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HEAVY DOOM RELIGIEUX  |  STUDIO

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ECCLESIA - De Ecclesiæ Universalis (2020)
Par FREDOUILLE le 11 Janvier 2021          Consultée 2761 fois

In nomine Patris et Filii Et Spiritus Sancti

Depuis quelques mois, le Heavy Doom Metal est quelque peu revenu sur le devant de la scène avec notamment quelques formations émergentes. Je pense notamment à CRYPT SERMON qui s’est récemment révélé avec ses deux premiers opus, "Out Of The Garden" et surtout l’étincelant "The Ruins Of Fading Light" respectivement sortis en 2015 et 2019. Et si je vous parle aujourd’hui des Américains de CRYPT SERMON, c’est que je viens de tomber sur un nouveau combo de Heavy Doom qui m’a instantanément tapé dans l’œil et qui sonne certainement comme une des plus belles surprises et découvertes de la fin d’année 2020. J’ai nommé ECCLESIA (église en grec).

Et pour ne rien gâcher, cette formation nous vient de France. Cocorico ! Formés en 2016 et, après une première démo trois titres (sortie en juin 2017), "Witchfinding Metal Of Doom", les Français nous délivrent là leur premier album intitulé "De Ecclesiæ Universalis" à la pochette particulièrement fouillée et en corrélation totale avec les thématiques abordées sur le disque. Un disque qualitativement de très haute tenue et qui nous immerge dans l’époque de l’inquisition où règnent les procès de sorcières et d'hérétiques. Ambiance, ambiance…

Car ECCLESIA, pour servir les thématiques de l'album, a plutôt mis les petits plats dans les grands. Il intègre dans ses compositions, intelligemment et toujours avec parcimonie, tout un tas d’éléments qui confèrent à l’album une atmosphère grandement religieuse, obscure bien souvent, atypique également pour ne pas dire presque unique. On citera bien volontiers les différents chants monastiques (ou ecclésiastiques) qui parsèment l’album (notamment sur "Ite Missa Est", sur "Deus Vult"), chœurs religieux (sur "Ecclesia Sathani"), prières (sur "Montségur") ou bien encore ces voix très graves servant des sermons bibliques, lesquelles renforcent le côté un peu noir et un peu inquiétant de certaines compositions ("Ecclesia Sathani", "Montségur").

Et bien évidemment, pour couronner le tout on n’oubliera pas de citer l’utilisation de l’orgue lequel est omniprésent sur le disque (rien d’innovant toutefois puisqu’en son temps les Suédois de VENI DOMINE l’utilisaient aussi). Enfin, quelques bruitages viennent ajouter à l’atmosphère de l’album comme sur "Excommunicamus" introduction qui propose des hennissements et bruits de sabots de cheval et également des cris de femmes hérétiques se retrouvant à n’en pas douter sur le bûcher (on imagine en tout cas), ou bien encore ces cloches d’église (sur "Ite Missa Est" qui clôture le disque). Rien de tel pour planter le décor. Ces éléments ajoutent en tout cas au charme et au côté addictif indéniables de "De Ecclesiæ Universalis".

Mais bien évidemment, ECCLESIA ne peut se résumer à cela non plus. Car côté compositions, le groupe est très talentueux et brille de par un travail d’écriture de qualité. Les compositions sont assez fouillées, plutôt bien ficelées globalement et toujours très aérées je trouve, avec un bon équilibre entre passages rapides et plus lents (le lancinant "God’s Trial" ou le presque épique "Montségur" en sont des bons exemples), les breaks sont plutôt bien amenés et sont bien souvent là aussi des plus efficaces. Mieux, les compositions font souvent mouche à grands coups de grosses et lourdes guitares (lancinantes sur God's Trial"), de riffs accrocheurs totalement addictifs (sur "Ecclesia Sathani" et "Montségur" deux titres phare du disque) renforçant incontestablement la force de frappe des morceaux, et de lourdes et implacables rythmiques ("Behold The Heretic Burning", "The God’s Trial").

Aux portes du Doom assurément, même si certains titres pourront paraître un peu trop rapides pour être totalement du Doom, je pense notamment au premier titre de l’opus, à savoir le très enlevé "Vatican III", la musique proposée par ECCLESIA est influencée mine de rien par les plus grands, du Swedish Doom de CANDLEMASS aux Texans de SOLITUDE AETURNUS (je pense notamment à "God’s Trial" et au chant presque solennel de Arnhwald Rattenfänger rappelant au passage un certain Robert Lowe).

Car s’il fallait retenir un des points forts du groupe, c’est incontestablement le chant étoffé de Arnhwald Rattenfänger issu de la scène extrême Metal (GLACIATION, DEATHCODE SOCIETY) et qui possède une palette vocale assez ahurissante. En effet, il officie habilement dans plusieurs registres, entre un chant clair (parfois les intonations sont proches d’un James Labrie), majoritaire sur le disque, très souvent mélodique ("Deus Vult", "Behold The Heretic Burning"), un chant éraillé apportant également quelques touches plus modernes ("Deus Vult" et son côté un peu Rock) et un chant extrême qui renforce incontestablement l’agressivité des compositions ("Antichristus", "Vatican III", "Ecclesia Sathani"). Franchement, ce chanteur est incontestablement très performant.

Enfin, on a parlé des guitares un peu plus haut avec des riffs lourds, particulièrement bien sentis, et incontestablement efficaces (dans le registre "Montségur" et "Ecclesia Sathani" envoient réellement du lourd), mais soulignons également le super travail réalisé par l’excellent Julius Accusator qui nous délivre ici de très bons soli (notamment sur "Ecclesia Sathani", l’ambiance et l’envolée sur "Antichristus" certainement un des points culminants de l’album). On n’oubliera pas non plus la très belle et décoiffante reprise de VENOM ("Burn The Witch") qui ne dépareille en rien ici et se fond presque naturellement dans le décor.

Musicalement très intéressant, avec cet aspect sombre et religieux, combiné à des riffs pachydermiques et mémorables, des guitares de haute volée et un chant très polyvalent, "De Ecclesiæ Universalis" est vous l’aurez compris une très grande réussite et une sacrée belle surprise notamment en matière de Heavy Doom Metal. Le dernier combo à m’avoir fait autant d’effet était CRYPT SERMON. C’est pour vous dire à quel point ECCLESIA est brillant sur ce premier opus. Je vous recommande bien évidemment ce disque qui possède indéniablement ce petit truc en plus (il est bien plus intéressant que le dernier SORCERER par exemple), véritable coup de cœur de mon côté et qui mérite bien au final sa place en Sélection du site sur nos colonnes.

Note réelle : 4/5.

Morceaux préférés : "Ecclesia Sathani", "Montségur", "Antichristus".

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   FREDOUILLE

 
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- Vatican Army :
- Frater Arnhwald (chant)
- Julius Accusator (guitares)
- The Witchfinder General (guitares rythmiques)
- Frater Ignis Sacer (basse)
- Pater Hexenhammer (batterie)
- Pater Walkelinus (orgue)


1. Excommunicamus
2. Vatican Iii
3. Ecclesia Sathani
4. Montségur
5. Behold The Heretic Burning
6. Antichristus
7. Deus Vult
8. God's Trial
9. Burn The Witch (venom Cover)
10. Ite Missa Est



             



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