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OSYRON - Foundations (2020)
Par HAPLO le 25 Juillet 2021          Consultée 406 fois

N’en déplaise aux gentils philosophes, aux idéalistes de tout poil comme aux ingénus qui passent le plus clair de leur temps à former des cœurs avec leurs doigts devant les caméras des chaînes d’info en continu, l’Histoire d’une Nation se construit (trop) souvent dans la fureur et le sang ! Et ce ne sont pas les Mayas, les Amérindiens, les tribus nomades de l’Atlas ou encore nos amis Aborigènes qui me démentiront… Sachant qu’un grand nombre d’entre eux n’est plus là pour en parler aujourd’hui et que leurs trop rares descendants se noient dans le Soda-Cola pour oublier.

C’est ce tour d’horizon historico-décapant, et pas toujours flatteur pour les mythes, que les musiciens de ce drôle de combo d’OSYRON ont décidé de nous faire vivre en musique pour leur pays et leur(s) peuple(s), à savoir le Canada et ses différentes ethnies. Ces histoires, ces combats, ces héroïsmes, ces sacrifices d’inconnus comme de célébrités, ils se proposent de nous les illustrer au travers des cinq titres (et d’une bonus track ni plus ni moins constituée par la reprise de l’hymne national "O Canada" !) contenus sur l’EP "Foundations" paru en 2020, et d’une musique méchamment riffée, jouissivement massive, parfois brutale, mais sachant également s’avérer très mélodique et nuancée quand l’atmosphère le justifie. Comme tu l’auras compris, ô lecteur attentif, nous touchons ici un sujet pouvant être facilement polémique mais qu’OSYRON traite d’abord avec légitimité (ils sont canadiens les fourbes !) mais surtout avec une fichue belle énergie à la vélocité décapante et aux mélodies diaboliquement accrocheuses : l’horreur sanguinolente des champs de bataille cède donc ici le pas à l’élan de courage (et de folie !) qui submerge le quidam face à la mort, Faucheuse aux milles visages qui le cherche aux grès des combats et des possibles revers de fortune… sans oublier ces nombreuses minorités ethniques, souvent victimes ou instrumentalisées, que l’Histoire officielle a longtemps laissées sur le bord de la route !

OSYRON est né en 2012 sur les cendre d’un premier combo sombrement dénommé MORBID THEORY que les deux guitaristes Bobby Harley et Krzysztof Stalmach font péricliter parce que le feeling ne passe plus entre les zicos ; des zicos qui ont quand même enregistré un premier album "Harbinger" en 2010. Après s’être entourés de nouvelles têtes, nos deux gratteux têtus vont jusqu’à ré-enregistrer l’opus qui sortira sous le même titre, avec la même pochette en 2013 mais sur laquelle nom d’OSYRON aura subtilement remplacé celui de l’ancien combo. Abracadabra mon bon prince ! Le temps de recruter un vrai chanteur (car c’est l’un des guitaristes qui s’y colle jusqu’alors), en la personne de l’éraillé mais très puissant Reed Alton, OSYRON remet enfin les couverts avec une vraie première création en composant puis sortant l’album "Kingsbane" (2017), premier vrai bon gros coup de poing sur la table qui le fera connaître au pays de la feuille d’érable avec quelques échos en Europe. Les Canadiens y déploient un Metal nerveux, musclé aux travers de pièces épiques qui sentent bon la sueur guerrière, les chevauchées au sabre clair et où les guitares de Harley et Stalmach fracassent allègrement les crânes d’ennemis en déroute : bref, du pur, du lourd et de l’expéditif. Fort de ce premier succès d’estime, nos bonshommes prennent de la bouteille et songent à explorer ce qui forme les racines (sauvages !) de leur beau pays. Après avoir repris l’hymne national en une version arrangée à leur sauce en 2018 (la fameuse bonus track !), ils composent cinq titres résumant des passages clés de leur histoire nationale en y intégrant une recherche mélodique qui, il faut bien le reconnaître, n’était pas toujours présente dans "Kingsbane" : "Foundations" sort ainsi sous forme d’un sympathique EP de près de trente minutes en juin 2020.

Et là, mes amis, il faut bien le reconnaître, c’est une fichue bonne surprise ! Car au-delà du côté tagada tsoin-tsoin sur les fondements d’une Nation (qui a certes toute son importance, mais bon, on est là pour causer musique quand même !), et à l’image du très convaincant titre d’ouverture "The Cross", OSYRON y présente un Metal puissant et rugueux, tout en sachant au besoin être mesuré, mais surtout soutenu par des mélodies hyper-accrocheuses qui lui donnent une réelle et très appréciable profondeur : la voix ample et légèrement écorchée d’un Reed Alton totalement immergé dans son sujet procure en sus une véritable touche d’humanité, de fragilité mais également de révolte à ces escalades mélodiques qui s’en trouvent magnifiées.

C’est donc la très imposante ligne rythmique digne d’un ban de rameurs forçats de "The Cross" qui ouvre le bal, œuvre pilonnante venant célébrer la rage conquérante et guerrière d’un Jacques Cartier (dont le premier geste suivant l’accostage sur les côtes canadiennes fut d’y planter une croix !) et dont le refrain aérien, équilibrant la lourdeur des guitares sur les couplets, accorde au morceau sa teinte prenante et majestueuse. OSYRON y démontre sa maîtrise des nuances et de la mélodie, avant de nous plonger dans le magnifique et immersif crescendo retraçant un épisode sanglant de la guerre anglo-américaine de 1812 avec l’émouvant "Battle Of The Thames" où les nappes clavier et les arpèges introductifs accompagnent l’auditeur vers une ascension via des jeux de toms, des chœurs aboutissant eux-mêmes sur une rythmique nerveuse et un solo rageur avant de retrouver le calme livide d’après la bataille… Bluffant de maturité artistique et de talent !

Le somptueux titre éponyme qui clôture cet EP surprenant reprend l’ensemble de ces ingrédients vertueux pour déployer sur plus de huit minutes un festival de nuances oscillant entre arpèges mélancoliques, ligne rythmique au tempo endiablé et montées mélodiques résolument accrocheuses… OSYRON concrétise ainsi de manière très convaincante son retour et sa créativité artistique après trois ans d’absence : espérons qu’ils continueront dans cette belle lignée !

Livraison d’autant plus brillante car réellement inespérée de la part d’un combo dont le sympathique mais néanmoins classique "Kingsbane" était loin de casser trois pattes à un canard, le court mais dense "Foundations" se veut résolument accrocheur, mêlant au bon niveau Metal abrasif et mélodies épiques par le biais d’un son puissant. Donnant une réelle profondeur à leur œuvre en y intégrant des éléments alternatifs à leur Histoire nationale, ces drôles de Canadiens y intègrent une énergie massive (deux guitares sinon rien !), une base rythmique solide (avec une double grosse caisse assez présente) le tout servi par une voix irréprochable et qui s’intègre parfaitement dans ce modèle. Les éternels grincheux pourront toujours indiquer qu’OSYRON ne réinvente pas la roue en matière de Metal Power Mélodique, que le basique mais efficace "The Ones Below" fait méchamment penser à du MOLLY HATCHET dans ses belles années ou encore que certaines mélodies ont tendance à se ressembler… et ils n’auront pas foncièrement tort ! Cependant OSYRON signe ici selon moi un bien bel essai dont il serait bête de se priver. En tout cas, en ce qui me concerne, j’attends avec une certaine impatience leur prochain opus studio !

Agenouillé sur la rive sablonneuse de la rivière Thames qui charrie ses flots rougis par le sang des combattants britanniques, américains ou amérindiens, j’observe, consterné, le cadavre du grand chef indien Shawnee Tecumseh, tué en défendant les couleurs de la Couronne d’Angleterre… Plus loin, les soldats américains, ivres de leur victoire, brûlent la petite ville de Moraviantown au nom de la liberté retrouvée… Mes doigts tracent dans la boue un 4/5 bien mérité pour le "Foundations" qu’OSYRON nous lance à la figure ; nous rappelant par la même que les grandes célébrations collectives télévisées joyeusement proprettes ont souvent pour origine du sang, des tripes et des larmes...

- pour vivre l’élan des conquérants : "The Cross",
- pour la douceur amère de la victoire: "Battle Of The Thames",
- pour le beau et long voyage de clôture : "Foundations".

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   HAPLO

 
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- Reed Alton (voix)
- Bobby Harley (guitares)
- Krzysztof Stalmach (guitares)
- Tyler Corbett (basse)
- Cody Anstey (batterie)


1. The Cross
2. Ignite
3. Battle Of The Thames
4. The Ones Below
5. Foundations



             



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