyssic (claviers)
- Count Victor Wolfsblood (batterie)


1. The Seer
2. The Citadel
3. A Journey Through Storms
4. The Serpent's Stone
5. An Ode To Dragons
6. Eternal Majesty Manifest



             



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