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METAL SYMPHONIQUE  |  STUDIO

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AINUR - War Of The Jewels (2021)
Par HAPLO le 18 Septembre 2021          Consultée 605 fois

Pour ceux qui l’ignorent, le chef d’œuvre internationalement connu de l’écrivain J.R.R. Tolkien "Le Seigneur des Anneaux", même s'il figure au panthéon de l’héroic-fantasy, n’est que le (petit) côté émergé de l’univers et de la cosmogonie Tolkenienne dans son entièreté. Car, avant d’être un universitaire quelque peu bedonnant et amoureux de sa campagne anglaise, Tolkien a d’abord été un jeune écorché poétique pris dans les méandres sanglants de la première guerre mondiale : C’est à cette époque qu’il commencera à retranscrire le monde de Faërie qui peuple ses rêves allant jusqu’à détailler sa création, ses dieux, ses créatures aériennes comme souterraines, leurs combats, leurs héros et leurs chutes… N’étant jamais parvenu de son vivant à faire publier ces nombreux écrits retraçant ces époques héroïques qui précèdent le Troisième age de la Terre du Milieu dans lequel prennent vie "le Hobbit" puis "le Seigneur des Anneaux", Tolkien s’en sert légitimement comme une toile de fond admirablement bien tissée pour laisser s’épanouir les mythes, races et personnages de ses deux romans publiés : c’est ce qui leur donne cette épaisseur, ce cachet, cette atmosphère si réelle… et ce qui contribue aussi largement à leurs succès respectifs.

C’est seulement en 1977, soit quatre années après la mort de l’écrivain que son fils, Christopher Tolkien, après avoir rassemblé puis trié l’immense volume des textes, poèmes et autres dessins contant la création puis les âges d’Arda (la Terre), en publie les éléments les plus narrativement cohérents sous le titre faussement réducteur du "Silmarillion" (terme faisant référence à des joyaux créés par le Elfes et leur étant dérobés par l’abject Morgoth !). Les vrais fans sont aux cieux ! Le monde qu’ils idolâtraient déjà au travers du "Hobbit" puis du "Seigneur des Anneaux" prend vie, ses légendes s’animent dans un immense prélude cosmique qui les ravira pour l’éternité. Au risque de me mettre à dos tous les puristes de Tolkien, je résumerai à l’extrême en disant que "le Silmarillion" se découpe grossièrement en trois périodes chronologiquement constituées par la création d’Arda par le chant des Ainurs, enfants du grand Créateur Illuvatar, puis l’ère des Valars (ceux des Ainurs, étant descendus vivre sur la terre), les guerres opposant les Elfes à Morgoth avec les Silmarils comme enjeux et enfin l’âge des Hommes de Numenor (les ancêtres d’Aragorn) allant jusqu’aux prémices de la Guerre de l’Anneau…
"Merci Haplo, c’est chouette de faire de l’érudition littéraire, mais tu vois, NIME et ben c’est un site de Metal, tu vois, la musique, les guitares saturées et tout et tout… Alors ton univers cosmogonique et ton histoire de la Terre du Milieu… Quel rapport avec la semoule ?"

Le rapport, ô lecteur impatient, c’est que les Italiens qui composent le collectif musical AINUR sont manifestement tous des lecteurs inconditionnels de Tolkien, et qu’ils semblent vénérer plus que tout autre chose (hormis la musique !) le monde et les histoires découvertes dans les pages du "Silmarillion", des contes et légendes inachevées et autres contes perdus : bref, tout ce que Peter Jackson n’a pas tenté de retranscrire en images et qui forme la substantifique moelle de l’univers de Tolkien. Et l’on peut dire qu’ils ont de la suite dans les idées les bougres ! Ayant initialement illustré par leur Metal Prog mélodique des morceaux choisis du "Silmarillion" ("From Ancient Times" en 2007, "Children Of Hurin" en 2008 suivi du "Lay Of Leithian" contant l’histoire de Beren et Luthien en 2009 puis enfin "The Lost Tales" en 2013), ils s’attaquent enfin à ce qui constitue l’axe central du récit de cette genèse, à savoir les guerres par lesquelles les Elfes tentent de (re)mettre la main sur les trois Silmarils dérobés par l’Ainur Morgoth, alors tapi au plus profond de sa forteresse d’Angband : de l’épique en perspective ! La dernière livraison littérato-onirique de ce groupe d’accrocs sortira ainsi le 19 mars 2021 sous la douce appellation de "War Of The Jewels" : Le menu est clairement annoncé et il s’avère chargé !

AINUR, c’est avant tout une petite quinzaine de musiciens dont la moitié participe pleinement ou en complément d’un instrument, aux chants qui s’entrecroisent sur l’ensemble de l’œuvre. Il ne faut donc surtout pas y chercher de vedette car entre les solistes, les chœurs récurrents et la narration, chacun y apporte sa petite pierre au service du grand tout : On est ici entre fans, pas question de tirer la couverture au risque de nuire à l’histoire ainsi qu’aux hauts faits qui sont contés…

C’est donc en déployant un Metal mélodique et structuré intégrant quelques instruments venus du monde classique (piano, violoncelle, violon, flûte, cor…) mais aux riffs sachant être ponctuellement agressifs, qu’AINUR nous propose de revisiter en musique ces guerres des joyaux. À l’image des héros et des intrigues qui tourbillonnent et constellent cette époque turbulente de la terre du Milieu, les variations de thèmes mélodiques tout comme les alternances en matière rythmique ou autres bridges plus ou moins respirants jalonnent l’ensemble des onze titres (je ne prends pas en compte la version acoustique de "Apocalypse") qui composent cette vaste fresque musicale : lignes de piano nostalgiques, chants aériens ou bien guerriers, riffs incisifs, jeux de voix et crescendos mélodiques, les musiciens d’AINUR, œuvrant par le biais d’une mise en place irréprochable, nous étalent toute l’inspiration que leur insuffle les récits de Tolkien, avec en passant une intégration quasi-parfaite des instruments classiques, toujours audibles et bénéficiant çà et là de passages les mettant en valeur. À noter côté guests la présence d’un certain Ted Nasmith (illustrateur archi connu de Tolkien) pour la narration ainsi que d’un Derek Sherinian (SONS OF APOLLO – ex DREAM THEATER et oui..) derrière les claviers !

Pour leurs parties, les vocalistes font très dignement le job, intégrant de nombreuses séquences en duos mixtes et dont les performances, mêmes si elles ne fracassent pas les carreaux des fenêtres ou les verres en cristal, soutiennent très justement l’aspect instrumental, et à leur façon assez expressive pour retranscrire les sentiments successifs des acteurs de cette saga.

Mais c’est justement au niveau de la saga et de son illustration musico-épique qu’à mon humble avis, le bât blesse. Car si les passionnés qui forment AINUR mettent toute leur conviction et leurs talents à l’ouvrage, il faut quand même bien se résigner au fait que cette jolie machine à rêver ne prend jamais réellement son envol : absence d’hymne fédérateur et de ligne mélodique vraiment accrocheuse ne serait-ce qu’à l’échelle d’un morceau entier, jeux d’instruments et de voix qui, non contents de se ressembler un tantinet, finissent par tourner à vide quand ils ne perdent pas un auditeur désorienté… AINUR laisse libre cours à son inspiration avec des compos globalement décousues et qui présentent en plus de grandes similitudes les unes avec les autres ; ce beau navire sans capitaine apparent finissant par faire des ronds dans l’eau malgré une toile de fond propice à la créativité inspirée. Dommage !

Il faudrait néanmoins être d’une totale mauvaise foi pour ne pas trouver de-ci de-là quelques saillies talentueuses, à l’image de la ritournelle obsédante au piano puis de la ligne rythmique ciselée proposées par "The Great Battle", des très belles montées vocales type Gospel offertes à l’écoute de "Kinslaying" ou encore de l’entrelac accrocheur formé par des voix survitaminées et les riffs massifs de l’efficace "Wars Begin" ainsi que par la chouette dynamique d’ensemble du titre de clôture "Apocalypse" (le titre le plus convaincant de l’album selon moi), mais globalement, ces petites percées lumineuses ponctuelles mises à part, "War Of The Jewels" laisse irrésistiblement l’amateur de Metal tout comme le fan de Tolkien qui rédige ces lignes, quelque peu sur sa faim. Le fond est bien présent ; la forme n’y est désespérément pas...

Étant parvenu à m’introduire dans la maléfique forteresse sombre d’Angband dont les créatures tant torturées qu’hideuses ne sont pas parvenues à détecter ma présence, je me faufile derrière le Trône Immonde où dort Morgoth. Je parviens à desceller un silmaril de sa couronne de fer et fort de la lumière des arbres primordiaux du pays des Valars, je grave un sévère 2/5 dans le roc pour le "War Of The Jewels" qu’AINUR a sans doute composé avec la meilleure volonté du monde mais en omettant peut-être de penser un peu plus au plaisir de l’auditeur.

- pour entendre Ted Nasmith : "Fate Disclosed",
- pour aller tout de suite au meilleur : "Apocalypse",
- pour le final en mode gospel : "Kinslaying".

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   HAPLO

 
  N/A



- - Max Clara (voix)
- - Roberta Malerba (voix)
- - Elena Richetta (voix)
- - Alex Armuschio (claviers, voix)
- - Luca Catalano (guitares, voix)
- - Giuseppe Ferrante (basse contrebasse)
- - Marco Catalano (batterie, voix)
- - Luca Marangoni (violon)
- - Carlo Perillo (viole)
- - Daniela Lorusso (violoncelle)
- - Cristiano Blasi (flûtes)
- - Chiara Marangoni (cor)
- Guest / Session
- - Roberto Tiranti (voix)
- - Ted Nasmith (narration)
- - Derek Sherinian (claviers)


1. Fate Disclosed
2. Wars Of Beleriand
3. Hell Of Iron
4. Wars Begin
5. Kinslaying
6. Grinding Ice
7. Battle Under The Stars
8. Spirit Of Fire
9. The Broidress
10. The Great Battle (or The War Of Wrath)
11. Apocalypse
12. Apocalypse (acoustic Bonus Track)



             



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