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ARS MAGNA UMBRAE - Lunar Ascension (2019)
Par T-RAY le 15 Juillet 2019          Consultée 1093 fois

Je dois reconnaître que le premier E.P. d'ARS MAGNA UMBRAE m'avait fait voyager assez loin dans l'espace intersidéral en 2017. Le capitaine Kthunae Mortifer, seul à la barre de ce vaisseau spatial polonais, avait mis tout son talent pour offrir aux amateurs de Black Metal cosmique un véritable trip d'étoile en étoile, d'astre en astre, en affrontant aussi bien le vide insondable que les tempêtes de météorites. Pour ceux qui ont du mal à se figurer la carte du ciel et s'imaginent mieux le genre d'expérience que pouvait donner cet E.P. dans un cadre moins exclusif qu'une navette, disons que "Through Lunar Gateways" était aussi spectaculaire, mouvementé et aussi smooth qu'un bon roller coaster signé Intamin AG ou Bolliger & Mabillard.

Un même disque, deux types de sensations intenses, qui demandaient évidemment un encore. Tout comme les astronautes n'attendent que de rempiler lorsqu'ils ont retrouvé le plancher des vaches, tout comme le féru d'attractions à sensations ne peut s'empêcher de retourner vers la file d'attente afin de repartir pour un tour, j'espérais que le multi-instrumentiste revienne rapidement avec un autre projet de voyage. Et c'est ce qu'il a fait ! Moins de deux ans plus tard, Kthunae Mortifer était déjà de retour avec un nouveau road book à nous soumettre. Sauf que cette fois, c'est dans le plan astral qu'on a la sensation de se faire emporter. Astral, oui, mais pas dans le sens cosmique du terme, plutôt dans le sens théosophique.

Un espace d'onirisme et d'émotions, en somme, que "Lunar Ascension", nom donné à ce voyage, nous propose d'explorer. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les émotions, en effet, se bousculent au fil des quarante minutes de cette œuvre. Des émotions négatives, bien sûr, car il s'agit bien de Black Metal ici, mais quelques-unes positives aussi, discrètement attisées par les moments les moins radicaux de ce disque. Une radicalité imprimée par des élans de dissonance particulièrement marqués, davantage encore que sur "Through Lunar Gateways". Enfin bon, la radicalité de la musique d'ARS MAGNA UMBRAE sur ce premier album studio n'est pas aussi prononcée que chez d'autres musiciens de Metal Noir versés dans l'art de la dissonance.

En effet, rarement aura-t-on entendu de dissonance aussi ravissante à l'oreille, aussi harmonieuse (assumons l'apparente antinomie), allant finalement de pair avec le côté cotonneux d'une virée dans le plan astral. Non mais écoutez "Through Thorns And Bones" pour vous faire une idée. Un morceau qui, malgré son titre piquant, nous emmène dans un univers où la dissonance est plus hypnotique que répulsive, où la répétitivité captive plus qu'elle ne rebute et où le côté Noise est finalement assez présent. Dépouillez cette musique de ses atours Black, d'ailleurs, et vous verrez quelques caractéristiques du Noise Rock se dévoiler sur ce premier opus studio d'ARS MAGNA UMBRAE.

En réalité, le voyage de Kthunae Mortifer est surtout un voyage dans toute la variété de ses influences, compressées en quarante minutes d'un Black Metal certes froid, certes dense, mais jamais épuisant. D'éléments Noise, le capitaine de vaisseau nous emmène vers des contrées plus Doom sur les trois premières minutes de "Lunar Ascension", le morceau-titre entièrement instrumental, ou sur "Daughter Of Endless Light", composition dotée d'une certaine majesté auquel le splendide solo Heavy de dernière minute offre une fin plaintive à souhait. Le Heavy non plus n'est pas absent du style d'ARS MAGNA UMBRAE ici, refaisant son apparition sur un riff au beau milieu de "Dying Sun Divination", par exemple.

Néanmoins, l'univers d'ARS MAGNA UMBRAE reste résolument Black Metal, qu'il nous propulse vers les étoiles comme sur son premier E.P. ou qu'il nous fasse changer de plan, comme sur ce premier album. Noir, c'est noir et en dépit des rais de lumière et des clairs de lune auxquels on a tout de même droit ici, l'humeur reste définitivement sombre et contemplative. Des morceaux tels que "The Wanderer" ou "Chthonic Torches Of Gnosis" ne laissent aucun doute à ce sujet. Les lignes de guitare à la dissonance quasi permanente nous poussent à ne pas l'oublier et tant mieux, car c'est bien le genre de contraste que l'on attend d'un projet comme ARS MAGNA UMBRAE.

Un projet qui a beau ne pas être d'une originalité à toute épreuve sur une scène Black Metal ou l'empilement des couches musicales et la disharmonie sont devenus un quasi standard lorsque l'on vise la sophistication. Mais le voyage proposé par Kthunae Mortifer, derrière sa multitude d'influences et d'ambiances, n'est pas sophistiqué pour la simple prétention de l'être, se vit d'une traite, sans coup férir, et mérite sans aucun doute d'être prolongé par la multiplication des écoutes.

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   T-RAY

 
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- Kthunae Mortifer (tout)


1. Through Thorns And Bones
2. Daughter Of Endless Light
3. Dying Sun Divination
4. Lunar Ascension
5. The Wanderer
6. Fallen Star's Light
7. A Whisper From The Void (interlude)
8. Chthonic Torches Of Gnosis
9. The Feast Of Shades



             



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