Recherche avancée       Liste groupes



      
BLACK ATMOSPHÉRIQUE  |  E.P

L' auteur
Acheter Cet E.P
 



ARS MAGNA UMBRAE - Through Lunar Gateways (2017)
Par T-RAY le 23 Septembre 2017          Consultée 773 fois

Mais que se passe-t-il donc en Pologne ? S’agit-il d’un micro-climat occulte, porté par des nuages sombres venus des Tatras ? Ou le fruit des errances des âmes damnées de ce pays qui a connu tant de conflits et de morts violentes au cours des siècles passés ? Ou simplement est-ce dû à la foi tenace d’une grande partie de ses habitants, qui pousse les incroyants à s’exprimer dans des musiques aussi fortement ritualistes et mystiques ? Car les Polonais ont de la mystique. Les Blackeux polonais, en tout cas, c’est indéniable. Et nous ne parlons pas là des glorieux anciens que sont BEHEMOTH – qui ne joue plus de Black depuis des lustres – et GRAVELAND, devenu has-been bien comme il faut (ou c’est juste que Rob Darken s’en fout…).

Non, nous parlons ici de cette vague de Black quasi spirituelle qui secoue la Pologne, depuis les premiers efforts de MGŁA, et jusqu’au récent BATUSHKA qui, certes, s’exprime en russe… Une vague de laquelle émerge désormais ARS MAGNA UMBRAE. Oh, je vous vois venir : non, la formation composée du seul et unique Kthunae Mortifer, multi-instrumentiste de talent, ne joue pas à proprement parler de Black "ritualiste". Voilà un terme qui finira par être galvaudé… Sa mystique à lui est plutôt d’ordre cosmique. Et son projet à lui, "le grand art de l’ombre", si j’en crois ce qui me reste de latin (chut, j’en ai jamais fait, j’ai juste googlisé la traduc’ la meilleure), nous emmène loin, très loin.

Loin dans notre monde ici-bas, d’abord, plus précisément au fond des âmes qui le composent, "Into The Inescapable Madness". Un riff Black lent, doomesque, soutient une voix d'écorché exprimant clairement la folie évoquée par le titre. Puis de belles mélodies mystérieuses, mineures, à la guitare, se dévoilent avant de céder l’espace à des chœurs sur la fin, pour l’ambiance en effet mystique. Loin dans l’espace, ensuite, "Against The Light" –celle du Soleil à l’évidence – en surfant sur une déferlante de guitares dans le plus pur style Black. Le rythme est soutenu, blast beats en avant, avant de se calmer. Les guitares résonnent comme les cloches d’une église noyée dans les ténèbres. Il y a comme du MAYHEM de "Ordo Ad Chao" sur ce morceau. Et la voix de Kthunae Mortifer nous y aspire, dans ces ténèbres. Elles glacent, tendent l’échine, font frémir.

Il y a du Doom aussi chez ARS MAGNA UMBRAE. Pas celui qui plombe, mais celui qui inquiète. Pas celui qui se morfond, mais celui qui se fond, tout court, dans la noirceur de l’esprit. "The Paradox Paradigm" commence effectivement sur un rythme lent, lancinant, même, pour poser de nouveau cette atmosphère énigmatique qu'aime visiblement ARS MAGNA UMBRAE, avant de lâcher à nouveau les chevaux. Des voix claires, comme en transe, se font entendre au loin, plaintives. Puis la tempête, noire, s’abat encore. Il y a du Doom, oui, du Doom/Black à tel point que "Between Ecstasy And Histery (Interlude)" et ses mélodies de guitares mystérieuses rappellent le meilleur des parties "claires" de FORGOTTEN TOMB.

"Through Lunar Gateways", le morceau-titre, entretient encore ce rythme faussement lent pour nous conduire à travers les portails lunaires énoncés. Un voyage que ARS MAGNA UMBRAE veut solennel, avant d’être violent. Au beau milieu du morceau, un passage quasi clean nous donne l’impression de nous être égarés en chemin. Et c’est une voix claire, la même qui était en transe tout à l’heure, qui nous accompagne dans cette divagation. Atmosphérique, enfin, le terme vient ! Tel est celui qui sied au Black d’ARS MAGNA UMBRAE. Il a fallu divaguer plus de cinq titres avec lui pour s’en rendre enfin compte. Mais dans l’espace, point d’atmosphère, pourtant. Spatial n’est pas le bon mot. Sidéral, oui, plutôt.

Sidéral, comme les étoiles de "Of Thousand Suns", grains de lumière au cœur d’un espace noir et insondable, point d’accroche de l’auditeur pour ne pas se laisser emporter par les vents stellaires vers l’obscurité glaciale que lui promet ARS MAGNA UMBRAE. Kthunae Mortifer en profite encore pour diriger un assaut de mélodies bien Black aux premières mesures, avant d’installer un Black définitivement plus Atmo. Oui, le titre est court et plus anecdotique. Et pourtant il est indispensable pour nous mener "On The Crossroads", où ces mêmes mélodies de guitare mystérieuses résonnent avant l’assaut final, Black, évidemment.

C'est sur un tempo de promenade, de flânerie, même, qu’ARS MAGNA UMBRAE nous guide aux différents carrefours de sa musique. Black, Doom, Atmo, Kthunae Mortifer nous offre tout cela à la fois, et un peu plus à qui voudra vraiment l’entendre. Je dirais, moi, qu’il faudrait en entendre encore plus. Car si ces 22 minutes donnent l’impression d’être 33 ou 44, c’est que le voyage proposé au travers des portails lunaires fut réussi. Et l’on ne dirait pas non à une nouvelle expédition cosmique et mystique avec notre guide interstellaire polonais.

A lire aussi en BLACK SYMPHO / ATMO :


The GREAT OLD ONES
Al Azif (2012)
Ils ont réveillé le Cthulhu




DIABLERY
Architect (2014)
2014 continue d'être jouissif !


Marquez et partagez




 
   T-RAY

 
  N/A



- Kthunae Mortifer (tout)


1. Into The Inescapable Madness
2. Against The Light
3. The Paradox Paradigm
4. Bewteen Ecstasy And Histery (interlude)
5. Through Lunar Gateways
6. Of Thousand Suns
7. On The Crossroads



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod