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- Membre : Lullacry

GLOOMY GRIM - Life? (2000)
Par T-RAY le 4 Juillet 2021          Consultée 647 fois

Ah les grandes heures des pochettes en images de synthèse moches, pas même dignes d'une scène cinématique de PlayStation 1... Combien de groupes ont pu nous en infliger, des horreurs pareilles, à la fin des années 90, début des années 2000 ? Certains ont osé prolonger la chose jusqu'à l'orée des années 2010, en particulier dans le Metal, où le conservatisme est souvent de mise, même lorsqu'il s'agit de faire perdurer de nouvelles tendances déjà rances au moment de leur émergence. Avec l'artwork de "Life?", GLOOMY GRIM imposait tout de go son mauvais goût. Surtout celui son boss et compositeur en chef, en réalité, coupable d'avoir commis cette "œuvre" sur son ordinateur.

Enfin, le mauvais goût d'Agathon et de ses sbires, qu'il soit pictural ou musical, était déjà bien sensible sur son premier opus, l'incongru et rigolo "Blood, Monsters, Darkness". La médiocrité de la musique qu'on y entendait et la faiblesse de son aspect "maison hantée" n'aidait pas à prendre le disque au sérieux. Pas plus que les vocaux féminins de Whisper Lilith, que l'on ne retrouve plus sur ce deuxième longue-durée vu que le couple qu'elle formait avec le leader et frontman a rompu avant que GLOOMY GRIM n'entre en session d'enregistrement. Exit la demoiselle et place à des vocaux additionnels un peu plus mâles, à partir de là.

Sur ce point, l'on ne peut pas dire que le groupe finlandais ait véritablement gagné au change car les pauvres "chœurs" avec de gros guillemets qu'on y entend ne valent pas beaucoup mieux que les saillies vocales de la donzelle au pseudo de démone. Là où GLOOMY GRIM a pris du muscle, en revanche, c'est au niveau des guitares. Désormais, sur "Life?", les rythmiques qu'elles impriment offrent une véritable assise aux compositions d'Agathon et à ses lignes de claviers, qui restent le moteur principal de la musique de la formation. Si elles titillent toujours la corde de l'épouvante, les parties de synthé du bonhomme ne font plus cavalier seul : elles chevauchent les fameuses rythmiques de guitare avec beaucoup plus d'aplomb.

On s'en rend compte bien rapidement après un "Arrival Of The Antichrist" qui brouille les pistes en essayant de nous faire croire que l'on s'apprête à entendre "Blood, Monsters, Darkness, volume 2". En effet, l'on sent bien quand déboule le pourtant peu spectaculaire "Born In Fire" que les intentions de GLOOMY GRIM ne sont plus tout à fait les mêmes. Reste que le disque peine à décoller tout de même… Ce premier vrai morceau et son successeur, "The Chosen One" laissent non plus le sentiment d'une bonne blague, comme les titres du premier album, mais une sensation d'ennui ferme. Oui, GLOOMY GRIM cogne plus fort. Oui, il apparaît plus solide. Oui, il est moins caricatural. Mais non, on n'adhère pas encore à son style. Néanmoins, tout n'est pas à jeter aux orties avec l'eau du bain sur ce deuxième album.

Quelques influences bien senties se font entendre et leur intégration est plutôt efficace. Je pense notamment à l'inspiration du DIMMU BORGIR pré-"Puritanical Euphoric Misanthropia" qui plane sur "Mistress Of The Stormblast" et, dans une moindre mesure, sur "Revelation 666". Les parties de claviers synthétiques mais emphatiques malgré tout y font leur petit effet. En 2000, le Black Metal grand-guignolesque de GLOOMY GRIM n'affichait plus forcément l'étiquette Horror Metal mais le côté train fantôme de ces deux titres est infiniment plus efficace que celui, pourtant revendiqué, de "Blood, Monsters, Darkness". Avec le réussi "Redeemer", premier titre extrait de ce disque à la grande époque des CD samplers des magazines Metal, les deux morceaux précités constituent non pas un ventre mou, mais les abdos sculptés de "Life?".

D'abord, l'aspect ritournelle de la mélodie principale de "Mistress Of The Stormblast" puis ses parties plus calmes et énigmatiques, garnies de cordes frottées, intriguent et l'on revient à ce morceau sans déplaisir. Ensuite, l'alternance entre mid-tempo et parties plus vives de "Revelation 666" impriment un allant bienvenu à ce titre aux atmosphères plus soignées, qui mettent en exergue l'aspect sinistre voulu par Agathon. Un petit côté solennel s'en dégage, en outre. Enfin, "Redeemer" renoue définitivement avec la fibre horrifique qui anime GLOOMY GRIM depuis toujours. Le soin apporté à l'ambiance générale du morceau est grand et le degré d'accroche dont il fait preuve est élevé. J'irais même jusqu'à dire qu'il s'agit de la meilleure composition du groupe depuis ses débuts. Du moins, à ce moment de sa carrière.

Dommage que la suite du disque ne soit pas du même tonneau. "Elder Ones" tente de s'inscrire dans le lugubre sillage de son prédécesseur direct dans la tracklist mais avec moins de réussite. Il montre un GLOOMY GRIM déjà en peine d'inspiration puisque le morceau paraît tourner en rond dès la moitié de sa course. "My Domain" est pénible tant il est dans la redite par rapport aux morceaux venus avant. "Heralds Of Pestilence" manque lui aussi d'imagination vis-à-vis du reste du disque et sa durée supérieure à cinq minutes le plombe un brin, comme d'autres morceaux de "Life?" par ailleurs. Quant au pur instrumental au synthé qu'est "To The Death", il est anecdotique, pour ne pas dire pire…

Seul "At The Gates" et ses lignes de piano offrent un angle d'attaque plus intéressant, avec un Agathon qui joue la carte de l'émotion et c'est plutôt rafraîchissant, même si l'imagerie d'épouvante n'est pas très loin et ressurgit au bout du compte dans une deuxième partie plus attendue. On retrouve sur "At The Gates" cette patte mélodique finlandaise si typique, que l'on entrevoit généralement dans le Death Mélodique et le Spimélo, et l'entendre dans le cadre du Black théâtral de GLOOMY GRIM est appréciable. Tout comme il est appréciable de constater qu'après un premier album frisant - et assumant sans doute - le ridicule, la formation d'Helsinki a été capable d'accoucher de morceaux authentiquement solides et prenants. Hélas, ils sont encore trop rares pour permettre au combo de prétendre à davantage d'étoiles.

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   T-RAY

 
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- Agathon (vocaux, claviers)
- Lord (guitares)
- Ceasar (basse)
- Mörgoth (guitares)


1. Arrival Of The Antichrist
2. Born In Fire
3. The Chosen One
4. Mistress Of The Stormblast
5. Revelation 666
6. Redeemer
7. Elder Ones
8. At The Gates
9. My Domain
10. Heralds Of Pestilence
11. To The Death



             



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