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FISH - Weltschmerz (2020)
Par JEFF KANJI le 8 Février 2021          Consultée 1705 fois

Évoquer Fish, c'est invoquer l'Écosse, le gigantisme, l'austérité, les contes mystérieux par ce raconteur d'histoires incroyable, c'est aussi évoquer les plus belles heures d'un parcours désormais légendaire et ce pour plusieurs raisons. Derek Dicks est un poète, il écrit et écrira toujours c'est une certitude ; il s'agit là de sa raison d'être en tant qu'artiste. Ainsi, voyant inéluctablement ses capacités vocales diminuer avec le temps, son enthousiasme pour la musique s'est largement émoussé, et sa carrière solo l'a vu explorer un nombre de couleurs musicales assez fou. Ce monde, celui qu'il connaît, dans lequel il s'est épanoui, crie de douleur désormais devant les changements vertigineux qu'il vit.
"Weltschmerz" c'est un cri du cœur, et le chapitre qui devrait en toute logique terminer dans un dernier élan héroïque la carrière de ce grand bonhomme pas toujours facile à suivre.

Oui, Fish devrait disparaître de nos radars, mais sa tournée d'adieu n'a toujours pas pu se tenir (ah quelle farceuse année 2020), il nous laisse cette épitaphe, un recueil de dix titres pour presque une heure et demie de Progressif coloré. FISH est un amateur de matière, et de matière sonore en particulier. Accompagné de son partenaire Steve Vantsis, les sons de percussions harmoniques, de guitare acoustique puis électrique créent un environnement sonore ultra élaboré d'où émane une certaine liberté malgré tout. La voix de Fish, chaleureuse et imperturbable, raconte une nouvelle fois ces histoires, ces voyages. Alors la prestation vocale ne sera pas analysée, puisqu'il n'y en a pas réellement, néanmoins on pourra être enchanté de voir le géant sortir un peu de ses graves de temps à autres ("Rose Of Damascus" le chef d'œuvre de cet opus avec l'éponyme qui referme magistralement le recueil). Mais ses capacités de conteur sont puissantes.

Conjugées à l'environnement sonore dans lequel évolue "Weltschmerz", on se retrouve avec une injonction sous-entendue assez unique : il ne faut surtout pas interrompre le voyage. Cet ultime album de FISH est une expérience à part entière, et écouter chaque morceau de manière indépendante diminue assez nettement la magie qui peut se dégager. Il n'est pas rare dans notre vie occidentale qui surreprésente le plaisir futile de se sentir à court de temps, notamment pour écouter véritablement de la musique. Et quatre-vingt quatre minutes c'est tout de même quelque chose. "Weltschmerz" rien que pour ça est assez unique dans ma playlist 2020.

Ce qui me marque, c'est que derrière une apparente ambition artistique, il se dégage une grande simplicité de cette douleur de la Terre. Chaque parole, chaque partie, qu'elle soit de guitare, de saxophone ou de batterie, déroule simplement sa musicalité, sans jamais chercher à en mettre plein la vue. Ainsi "Weltshmerz" n'est pas forcément très impressionnant de l'extérieur et pour les Hardos jadis fans du bonhomme et de MARILLION, peu de guitare saturée à se mettre sous la dent. Pour autant c'est sans doute l'un des albums de 2020 que je tiens en plus haute estime, alors même qu'il s'éloigne des couleurs musicales qui sont habituellement les miennes.

"Garden Of Remembrance" dégage une telle proximité qu'on a l'impression que le piano joue dans la pièce d'à côté et que Fish nous chante à l'oreille. Et comme sur la plupart des morceaux de l'album, les textures se développent au fur et à mesure, pour donner tout leur caractère. C'est typiquement le genre d'oeuvre qu'un groupe de Metal rompu aux productions ultra trafiquées d'aujourd'hui ne saurait pas faire, et c'est rafraîchissant. "Weltschmerz" permet de reprendre de la hauteur, de la distance avec ce qu'on connaît et comment nos goûts se sont affinés avec le temps. Il permet de s'éloigner du Metal tout en rappelant qu'un artiste est rarement unidimensionnel.

Je ne saurais trop évaluer la place de "Weltschmerz" dans la discographie foisonnante de FISH, mais il rappelle que l'artiste est unique en son genre, et que sa musique, réputée pas hyper accessible, est facilement assimilable par tous. Ce onzième album est une œuvre moderne, profonde, gorgée de vibes, et, il faut le dire, absolument pas Metal. En revanche, elle est Progressive dans le sens le plus noble du terme. Et comme chant du cygne, difficile de faire plus honorable.

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   JEFF KANJI

 
  N/A



- Derek Dicks Aka Fish (chant)
- Steve Vantsis (basse, claviers, guitare, programmation)
- Robin Boult (guitare)
- John Mitchell (guitare)
- Craig Blundell (batterie)
- Dave Stewart (batterie)
- David Jackson (saxophone)
- Liam Homes (claviers)
- Foss Paterson (claviers)
- Doris Brendel (chœurs)
- Mikey Owers (chœurs)
- Scottish Chamber Orchestra (cordes)


1. Grace Of God
2. Man With A Stick
3. Walking On Eggshells
4. The Party's Over
5. Rose Of Damascus

1. Garden Of Remembrance
2. C Song (trondheim Waltz)
3. Little Man What Now?
4. Waverley Steps (end Of The Line)
5. Weltschmerz



             



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